Liste de 5 mots : 3

saper, tribu, italien, utilisation, meurtrier

Il ne savait pas se « saper » comme disaient les autres. Mais qu’est-ce que cela voulait dire, exactement ? Il voulait s’habiller d’une façon, il ne respectait pas la mode, il faisait ce qu’il voulait, à la fin ! Il ne prenait d’ordres de personne, et surtout pas dans ce domaine ! Il ne voyait pas pourquoi il devait suivre le même chemin que les autres. Ils allaient tous finir par se ressembler, à force !

C’était comme une tribu, avec des codes à respecter, et quiconque ne voulait pas appliquer ces règles était mis à l’écart, marginalisé. Ce n’était pas juste, quelque part. Est-ce que cette histoire de mode avait toujours existé ? La mode à suivre avait-elle toujours été présente ? C’était fou, quand même, cette histoire.

C’était un italien qui lui avait montré involontairement son style actuel. Pourquoi devait-il l’abandonner sous prétexte qu’il ne suivait pas la mode ? Sous prétexte que cela ne plaisait pas à tout le monde ? On disait souvent qu’on ne pouvait pas plaire à tout le monde, que ce n’était pas possible, mais apparemment, cela n’excusait pas tout le monde. Cela excusait ceux que cela arrangeait, mais pas lui. Il ne pouvait visiblement pas utiliser cette excuse.

Son utilisation du mot « mode » ne plaisait pas, il en était conscient. Mais pourquoi le poursuivait-on toujours, après toutes ces années ? Certaines personnes se prenaient littéralement pour la fashion police, le critiquant ouvertement, puis murmurant sur son compte lorsqu’il avait le dos tourné afin d’ajouter encore des commentaires méchants.

Alors, lequel de ces gens qui l’avaient critiqué par le passé était son meurtrier ? Qui avait assassiné son style ?

Liste de 5 mots : 2

fouet, poker, philosophie, monde, écrivains

Ce fut comme un coup de fouet : il se rendit compte que sa vie n’était pas telle qu’il voulait qu’elle soit. Il n’avait pas réussi à réaliser son rêve. Il devait recommencer à se chercher un but dans la vie. Il venait de se faire virer de son travail, il n’avait plus de rêve, plus d’espoir.

Ce coup de poker l’avait totalement abattu. Il ne voyait honnêtement plus du tout quoi faire. Son avenir n’était pour lui qu’un tunnel sans fond, sans lumière au bout. Une nuit sans réverbères. Une mer sans surface. Il était plus que perdu, il ne parviendrait jamais à se relever, il en était sûr.

Un matin, alors qu’il se morfondait dans son lit, il se releva soudain. Il venait d’écouter une émission à la radio, et le chroniqueur avait expliqué qu’il existait une philosophie de vie bien plus efficace que celle qu’utilisaient la plupart des gens. Une véritable révolution dans le monde des philosophies de vie.

Ce fut grâce à cette émission qu’il décida de sortir de chez-lui, d’explorer les alentours au lieu de se lamenter. Ne rien faire n’allait certainement pas l’aider. Il devait se ressaisir. Il décida d’aller voir le monde, de découvrir de nouveaux horizons, de s’aérer.

En fait d’explorer le monde, il trouva bientôt un tout autre monde qui le fascina. Celui des écrivains. Il trouva par hasard une société d’écrivains, une associations. Cela fonctionna mieux qu’un psy pour lui : il reprit goût à la vie. L’un des écrivains l’aida même à trouver une place dans une petite entreprise dont il connaissait le patron. Rester chez lui lui aurait desservi dans ce cas-là. Il n’aurait pas rencontré les écrivains et il n’aurait pas retrouvé du boulot.

Liste de 5 mots : 1

gitan, pair, messie, force, anniversaire

Sa mère lui avait dit de ne pas laisser tomber ses études de la sorte, sinon il allait finir éboueur. Sa mère lui avait dit d’acheter un appartement ou il allait devoir vivre comme les gitans, dans une caravane. Il ne l’avait pas écoutée. Elle le menaçait tout le temps de choses qui n’arrivaient jamais. Tant mieux. Il préférait ne pas finir éboueur, même si ce n’était pas dans sa tête un métier si bas dans la société que ça. C’était pourtant ce que sa mère avait voulu dire, non ?

Il avait ensuite décidé de quitter le pays pour devenir jeune fille au pair. Non, il n’était pas une jeune fille, mais jeune homme au pair ne semblait pas exister, du moins il n’avait pas pu trouver de terme masculin qui pourrait lui correspondre sur internet. Quand il l’avait annoncé à sa mère, elle avait bondi. Quoi ? Son fils, jeune fille au pair ?! Cet enfant avait décidément perdu la raison. Elle avait dû rater quelque chose dans son éducation…

Il l’avait attendu comme le Messie, ce jour du départ. Il avait tout préparé dans une valise, évitant sa mère comme la peste, puisqu’elle avait décidé de le suivre partout dans la maison en répétant qu’elle l’avait mal élevé, et qu’allait-elle faire de lui, à présent qu’il avait perdu la tête ? Il avait fait sa valise en cachette d’elle, petit à petit, sans lui dire qu’il allait véritablement partir, sans lui dire la date de départ. Son oncle l’avait aidé à remplir les papiers.

Il avait besoin d’un peu d’air, vraiment. Pour réfléchir loin de sa mère qui voulait à toute fin mettre le grappin sur sa vie et l’emprisonner dans un métier qu’il n’aimerait pas. Et une fois qu’elle l’aurait fait avocat ou médecin de force, il serait coincé toute sa vie dans ce métier non voulu. En plus, pour être médecin ou avocat, il fallait tout de même faire des études plutôt longues, et il ne serait jamais capable de les faire, il le savait bien.

En plus, ce serait son anniversaire dans peu de temps. Il. voulait s’offrir un peu de temps seul, loin des problèmes.

Série mots 1 (3/3)

stress, trottoir, univers, vaporiser, wi-fi, xanthophobie, yeux, zéro

Elle sortit dans la rue. C’était une toute autre ville que celle dans laquelle elle vivait au quotidien. Elle sentait déjà le stress monter. Elle n’aimait vraiment pas les endroits nouveaux. Ce n’était pas son truc. Elle préférait rester dans un endroit connu. Elle progressa le long de la rue, ses talons martelant le trottoir. Dans cet univers, les villes étaient remplies de jardins et de verdure. C’était vraiment rafraîchissant. Elle aimait bien. Son avis sur le lieu commençait à changer. Elle vit des gens vaporiser quelque chose sur leur haie. Ici, il n’était pas du tout question de wi-fi. Et sa xanthophobie était beaucoup plus dormante, grâce à tout ce vert. Elle voyait beaucoup moins le soleil jaune car les plantes le lui cachaient, serpentant sur des portiques au dessus des rues. Cela lui reposait vraiment les yeux. Zéro pollution, zéro problèmes (du moins on aurait dit). Elle se serait bien installée ici, en fait !

Série mots 1 (2/3)

joker, kiwi, lourd, militant, nourrisson, oubli, prince, quad, rugueux

Cette fois ci, il n’aurait pas d’autre joker. Il allait bientôt être coincé. Il aurait bien parié un kilo de kiwis sur sa victoire, mais il n’était pas certain de pouvoir y arriver. C’était sans doute lourd, en plus, un kilo de kiwis ! Il fit appel à son esprit de militant pour se convaincre que la partie n’était pas perdue. Il pouvait encore gagner et avoir la récompense. Il fallait qu’il pense à son nourrisson. Il l’avait toujours bien traité, à part si on comptait l’oubli du gamin une fois sur une aire d’autoroute. Il était revenu le chercher cinq minutes plus tard. C’était donc son petit prince qu’il élevait depuis quelques mois. Il l’aurait, ce quad. Il l’aurait. Pour le gamin, se répéta-t-il. Il allait tout donner.

Lorsqu’il eut fini de gratter la petite carte, il soupira. Non, il ne l’aurait pas. C’était la dernière carte-jeu du supermarché, et il avait encore obtenu un « perdu » en grattant. Quel dommage ! Il se laissa tomber sur un des bancs rugueux à l’extérieur du magasin.

Série mots 1 (1/3)

argent, balise, chercheur, dauphin, enchaîné, force, gencives, habit, insecte

Il faisait nuit. Il était arrivé la veille pour effectuer un travail de la plus haute importance. S’il voulait son argent, il allait devoir se bouger. La balise indiquait qu’ils étaient proches. Qui ? Les chercheurs. Ceux qui voulaient faire du mal aux dauphins. Il devait aller les arrêter car des dauphins avaient été trouvés enchaînés, loin de la mer, traînés de force loin de leur habitat naturel. Leurs gencives étaient en mauvaise santé à cause de ces trafiquants sordides. Ils portaient un habit orange, hideux selon lui, et ils traitaient les animaux comme si c’étaient des moins que rien, des insectes sous la patte énorme d’un éléphant.

Zéro (Série lettres : 26/26)

Un zéro. C’était ce qu’il était. On le lui avait bien fait comprendre toute sa vie. Zéro, c’était le pourcentage de chance qu’il avait dans sa vie. Zéro, c’était la note qu’il obtenait en moyenne à chaque contrôle à l’école. Zéro, c’était également le nombre d’amis qu’il s’était fait à l’école depuis qu’il était arrivé ici trois ans auparavant. Zéro personnes le soutenaient. Zéro était aussi le pourcentage de confiance qu’il avait en lui. Zéro était son chiffre.

Zéro. Zéro. Zéro. C’était un mot qui représentait bien son existence. Personne ne l’avait jamais encouragé.

Et puis un jour, il rencontra quelqu’un qui le sauva. Cette personne croyait en lui, pour une fois. Il n’était plus un zéro, il était devenu beaucoup plus que ça.

Yeux (Série lettres : 25/26)

Elle ne parvenait pas à s’endormir. Ses parents ne le savaient pas, mais elle avait regardé un film d’horreur en cachette, et elle y pensait encore. Elle voyait encore toutes les scènes affreuse. Cela s’était gravé dans sa mémoire. Surtout ces yeux, ces grands yeux jaunes terrifiants… Elle ne les oublierait pas de sitôt, ceux-là…

Elle se retourna dans son lit. Le sommeil ne venait pas, il n’y avait rien à faire. Elle n’aurait pas dû le regarder, ce film. Chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle les revoyait. Ces yeux horribles. Elle ne parvenait pas à s’effacer ces images de la tête.

Elle crut entendre un bruit. Elle se raidit, enfouissant sa tête sous l’oreiller. Il ne se passa rien. Elle ressortit de sous l’oreiller, scrutant l’obscurité. Elle ne vit rien, bien sûr. Elle se sentait épiée. La boule au ventre, elle se recroquevilla sur son lit. Elle tremblait.

Plus jamais elle ne regarderait de films d’horreur, promis.

Xanthophobie (Série lettres : 24/26)

Xanthophobie : peur de la couleur jaune

Il souffrait de xanthophobie, autrement dit, il avait une peur phobique de la couleur jaune. Tous les objets ou êtres vivants de cette couleur, quoi que ce soit, lui inspiraient une peur irrationnelle et il manquait chaque fois de s’évanouir. Les choses repoussantes pour lui étaient donc, parmi les plus agaçantes : le soleil, les objets jaunes qui apparaissaient de manière aléatoire dans sa vie, ou même les fruits jaunes.

C’était assez difficile de vivre avec cette phobie, puisque comme le nom « phobie » l’indiquait, c’était purement et simplement incontrôlable. Son collègue avait acheté un nouveau mug jaune ? Il manquait de faire un malaise, la panique le prenait, et il frissonnait comme s’il avait de la fièvre. Le simple fait de voir le soleil lui était insupportable. Et il haïssait les voitures de la poste, même s’il aimait bien commander des choses sur internet.

Il avait donc décidé d’aller voir un médecin et de prendre un traitement qui l’aiderait à vivre normalement en dépit du fait qu’il avait cette étrange phobie. Etrange, oui, car chaque fois qu’il en parlait, les gens lui riaient au nez. Personne ne le croyait, cela paraissait trop absurde à leurs yeux. C’était pourtant une vraie phobie, il ne simulait pas ! Mais comme elle était absurde, elle était classée dans le même panier que les phobies des horloges ou du bruit.

Les gens ne savaient visiblement pas l’horreur qu’il vivait au quotidien. Certains jours, il passait son temps à avoir peur et à faire des malaises car la couleur jaune se trouvait vraiment partout au tour de lui. Dans ces moments-là, il avait l’impression de se noyer dans le jaune, au sens propre. Et comme personne ne le croyait, personne n’avait cessé d’apporter des objets jaunes ne serait-ce qu’au bureau, où les collègues auraient pu être plus compréhensifs.

Wi-fi (Série lettres : 23/26)

Ce départ en vacances s’annonçait bien : la petite famille n’avait pas encore embarqué dans la voiture, que les problèmes s’enchaînent déjà. Ils n’étaient pourtant que quatre, les parents, le grand père et le fils. On aurait dit un départ digne d’une famille de dix personne (et ces familles avaient d’ailleurs sûrement l’habitude, s’organisant bien mieux et n’ayant pas tous ces problèmes de dernière minute).

Le père avait envie d’emporter la maison entière, seulement la voiture avait ses limites. Il n’en finissait pas. Il sortait chaque fois une valise de plus, et la mère se demandait d’où il la sortait, car elle ne se rappelait absolument pas l’avoir vue quelque part dans la maison auparavant. Il chargeait aussi la voiture de toujours plus de nourriture pour midi, mais ils n’étaient que quatre, pas cinquante. Il en mettait peut-être un peu trop. Mais selon lui, il fallait être prévoyants. Si jamais il arrivait quelque chose, ils ne mourraient pas de faim, au moins.

La mère époussetait sa voiture en râlant parce que le père n’avait de cesse d’apporter des valises.

Le fils râlait parce qu’il avait entendu que c’était un jour rouge sur la route, il n’arrêtait pas de répéter qu’il fallait mieux ne pas partir aujourd’hui.

Le grand père se plaignait qu’il n’y avait déjà plus de Wi-fi, et comment allait-il pouvoir appeler ses amis, maintenant ?