Machine (Série lettres 2 : 13/26)

Il avait une routine bien installée. Quand il se levait le matin, il faisait toujours les mêmes choses dans le même ordre et à la même heure. Jamais il ne changeait ce rythme. Jamais il ne faisait une chose avant l’autre ou une chose après l’autre. Il y avait un ordre établi, il fallait s’y tenir. Il ne faisait pas non plus des choses à une heure différente et il n’oubliait jamais rien. Il avait donc un emploi du temps identique pour chaque jour, sauf les weekends où ce dernier variait un peu. Mais dans l’ensemble, c’était un peu comme s’il vivait la même journée à l’infini. Rien ne changeait jamais, saif peut-être les saisons et les gens croisés dans la rue. Il n’avait pas de famille proche, étant fils unique et ayant perdu ses parents longtemps auparavant. Donc il n’allait voir personne, il n’était proche de personne. Personne ne venait jamais briser sa routine. Il vivait seul et n’avait pas d’animaux. Il ne parlait pas aux voisins.

Chaque jour de la semaine, il se levait à 7h00, regardait par la fenêtre à la même heure pendant dix minutes, puis il se dirigeait vers la salle de bain, se lavait et s’habillait pendant quinze minutes. Tout était réglé comme du papier à musique. Tout s’enchaînait. Si tout ne se produisait pas dans cet ordre là…Il ne savait pas ce qu’il se passerait dans ce cas précis, car ce n’était encore jamais arrivé. Après s’être habillé, il mangeait toujours le même repas sur sa table de salle à manger : un café et deux tartines. Tous les matins. Pas une tartine de plus, pas une de moins. Après le repas qui durait toujours dix minutes, il faisait la vaisselle et nettoyait ce qui semblait être toujours les mêmes miettes sur la table. Si on l’avait filmé chaque jour, on aurait pu se croire dans Un jour sans fin. Sauf que sa routine, il se l’était créée lui-même. Ensuite, il partait travailler, à la même heure chaque jour. Il pointait à la même heure à son travail. Il avait un travail répétitif, ce qui faisait qu’il faisait la même chose chaque jour. De la paperasse. Toujours la même. À la fin de la journée, il rentrait, il mangeait sa soupe et il se couchait tôt.

Le weekend, la journée variait un peu car il lisait toute la journée. Mais ses repas étaient quand même à heure fixe. Il fonctionnait tous les jours comme une machine. Une machine bien huilée.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s