Xyste (Série lettres 2 : 24/26)

(Allée couverte d’un jardin)

Il mit son manteau et sortit. Aujourd’hui, il voulait inspecter son jardin. Il aimait que tout soit bien en ordre à tout moment. S’il y avait une chose qui n’allait pas dans son sens, il déprimait pour la journée. Et il n’était pas comme ça seulement pour la jardin. Sa vie aussi ne devait pas subir la moindre anicroche. Il aimait l’ordre, et il détestait le désordre. C’était aussi simple que ça. Il n’aimait pas non plus ceux qui provoquaient le désordre. Il avait déjà renvoyé plusieurs jardiniers parce que ces derniers n’avaient pas ordonné le jardin comme il voulait. Il s’occupait du jardin lui-même, à présent. Il en avait eu assez de ne pas avoir ce qu’il voulait. Et puis, un dicton disait bien  » on n’est jamais mieux servi que par soi-même », non ? Eh bien c’était véridique. Et il économisait l’argent du salaire d’un jardinier, en le faisant lui-même.

Il sortit donc dans son jardin. Ce qu’il vit en regardant autour de lui paraissait satisfaisant. Mais ce n’était pas dans la vue générale qu’il dénichait les défauts. Il les voyait dans le détail. En s’approchant de chaque massif, de chaque arbre. Et il repérait les imperfections. S’il avait eu une loupe à portée de main, il l’aurait braquée sur les feuilles ou sur les fleurs afin de voir les éventuels trous qui « défigureraient » ses plantes chéries.

Il entra dans la partie principale du jardin. Tout semblait aligné, comme au garde à vous au passage du jardinier. Parfait. Sauf que la nature ne courbait en principe pas l’échine face aux humains. Il avait eu de cuisants échecs par le passé, et il arrivait que cela lui arrivé encore, bien qu’il soit à présent un professionnel de la végétation.

Ce fut vers le fond du jardin qu’il la remarqua. La plante qui allait lui faire perdre son sang froid. C’était un petit nouveau, il l’avait planté moins d’un mois auparavant. Et depuis le début, cet arbuste lui mettait des bâtons dans les roues. Ou plutôt, en l’occurence, des tiges. Il n’arrivait pas à obtenir un jardin parfait avec cet arbuste têtu. Situé juste à côté du xyste qui surplombait l’allée, il refusait de fleurir et perdait ses feuilles aussitôt après qu’elles aient poussé. C’était incompréhensible. Quelle malédiction ! Aujourd’hui, l’arbuste n’allait guère mieux. Il ployait lamentablement. Atterré, il tourna les talons, cessant instantanément son inspection du jardin. Et voilà, il était déprimé pour la journée.

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