Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°20 (2e édition) Lipogramme

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

20) Ecrire un texte où il n’y a pas de O (lipogramme)

Elle était assise sur une des chaises de sa cuisine. Elle regardait par la fenêtre. Il ne se passait quasiment rien, en principe. Mais elle aimait quand même regarder afin de s’assurer qu’elle n’allait pas manquer un évènement intéressant. Elle devait tenir cela de sa mère qui aimait regarder les passants marcher dans la rue, les magasins s’éveiller, la ville vivre sa vie. Sa mère en avait passé, des heures à admirer les fleurs qui grandissaient, baignées de lumière et « abreuvées » par la pluie.

Elle était là, devant sa fenêtre, à se demander ce que ces gens qui passaient dans la rue pensaient. Elle essayait de leur imaginer des vies. Celui-là, par exemple, avec le pardessus bleu, il devait être en train de rentrer chez lui après ses heures de travail. Sa famille l’attendait sûrement. Il était certainement en train de réfléchir à ce qu’ils allaient manger quand il rentrerait. La petite fille qui marchait en sautillant, elle avait déjà effacé de sa tête les mathématiques apprises en classe. Elle pensait à ses figurines de fées qu’elle avait laissées le matin même dans sa chambre. Elle s’amuserait avec elles dès qu’elle rentrerait.

Et celui qui rasait les murs, ce n’était peut-être pas un bandit. Il avait le regard fuyant, mais il n’était sûrement pas recherché. Il regardait les sacs des passants avec un intérêt certain, mais il n’était pas ce qu’il semblait être, c’était sûr. Celle qui essayait de rattraper un chapeau qui s’était échappé, elle avait sûrement eu une mauvaise matinée. Elle faisait une tête d’enterrement. Elle avait une aura assez mauvaise. Les autres passants devaient le sentir, car ils ne la regardaient pas.

Elle se leva de sa chaise, satisfaite. Elle avait créé des vies intéressantes à ces passants.

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Les autres défis

Le destin, ce puzzle

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Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°19 (2e édition) Décrire des personnages

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

19) Décrire trois personnages, deux complètement éloignés de moi et un qui me ressemble sans préciser qui est qui

C’était l’après-midi, il faisait un temps maussade. Sur cette place, beaucoup de personnes allaient et venaient. Mais trois personnes en particulier allaient devenir les protagonistes de cette histoire. Chacun des passants faisaient partie de leur propre histoire, mais ces trois personnes allaient bientôt faire partie de la même histoire.

Tout d’abord, Domitille, une grande femme brune montée sur talons qui n’avait de cesse de regarder sa montre comme le lapin d’Alice l’aurait fait s’il avait été là. Domicile était une belle femme, elle avait un bon travail, un petit ami, mais elle n’était pas heureuse dans la vie. Elle ne savait pas bien pourquoi, et donc elle avait déjà fait le tour des psys de la ville pour chercher à savoir ce qui n’allait pas chez elle. D’ailleurs, elle tenait la carte d’un énième docteur chez qui elle allait aller en dernier recours. (elle disait toujours cela pour ensuite en rappeler un autre, et la série continuait. C’était toujours comme ça) Elle passa une main pour remettre en place des cheveux déjà impeccablement coiffés, puis elle regarda autour d’elle. Toujours pas de petit ami. Mais où était-il passé ? Il avait dit qu’il viendrait la retrouver ici il y a déjà vingt minutes ? Allait-elle devoir rentrer à pieds ou bien prendre le bus ? Elle fouilla dans son sac et en tira des profondeurs un portable à paillette. Elle l’ouvrit. Il était toujours allumé, cela allait plus vite quand elle devait appeler son petit ami. Il était d’ailleurs le numéro le plus appelé sur sa liste d’appels. Elle l’appela, mais personne ne répondit. Elle se leva de son banc, énervée. Elle ne vit pas la jeune femme qui arrivait à sa hauteur, les yeux sur son portable. Elles se percutèrent assez violemment.

Cette jeune femme, c’était Morgane. Elle n’était pas très grande, et elle aurait aimé l’être. Mais elle ne pouvait pas changer ce que la nature lui avait donné, en tout cas pas dans ce domaine, à moins de mettre des talons aiguille. D’ailleurs…Elle finit par terre avant même qu’elle puisse comprendre ce qu’il venait de lui arriver. Un peu sonnée, elle se releva, aidant la femme qui venait littéralement de lui tomber dessus à faire de même. Elle était bien plus grande que Morgane, et elle portait de très hauts talons, si hauts qu’on pouvait se demander comment elle pouvait tenir dessus. Est-ce qu’elle tombait, parfois ? Morgane revint à la réalité quand la femme agita une main impatiente devant son visage. Elle avait pour mauvaise habitude de se perdre dans ses pensées. C’était souvent un avantage quand elle imaginait des histoires, mais c’était souvent un problème quand elle devait vraiment interagir avec des personnes, comme dans la situation actuelle. Elle aimait beaucoup écrire, et elle aimait aussi beaucoup retenir les prénoms qui sortaient de l’ordinaire pour les placer dans ses histoires. Donc, quand Domitille eut fini de vociférer parce qu’elle lui était rentrée dedans, Morgane fut ravie d’apprendre qu’elle avait un prénom intéressant. Ce n’était sans doute pas la meilleure pensée à avoir dans ce genre de situation, mais bon. Une troisième passante s’arrêta pour leur demander si tout allait bien.

Cette personne, c’était Julia. Elle aussi aimait écrire, et elle aimait aller au devant des gens pour leur parler et obtenir ainsi des idées de roman. Elle passait par là, et elle avait vu Domitille hurler sur Morgane. Elle n’avait donc pas hésité à s’approcher pour offrir son aide. Elle était déjà en retard pour son rendez-vous chez le docteur, et cette pensée la faisait stresser, mais elle n’avait pas pu résister, elle s’était arrêtée. Elle le regretterait plus tard. Mais elle ne pouvait pas rester trop longtemps à discuter, car elle devait appeler sa mère pour lui raconter ce qu’elle avait vu au journal télévisé de la veille, cela pourrait sûrement l’intéresser. Elle voulait aussi aller se faire vernir les ongles au salon un peu plus loin. Aurait-elle le temps de faire tout ça et de rester voir ce qu’il se passait ? Elle se présenta, et les deux autres femmes se tournèrent vers elle, étonnées qu’une parfaite inconnue soit venue les interrompre. La grande en talons avait l’air plus calme, à présent. Julia s’assit sur le banc, tapotant la place à côté d’elle et leur disant de raconter leurs problèmes, qu’elle avait du temps devant elle, puisqu’elle n’était pas allée chez le docteur. Domitille se laissa tomber en soupirant. On aurait dit qu’elle était en train de se dégonfler. Julia remarqua alors son tatouage sur l’avant bras gauche : une fleur. Morgane hésitait un peu à s’assoir sur ce banc et à parler avec des inconnues, en plus avec celle qui venait de lui hurler dessus alors que la moitié de la faute lui appartenait. Elle remarqua aussi le tatouage, se demandant si cela faisait mal, et aussi quel motif elle choisirait si l’envie lui prenait un jour de s’en faire faire un. Un dauphin ? Non, sans doute quelque chose de plus discret. Domitille regarda à nouveau sa montre. Il ne viendrait sans doute pas maintenant, tant pis pour le psy. Elle raconta à Julia ses problèmes. Morgane finit par s’assoir à côté d’elles sans rien dire. Elle écouta. Ce fut le début de leur amitié.

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Les autres défis

Le destin, ce puzzle

En ligne, on perd le fil ch7

Tout le monde parlait en même temps. Dans un cours normal, cela aurait fait du bruit, certes, mais vraiment pas autant que le brouhaha que cela faisait à ce moment là. Le prof semblait être entré en transe. Ou peut-être était-il en état de choc ? C’était possible, il avait l’air un peu dépassé par les événements. Il avait bien essayé de les faire taire, mais sans succès. Visiblement, son autorité s’était envolée, dans ce monde virtuel. Il n’avait que très peu de moyens pour les obliger à se taire. Il ne pouvait pas leur donner des lignes à copier car il savait pertinemment que personne ne le ferait.

Le bruit céda soudain la place au silence quand un son de trompette fit sursauter tout le monde. On ne sut jamais qui avait fait ça, mais le prof put enfin commencer le cours, alors il ne fit aucune remarque. Il commença à parler du sujet du jour. Au début, tout était silencieux. Mais tout à coup, il se rendit compte que plusieurs élèves avaient la tête penchée en avant, ou bien l’avaient appuyée contre leur main. Il interrompit soudain son cours pour leur demander de ranger leurs portables, car visiblement, ils ne l’écoutaient pas. Quand il eut l’impression qu’on l’écoutait à nouveau, il reprit.

Mais au moment où il posait une question à un élève, et au moment où ce dernier réactivait son micro, la classe entière entendit la mère de l’élève en question lui hurler de « ramener ses fesses et de venir à table ». Tout le monde se mit à rire. Le silence fut anéanti. Le prof maudit la mère de cet élève qui avait bouleversé le peu d’ordre qui avait été obtenu.

Il reprit une nouvelle fois son cours, et il fut arrêté une nouvelle fois. Non pas par une mère qui criait, mais cette fois-ci par ce qu’il venait de voir à la place d’un de ses élèves. En balayant la classe ( les petits carrés contentant chacun un habitant) , il vit soudain quelque chose qui le fit sursauter. Car l’habitant de ce petit carré avait changé. Il avait deux oreilles, des moustaches et quatre pattes. Et il regardait fixement l’écran. A moins qu’il ne dorme avec les yeux ouverts? En tout cas, ce n’était pas un élève de la classe. C’était un chat. Un chat au regard perçant qui était assis à la place de l’élève, se léchant l’arrière-train face à la caméra. Le prof se demanda si il était trop tard pour changer de métier….

Chapitre 8

Premier chapitre

DDLA #2 « Lettre d’amour »

(venant du blog de Pandora Black)

DDLA

C’est un peu farfelu, et je ne sais même pas si ça a du sens, finalement.

Lettre à la créativité :

Je voudrais faire une lettre à la créativité. Ce n’est pas une personne, ce n’est pas un objet, mais bon. J’adore le fait que la créativité existe. Et je me demande si le monde serait tout à fait pareil sans elle. Mais c’est un avis subjectif. Je trouve que la créativité est, pour certaines personnes, très importante. J’ai eu, à plusieurs reprises, l’occasion de me rendre compte que la créativité en général fait partie intégrante de ma vie.

J’ai toujours écrit, du moins aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours inventé des histoires. Avant que je sache écrire ou avant que j’aie l’idée de consigner par écrit mes récits, je les créais avec mes jouets, c’étaient plus des histoires éphémères. Mais des histoires qui ont quand même vécu. Et qui me manquent un peu à présent. Je n’ai plus vraiment cette spontanéité du début. J’espère la retrouver un jour. En tout cas, merci la créativité pour m’avoir aidé à inventer toutes ces histoires.

Un autre exemple de créativité : le dessin inspiré par cette créativité. Je n’ai jamais vraiment su dessiner. Mais j’aimais bien jouer avec les couleurs. J’ai eu une prof d’art plastiques qui, pendant tout le collège ou presque, nous a fait apprendre des définitions et faire des projets pour lesquels je ne me passionnais absolument pas. Heureusement, la dernière année, j’ai changé de prof, et elle nous a fait plus dessiner, ce qui est quand même pour moi le but d’un cours d’art plastique…Et ça a changé mon point de vue (légèrement) sur le dessin. Je dessine toujours très mal, mais j’ai découvert des logiciels qui me permettent d’utiliser ma créativité, et que cela ressemble à quelque chose. Donc pour ce point-là aussi, je voudrais remercier la créativité.

J’ai essayé beaucoup de choses, étant petite, et j’ai toujours envie de les faire maintenant. Faire de petits films, par exemple. J’avais trouvé un logiciel de montage, et j’en ai monté, des vidéos avec mes jouets. J’ai encore envie d’essayer ça, et de le faire un peu mieux qu’avant, peut-être. C’est une autre façon de faire vivre les histoires, non ? Tous les moyens sont bons.

Je pourrais lister encore beaucoup de choses que la créativité m’inspire, comme par exemple d’essayer de faire des flipbooks, ou encore d’écrire des pièces de théâtre, de faire des bandes dessinées. Et grâce à des logiciels, certaines choses où il est nécessaire de savoir dessiner seront peut-être possible ? Ce que je voulais dire dans cette lettre, c’est que la créativité, que ce soit quand j’écris, quand je dessine, quand je crée un petit film, c’est tout. Je ne pense pas pouvoir vraiment exister sans elle. Donc je le dis haut et fort : j’aime la créativité et je ne pourrais jamais m’en passer. Faire des choses créatives, c’est ma vie. Je ne peux pas faire autrement.

Les autres défis

Le destin, ce puzzle

Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°18 (2e édition) Thème : patinoire

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

18) Thème : patinoire

Elle regarda sa montre pour la troisième fois en cinq minutes. Elle se mit ensuite à observer la patinoire. Elle était là à attendre sur le bord de la patinoire depuis déjà vingt minutes. Ils s’étaient donnés rendez-vous à cet endroit précis, et elle avait eu beau se demander pourquoi il n’était pas là, elle n’avait pas trouvé de réponse à cette question. Il aurait pu se tromper de patinoire, mais quand on vivait à un endroit où il n’existait qu’une seule patinoire, il était plutôt difficile de se tromper. Et s’il avait été retardé, il le lui aurait dit par sms depuis déjà un petit moment. Elle soupira. Visiblement, elle venait de se faire poser un lapin.

Regardant autour d’elle, elle vit de joyeux patineurs, des familles, des couples ou des amis, des jeunes, des moins jeunes, des débutants, des plus expérimentés. Et puis il y avait elle. Elle, qui venait de se faire poser un lapin. Au fond, pourquoi y avait-elle cru ? Elle était stupide. Elle aurait dû ne rien espérer du tout. Elle partit faire un tour sur la glace, morose. Elle était tellement concentrée sur ses problèmes, qu’elle ne vit la personne que trop tard, au moment où elle la percuta. Elle faillit tomber, mais elle fut rattrapée à temps. Relevant la tête, elle espéra voir un prince charmant, mais on n’était pas dans un film, c’était la vraie vie. Elle vit une fille assez grande qui avait l’air inquiète :

  • Est-ce que ça va ? Je suis désolée, je ne regardais pas où j’allais.

Elles se mirent à discuter un peu, et, comprenant qu’on lui avait posé un lapin, la nouvelle venue la présenta à ses amis. Ils s’amusèrent toute l’après-midi. Elle oublia ses soucis.

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Les autres défis

Le destin, ce puzzle

Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°17 (2e édition) Polar/thriller en 15 mots

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

17) Ecrire un polar/thriller en 15 mots

Soudain, l’enquêteur trouva un couteau ensanglanté dans la poche de veste de son ami d’enfance.

Mes autres essais :

  • Quand ils découvrirent le corps le lendemain matin, le coupable était déjà loin, bien caché.
  • Le tueur regarda le détective trébucher sur l’indice : quel imbécile ! Il ne le trouverait jamais !

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Le destin, ce puzzle

Puffin

They came every day to listen to him speak. He was an old man who lived on the beach. No one knew exactly where he came from. When they asked him, he said he came from everywhere, which was an extremely vague answer. He had apparently traveled a lot, and perhaps he couldn’t remember where he was really from. He was old and sometimes his memory was a little fuzzy. But when it came to stories, it never let him down. He remembered a lot of the moments he had experienced. And he told them in a calm voice that made them fit into the story. His stories were always coherent, and they fascinated the locals who came to listen to him as often as they could, sometimes even paying him to continue telling them his past. 

A group of young people were particularly interested in this old man and his stories. One of them had asked the old man if he could write them down so that others could read them if he was ever not around to tell them. The old man agreed. Since then, the young man had come to show him the transcribed stories. He planned to publish them under the old man’s name. 

One day, the old man told them a rather peculiar story. Usually, his stories had humans as protagonists, but this time the heroes were animals. It was the story of a friendship between two animals. A puffin and a dolphin. It could happen, but it was still quite rare for these two animals to become friends. So the old man began to tell the story. 

It was a summer evening long ago. A stormy evening. The thunder was roaring and the lightning was having a blast. The storyteller was a teenager during this story. At midnight, he had woken up with a thunderclap. Then he didn’t go back to bed, having found the spectacle of lightning in the sky fascinating. Being young and unconscious, he went out in the rain to see the lightning more closely. Stopping in his story, the old man told the group of young people not to imitate him, that it was very dangerous. It was better to stay inside during a storm. So he had gone out under the torrents of water. Nothing could have stopped him. He had gone to the pier which gave directly on the sea. To this day, he still did not know exactly what drove him there. The hand of fate? In any case, when he arrived on the pier, he had seen a bird fall into the sea, probably exhausted from having to fly in the rain. He had taken his binoculars out of his pocket, the ones that had never left him since he had received them for Christmas, and he had seen something amazing. The bird hadn’t drowned as he might have thought. No, it had just been saved by a dolphin.

The dolphin had come to carry it to the pier. The teenage boy who was the storyteller at the time had been amazed to see that. The bird, lying on the pontoon, had begun to move weakly. Then, little by little, it had regained strength. The dolphin was still there, right next to the bird, which was a young puffin. Usually these birds had no problems with the sea, but this one had been exhausted. His forces had abandoned him and he would have died without his savior. The teenager had watched the whole scene from a distance. He had seen the encounter that would lead to an incredible friendship between the two animals. Since that night, he had seen them together very often. Ims had never left each other. He even remembered taking a picture. But he didn’t know where it was. He had come every day to see if the two animals were still there. One day he never saw them again. The day after the old man had told them this story, the young people returned to the beach. They looked for the old man. They could not find him. No one ever found him. Several years later, the young man who had transcribed the stories had a book published in the old man’s name. It was very successful. The stories went on but the old storyteller had disappeared. 

Other English texts

Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°16 (2e édition) Histoire courte en 20 min

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

16) Ecrire une histoire courte en 30 minutes

Tista n’était pas une femme ordinaire. On disait souvent ce genre de phrase, mais elle ne prenait tout son sens que lorsqu’on parlait de quelqu’un de vraiment pas ordinaire, en fait. Comme Tista. Elle n’était pas humaine. Ou du moins, elle ne l’était pas exactement. Elle était plusieurs choses à la fois. Elle était en partie humaine, mais pas seulement. Elle était aussi en partie Vampire. Cela ne se voyait que quand elle se servait de ses pouvoirs. On pouvait alors voir (si on observait bien) apparaître ses canines tranchantes. Mais il fallait vraiment bien regarder, car elle les cachait. Elle était aussi en partie sorcière. Elle avait donc des pouvoirs magique dont elle se servait principalement pour s’éclipser en cas de problème. C’était donc une personne peu ordinaire, dans tous les sens du terme. Personne ne devait savoir qui elle était vraiment, ou elle serait faite prisonnière et étudiée sous toutes les coutures. Elle n’y tenait pas tant que ça. La curiosité des gens était parois plus que malsaine. Elle voulait donc garder son secret pour elle. C’était la meilleure chose à faire. Et puis la curiosité des gens n’était pas la seule raison pour laquelle elle voulait garder ses origines secrètes. Le problème venait également de l’endroit où elle vivait. Le gouvernement n’aimait pas du tout ce qu’ils appelaient « les mutants » ou « mixtes », c’est à dire des personnes qui n’étaient pas totalement humaines, voire même pas du tout. Tista était la pire de toutes, car elle cumulait non pas une mais trois « espèces » différentes. C’était beaucoup, même pour elle parfois. Son ouïe fine de vampire était parfois très agaçante, elle pouvait entendre des choses qu’elle aurait voulu ne jamais entendre. Ses pouvoirs de sorcière agissaient souvent selon ses humeurs, et il valait mieux ne pas être à côté d’elle quand elle était en colère, car elle avait déjà détruit tout un étage d’un immeuble à cause de sa colère. Bien sûr, elle s’en était voulu après, mais ce qui était fait était fait. Elle avait appris à contrôler un peu mieux ses pouvoirs, à présent, mais il arrivait toujours qu’ils fassent n’importe quoi, généralement quand elle avait des émotions très puissantes, comme une profonde tristesse ou une immense colère en elle. Et cela arrivait parfois, car elle était souvent en train de s’enfuir de quelque part, devant parfois laisser des personnes derrière elle alors que la police les poursuivait, faute d’avoir été plus près pour les téléreporter avec elle.

Ces derniers temps, la vie en ville avait empiré, mais ce n’était pas que pour Tista. Le gouvernement avait découvert que beaucoup de « mutants » vivaient dans les environs, et ils avaient déclaré qu’un couvre-feu était nécessaire pour protéger la population des « êtres bizarres » qui sillonnaient les rues la nuit, pouvant attaquer de pauvres humains sans défense. Tista n’avait encore jamais attaqué un humain ( à moins qu’il ne l’ait vraiment mérité…) et elle trouvait ces mesures très énervantes. Non seulement parce que des patrouilles passaient la nuit à surveiller les différents quartier, rendant ses balades nocturnes plus difficiles à faire, mais aussi parce qu’elle pouvait moins voir son amie humaine, la seule qui savait qu’elle était humaine/vampire/sorcière, et aussi sa seule amie. Qui l’aidait à vivre en dépit du fait qu’elle devait se méfier tout le temps. Car une seconde aurait suffi pour elle soit découverte. Une personne qui voyait ses dents ou bien qui la voyait faire de la magie, et c’était fini. Léana, son amie humaine, était donc bien embêtée par le nouveau couvre feu car elle pouvait aller aider Tista bien moins facilement. Tista était obligée d’aller la chercher ou bien d’attendre des heures dans ses ruelles sombres, espérant qu’il ne soit rien arrivé à Léana en venant. Elle avait beau avoir une ouïe très fine, elle ne pouvait pas encore voir à travers les murs, et attendre Léana pour leur rendez-vous tous les deux jours la stressait plus que tout au monde. Contrairement à elle, Léana n’était pas quasiment immortelle. S’il suffisait d’une seconde pour que Tista soit découverte, il suffisait aussi d’une seconde pour que son amie humaine meure. Et elle ne voulait pas que cela arrive. Jamais. Jamais au grand jamais. Elle faisait son possible pour la protéger, mais elle ne pouvait pas toujours être là, et donc elle s’inquiétait, se reprochant chaque fois de mettre sa seule amie en danger. Elle avait aussi vraiment besoin d’elle, car elle ne pouvait pas entrer dans un magasin, ils avaient mis de nouveaux détecteurs qui sonnaient quand un « mutant » essayait de passer. Le meilleur moyen de se faire prendre en une seconde, donc. Léana lui apportait donc régulièrement des provisions. Et elle risquait sa vie et sa liberté pour ça. Mais elles se connaissaient depuis trop longtemps pour qu’elle renonce à faire le voyage. Avant, la ville avait été différente. Elles avaient connu les moments où Tista pouvait entrer librement partout sans risquer de se faire capturer et tuer. Mais maintenant, tout avait changé. Et elles essayaient de faire avec. Mais elles n’avaient pas vraiment le choix, pas vrai?

Ce soir-là, Tista attendait Léana. Quand elle la vit arriver au coin de la rue, elle poussa un soupir de soulagement. Elle la tira dans la ruelle où elle s’était réfugiée, lui souriant :

  • Te voilà enfin ! Je m’inquiétais, tu sais ! J’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose !

Léana la laissa l’examiner sous toutes les coutures. Tista faisait souvent cela pour se rassurer, pour vérifier si Léana était blessée quelque part. Après seulement elle retrouvait son calme. Son amie lui tendit un sac de victuailles qu’elle prit avec reconnaissance. Mais au moment où elle allait la remercier, une patrouille arriva, faisant beaucoup de bruit avec leurs grosses bottes. Tista et Léana se mirent à courir pour quitter le quartier. Quand elles furent assez loin, elle ne voulait pas qu’on la voie faire de la magie, Tista les téléporte loin de la ville. Elles reparurent dans une prairie. Léana était essoufflée. Tista la serra contre elle. Elle ne voyait jamais personne, devant toujours se cacher. Elle tenait beaucoup à Léana qui venait la voir aussi souvent que possible. Tista sentit le coeur de son amie battre à une vitesse folle. Elle avait eu peur, tout comme elle. Elle avait moins l’habitude qu’elle de prendre la fuite. Tista n’avait pas de coeur qui battait, elle. Elle avait fait la paix avec cette pensée il y a longtemps. Elle frissonna en pensant à ce qui aurait pu arriver si la patrouille avait trouvé Léana quelques minutes auparavant. Elles s’assirent dans l’herbe pour discuter un peu. Ici, personne ne les dérangerait. Tista donna son manteau à Léana qui frissonnait. Elle n’en aurait pas besoin, elle ne sentait pas le froid. Elles restèrent là longtemps, à regarder les étoiles et à parler.

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Le destin, ce puzzle

Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°15 (2e édition) Tautogramme

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

15) Ecrire un tautogramme

Et entrèrent éléphants et escargots, ébahissant les écoliers. L’école était étonnée et écoutait les espadons s’époumoner en époussetant les étagères des étudiants. Les élans étrennaient les écritoires de l’étude en engravant des écrits énervants. Les espadons éventraient les éléments de l’étude, éveillaient les écriteaux endormis, épluchaient des échalotes, empuantissaient l’école, et embêtaient les élèves en emportant les écrits étalés en étoile. Les étudiants s’écrièrent : « Eh, Élans, Escargots, Éléphants, Espadons, l’éducation est un élément émérite. C’est ébahissant, l’entrée d’un Élan en étude. »

Et les Élans et espadons s’excusèrent, s’éclipsant. Entra ensuite une écuyère….

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Le destin, ce puzzle

En ligne, on perd le fil ch6

Le son était mauvais. Très mauvais. Elle avait déjà eu beaucoup d’appels audio, et elle n’avait encore jamais vu ça. Ils étaient quatre, dans cette réunion virtuelle, et aucun des trois autres ne parvint à comprendre ce que voulait dire leur collègue. Parce qu’il ne parlait pas assez fort ? Non. Parce qu’il marmonnait ? Non plus. Parce qu’il était trop loin du micro ? Encore pas. Même si cela aurait pu être ça. Parce qu’il y avait du bruit autour de lui ? Ou bien peut-être que l’écho s’était invité dans cette réunion. Eh bien non. C’était un problème de micro. La voix de leur collègue leur parvenait à peine, et ils entendaient la moitié des mots qu’il prononçait, comme s’ils étaient en train d’écouter une radio mal réglée.

– …lors ….pris ? J…terai….as. …ous av…rêt à….er.

Ils se regardèrent, enfin ils essayèrent car avec un appel vidéo, il était difficile de se regarder avec perplexité comme on pouvait en principe le faire quand on était en face de la personne.

Ils hochèrent la tête pour faire signe qu’ils avaient compris même si ce n’était pas du tout le cas. Peu après, le micro du collègue rendit définitivement l’âme, et ils durent utliser la messagerie pour communiquer avec lui.

Chapitre 7

Premier chapitre