Flexible (Série lettres 3 : 6/26)

C’était un employé modèle. Meilleur que tous les autres. Non pas qu’il soit plus doué dans son travail. Non. Il était simplement celui qui restait le plus longtemps au travail. Celui qui faisait beaucoup d’heures en plus alors que les autres étaient partis depuis longtemps. Celui qui était seul, et donc qui n’avait personne qui l’attendait chez lui. Celui qui était une véritable aubaine pour l’entreprise. Celui qui s’ennuyait quand il rentrait le soir, et qui restait donc chaque jour un peu plus tard pour éviter cet ennui qui l’énervait.

On lui avait proposé un système d’horaires flexibles pour qu’il puisse rester plus longtemps sans que ce soit trop considéré comme des heures supplémentaires. C’était un tout nouveau système qui n’allait sûrement pas durer longtemps, car il exploitait les employés et ne faisait absolument rien en leur faveur. Mais lui le trouvait très bien. Il pouvait rester le soir autant qu’il voulait. Mais le fait que ses heures supplémentaires n’étaient pas payées n’avait pas paru le perturber.

Après avoir parlé avec lui, ses collègues se rendirent compte qu’il ne s’était pas rendu compte que ses heures supplémentaires n’étaient plus comptées. Ils allèrent tous s’en plaindre à la direction, lui y compris car il avait enfin saisi que l’entreprise profitait largement de lui. Il alla parlementer avec le directeur, et il fit jouer ses droits. Il réussit à se faire payer toutes ses heures supplémentaires et il démissionna juste après. Il en avait assez de se faire avoir.

Et vous, que pensez-vous de cette histoire ?

Série lettres 2

Engrenage (Série lettres 3 : 5/26)

Il ne s’en était tout simplement pas rendu compte. Il aurait dû le voir, pourtant. C’était plutôt évident. Mais il était entré dans leur « jeu », comme ils l’appelaient, et il n’avait pas vu ce dans quoi il s’engageait exactement. A présent qu’il le savait, il était choqué par ce qu’il avait fait jusqu’ici. Il voulait sortir de cette boucle infernale, mais il ne pouvait pas. Il avait perdu les plans. Il n’y en avait probablement pas. En entrant dans leur jeu, il avait fait une énorme erreur.

Il ne pourrait sans doute jamais en ressortir. C’était un véritable piège. Il ne l’avait pas perçu comme ça, à l’époque où il était devenu leur ami et où il avait commencé le trafic. Mais étaient-ils vraiment amis, au fond ? Probablement pas, en fait. Il était entré dans un engrenage, et personne ne pouvait sortir d’un engrenage, personne ne pouvait arrêter un engrenage, à moins d’être à l’extérieur de ce dernier. Alors comment faire ? Il était à l’intérieur, sans aucune possibilité d’en ressortir.

Il enviait ceux qui ne s’étaient pas faits avoir comme lui, ceux qu’il avait pris pour des imbéciles au début. Ceux qui en fait étaient les plus intelligents et qui avaient vu l’arnaque de très loin. Ils avaient essayé de le prévenir à plusieurs reprises, mais cela n’avait eu aucun effet sur lui. Il ne les avait pas écoutés. Il aurait dû. Il croyait qu’ils disaient n’importe quoi, mais leurs paroles avaient du sens, à présent. Il aurait vraiment dû les écouter.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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French version

He had to, he knew it. He really would have preferred not to. It was far from being his favorite activity. Of all the sports available, why did the teacher choose this one? He hated sports and he had just found a sport that he hated even more than sports in general.

A week before, they had been sitting in a circle in the gym, tired but happy that this class, which was hard for some of them to bear, was over when the teacher had announced it. The next week they would be doing orienteering! He had said it with such enthusiasm, that the students could almost have thought it was the best sport in the world. Most of the students seemed happy to hear that, swept away by the teacher’s joy. But not the teacher. He wasn’t the best at racing, and he couldn’t even find his way around a city, so why would he do better in the woods? If the two words that make up the name of the activity pushed him away, the activity itself was bound to destroy him.

On the day of the activity, the teacher was just as happy. On the other hand, some of the students, seeing the temperature outside and the thickness of the clothes they had brought, felt strangely worse than when the activity had been announced by the teacher. He was happy to see that he was not the only one to find this sport awful, even before the orienteering race began.

The teacher, dressed warmly in his colourful jacket, began his explanation. The goal was to punch their sheet and get back to the starting point first. All this while running and guiding themselves with the help of a map and a compass.

He sighed. He hated running, he couldn’t read a map or orient himself, and no matter how hard he searched, he couldn’t remember how a compass worked. Oh yes, he did! The red arrow was pointing north! He had better find a good team… The teacher said it was time to make up the teams. And so he made them himself.

He ended up with a team in which no one could read a map or use a compass. Well, good start! The departure was announced. Each team left on its own side, its precious map, the compass and the punch sheet in its hand, the not very sure step because almost nobody had done an orienteering race before.

He reflected. Well, the principle was rather simple, in fact. They had to find the beacons on the way. But it was better not to get lost in the woods…

Other English texts

Catégorie Liste lettres (French)

Dialogue (Série lettres 3 : 4/26)

Il avait du mal à communiquer avec les autres, et ce depuis assez longtemps. Pendant ses jeunes années, il avait été l’enfant discret, l’enfant silencieux. Pas aussi bruyant et chahuteur que ses camarades. Pas aussi agaçant. Pas aussi vivant ? Ses parents l’avaient souvent encouragé à aller vers les autres, à jouer avec les enfants de sa classe, à s’amuser. Ils ne le poussaient pas à devenir un gamin dissipé, mais presque. Car il était le contraire. Tout le contraire. C’était comme le jour et la nuit. C’était différent et cela n’allait pas ensemble.

Il ne jouait donc pas beaucoup, voire même pas du tout avec les autres enfants. Il n’en voyait pas vraiment l’intérêt. Ils étaient bien trop différents. Trop nombreux. Trop incompréhensibles. Il préférait jouer seul. Il savait très bien le faire. Et tout le monde s’en contentait. Il avait continué ainsi même en étant adulte. Le jour et la nuit ne se mélangeaient pas, pourquoi le ferait-il ? Ouvrir le dialogue avec les autres lui paraissait quasiment impossible. Bien sûr, il lui arrivait de parler avec des gens, mais seulement quand c’était vraiment nécessaire. Il ne s’était pas fait d’amis jusqu’ici.

Ce ne fut que bien après, pendant sa retraite, qu’il se rendit compte qu’il avait raté beaucoup d’occasions d’avoir des amis. A ce moment là, il commença à s’intéresser aux autres. Il se fit un ami. Un très bon ami qui ne le quitta ensuite pas d’une semelle. Il rattrapa le temps perdu. Avant qu’il ne soit trop tard.

Et vous, avez-vous un grand groupe d’amis, ou bien quelques amis proches ?

Célébrer (Série lettres 3 : 3/26)

Il s’assit à sa table. C’était le soir de Noël. Il était seul. Cela faisait des années qu’il fêtait Noël seul. Et toutes les autres fêtes aussi. Sans exception. Il ne s’était pas rendu compte qu’il était si seul. Quand est-ce que cela s’était produit ? Quand avait-il cessé de fêter Noël et toutes les autres fêtes de l’année avec sa famille ? Que s’était-il passé exactement ? Il ne le savait pas vraiment. Cela avait dû se faire progressivement. Sans qu’il le voie vraiment. Il s’était habitué à ne plus célébrer les fêtes avec d’autres personnes. Ce qui était quand même un des grands principes des fêtes.

Le temps avait fait son oeuvre. Selon son expérience, le temps finissait toujours par tout détruire, par faire disparaître tout et tout le monde. Quand il était enfant, il avait participé à de grandes fêtes familiales. À l’époque, il les trouvait ennuyeuses et surtout très longues. Heureusement que les cousins venaient aussi ! Les longs repas ne sont souvent pas du goût des enfants. Certains adultes ne les aiment pas vraiment non plus. Il ne les aimait toujours pas à ce jour, mais il aurait donné n’importe quoi pour avoir sa famille avec lui en ce jour de Noël, pour ne pas être aussi seul.

Et vous, avez-vous des souvenirs particuliers sur Noël ?

Série lettres 2

DDLA#3 « L’histoire qui fait peur »

(venant du blog de Pandora Black)

DDLA

Elle n’y croyait pas. Elle avait un esprit fermé sur le sujet, et elle ne croirait jamais que les fantômes pouvaient exister. Les villageois pouvaient bien s’amuser à lui raconter toutes les histoires du monde, et dire que la maison qu’elle avait décidé de louer là haut sur la colline était hantée, elle ne les croyait absolument pas. Elle croyait ce qu’elle voyait. Pas les fables véhiculées par des personnes qui s’ennuyaient dans leurs maisons toute la journée.

Elle prit donc le chemin de sa location. Sur l’annonce, elle avait eu l’air très jolie, et elle fut contente de la voir en vrai. Elle prit même une photo. Les lieux correspondaient bien à la description sur le site. C’était un endroit charmant et pas du tout effrayant, contrairement à ce que les habitants avaient pu raconter. Elle allait pouvoir passer de très bonnes vacances, comme prévu. Elle en avait bien besoin. Ici, elle ne serait pas dérangée. A part peut-être par la nature ? Tout semblait être très calme.

Elle arriva bientôt en haut de la colline, s’arrêtant pour respirer le bon air. Puis elle ouvrit la porte à l’aide de la clef que lui avait confiée la gérante de l’hôtel du village. Apparemment, les propriétaires de cette maison n’étaient jamais là, ils louaient leur bien en permanence. Et selon les dires des habitants, personne n’avait tenu plus d’une ou deux nuits là dedans, fuyant le plus loin possible. Mais cela ne l’avait pas inquiétée. Elle entra dans la maison.

La nuit arriva vite. Elle était en train de lire, quand tout à coup, elle entendit des coups à la porte. Posant son livre sur la table, elle alla ouvrir, étonnée d’avoir un visiteur à cette heure, surtout si la maison était constamment louée. Surtout si tout le monde en avait peur. Lorsqu’elle ouvrit le battant, elle ne vit personne. Etait-ce une blague ? Elle referma la porte en soupirant. Elle qui espérait des vacances tranquille….

Elle allait reprendre son livre, quand tout à coup, les lumières s’éteignirent. Une panne de courant, sans doute, pensa-t-elle. Elle chercha le compteur. Une fois qu’elle eut remis l’électricité, tout s’éteint à nouveau. Elle ne trouva pas comment tout rallumer, et elle dût chercher une bougie. Décidément, cela commençait très bien. En passant devant la fenêtre, elle vit soudain un visage pressé contre le carreau. Elle hurla, lâchant la bougie qui s’éteignit. Super. Elle la ramassa, essayant de retrouver les allumettes pour essayer de savoir ce qu’elle avait vu à la fenêtre.

Un cri lugubre la fit soudain sursauter. Elle se sentait bien moins tranquille que lorsqu’elle était entrée dans la maison. Peut-être que les légendes étaient vraies, après tout. Elle avala sa salive, devenant nerveuse, tout à coup. A nouveau, des coups à la porte se firent entendre. Ce fut comme un coup de tonnerre dans la maison silencieuse. Elle ne bougea pas, souhaitant fortement partir très loin de cette maison inquiétante. Elle n’entendait que son coeur battre. Le silence était revenu. Quoique…Etait-ce des pas qu’elle entendait ?

Se retournant lentement, elle se retrouva soudain nez à nez avec un homme. Il avait très transparent et maladif. Il avança vers elle en criant. Elle recula vivement, lançant sa bougie sur lui pour essayer de le faire partir. Mais la bougie passa à travers la silhouette de l’homme. Elle hurla, se rendant compte en une seconde que les histoires des villageois étaient tout à fait vraies. Elle ne sut jamais comment elle avait fait, mais elle courut jusqu’à la porte, l’ouvrant violemment et s’échappant de la maison. Elle courut vers le village. Il pleuvait, à présent. Elle arriva à l’hôtel. Elle était trempée de la tête aux pieds. La propriétaire de l’hôtel l’accueillit et lui proposa de passer le reste de son séjour là. Quelqu’un irait chercher ses affaires dans la maison. Elle avait visiblement l’habitude de recevoir les locataires de la maison sur la colline. La locataire tremblait à la fois de froid et de peur. Plus jamais elle ne retournerait dans cet endroit.

Les autres défis

Le destin, ce puzzle

Juste un Halloween de plus