(Une seconde pour tout changer) chapitre 5

Eliot était désespéré. Il était seul. Il était effrayé. Alors dès qu’il eut vit l’avion disparaître dans le ciel, il fit ce qu’il avait toujours fait. Il vola. Il vola, et comme il n’était pas particulièrement concentré ce jour-là, la situation se retourna contre lui. Il n’aurait jamais dû aller voler sur l’étalage du marchand de la dernière fois, il le savait. Encore moins quand son état émotionel était aussi instable. Les émotions faisaient commettre des erreurs. Le marchand avait dû voir son visage, la première fois. Ou du moins, il devait se rappeler vaguement de son apparence, car Il le surprit en train de voler des pommes de terres. Sauf que cette fois-ci, le riche inconnu n’était pas là pour venir lui inventer des excuses. Il était dans un avion, très loin d’ici, et il avait avec lui les frères et soeurs d’Eliot, sa seule famille. Il ne put pas s’enfuir car le marchand l’attrapa par le bras, appelant aussitôt la police. Il aurait peut-être pu essayer de s’éclipser, mais il n’en avait pas la force. Il se laissa emmener.

La prison. Il n’aurait jamais cru avoir à y mettre les pieds. Lui qui était si rapide, si agile, si prompt ! Mais pas cette fois-ci. Il avait baissé sa garde car ses pensées étaient ailleurs. Il le regrettait bien, à présent. Cette minuscule cellule fut la seule chose qu’il vit pendant des jours. Allait-il passer le restant de ses jours ici ? Les jours passaient les uns après les autres, il perdit vite la notion du temps. Une semaine aurait pu passer, un mois aussi. Chaque jour, il pensa à la nouvelle vie de Céleste et Tony. Il en inventa une nouvelle à chaque fois qu’il se réveillait. Quand quelqu’un vint frapper à la porte de sa cellule pour lui dire qu’il devait aller voir le dirigeant de la prison, il en avait créé des centaines de versions différentes. Il fut emmené au bureau du directeur. Ce dernier lui annonça que puisqu’il avait été un prisonnier exemplaire, il allait être transféré dans l’armée. Il allait pouvoir transformer sa vie en quelque chose d’autre. Quelque chose de mieux, selon le directeur. Ce n’était pas une proposition, il n’avait pas le choix.

Il fut transféré la semaine suivante. C’était mieux que la prison, mais il désespérait toujours de ne pas pouvoir revoir ses frères et soeurs. Imaginant toujours ce qu’ils étaient devenus, il fit s’écouler les jours, puis les semaines de cette façon. Il attendait une opportunité pour essayer de les contacter. Mais il était étroitement surveillé, et il ne pouvait pas faire ce qu’il voulait. Lorsqu’il fut envoyé au combat, il put encore moins essayer. Il devint ami avec un des autres soldats. Les chefs leur avaient dit qu’il était mauvais de se faire des amis dans un contexte de guerre. Mais son ami l’aidait à tenir. La pensée que ses frères et soeurs avaient une belle vie l’aidait aussi.

Un jour, il fut envoyé sur une bataille qui s’éternisait. Il fallait plus de soldats. Son ami et lui furent appelés à y aller. Il ne vit rien venir. Comme lorsqu’il s’était fait prendre à voler des pommes de terre, plus d’un an auparavant. Il n’entendit pas, il ne vit pas le danger. Ce fut très soudain. Une douleur intense le parcourut soudain, puis sa vision se brouilla. Il entendit des cris autour de lui, puis plus rien.

Chapitre 6

Chapitre premier

3 commentaires sur “(Une seconde pour tout changer) chapitre 5

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s