Neige/soleil

Il ouvrit les yeux. Mais où était-il donc ? Il ne voyant que le soleil briller juste au dessus de lui, comme si ce dernier cherchait à le rassurer. Mais le rassurer de quoi ? Y avait-il un danger ? Car pour que quelqu’un veuille le rassurer, il fallait qu’il se passe quelque chose. Soudain, il s’arrêta de bouger, stupéfait. S’était-il cogné la tête ? Pourquoi pensait-il que le soleil voulait le réconforter ? Le soleil n’était qu’une boule de feu dont il ne fallait pas trop s’approcher. Car on pouvait être brûlé si on restait trop longtemps dessous. C’était d’ailleurs défendu, de rester sous le soleil. Le regarder, aussi. On pouvait avoir les yeux brûlés. Le soleil était dangereux. Il le savait. Il en était sûr. Alors pourquoi avait-il pensé que le soleil voulait le réconforter ? Peu-être s’était-il effectivement cogné la tête. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Au fond, cela importait peu. Il était là, à présent, et il avait cru que le soleil allait le réconforter. Complètement ridicule ! Comment avait-il pu croire une chose pareille ? Le soleil était un ennemi de son peuple. On le lui avait toujours dit. Maman le lui avait toujours dit. Toujours dit. Enfin, les fois où il avait écouté. Mais ce n’était pas le moment de penser à maman. Elle n’était pas là, elle ne pouvait pas l’aider. Elle était loin. Elle était bien trop loin. Elle ne pourrait pas l’aider. De toute façon, il ne savait même pas où il était.  Relevant les yeux vers le soleil sans toutefois le regarder vraiment dans les yeux de peut de perdre la vue, il s’aperçut que ce dernier était entouré de nuages. Des nuages qui formaient une spirale en hauteur allant droit vers le soleil. Et il était dans une sorte de pièce faite en nuages. Une pièce blanche, bien sûr. Mais tout ceci ne répondait pas à sa question. Où se trouvait-il, au juste ? Dans une maison ? Une maison où habitaient les êtres des nuages ? Oui, ce devait être cela. Les êtres des nuages. Leurs voisins. Il avait dû se perdre dans la forêt, et les êtres des nuages l’avaient gentiment hébergé pour la nuit. Mais il faisait grand jour, à présent. Et il était tout seul dans cette pièce toute blanche. Il commençait à avoir un peu froid. Et maintenant qu’il y pensait, il était possible qu’il n’ait pas mangé depuis quelques jours. Il interrogea son estomac, qui lui répondit en gargouillant. Il se sentait seul, aussi. Les larmes lui montèrent aux yeux. Mais où étaient les êtres des nuages ? N’avaient-ils pas de quoi se chauffer, dans leurs maisons ? Sans doute que non. De toute façon, il était seul ici, et il n’avait personne à qui parler. Il aurait aimé se plaindre des conditions de vie dans cette pièce blanche, mais il ne pouvait pas. Et puis il devait rester fort. Sa maman serait fier de lui. Il ne se plaindrait pas. Jamais. Il «était très courageux. Il avait faim, mais il allait ignorer les gargouillis de son ventre. Il allait penser à autre chose. Il avait froid mais il n’allait rien dire. Il n’aurait pas été poli d’aller se plaindre à des gens qui l’avaient hébergés pour la nuit si gentiment. Il était seul, mais il pouvait tenter de se rassurer lui même. A moins que le soleil ne le fasse avant. Non ! Cette histoire de soleil qui console était absolument ridicule. Il tapa du pied sur le sol, avant de se rappeler que sa mère n’appréciait pas ce genre de comportement. Il allait être courageux, il ne dirait rien. Il ne se plaindrait pas. Pas une seule fois. Il allait être courageux….Tout de même, il faisait froid, là dedans. Les maisons en nuages étaient loin d’être un endroit confortable, en plus. Non ! Il était déjà en train de se plaindre, ça n’allait pas du tout ! Mais pas du tout du tout ! Pour se changer les idées, il observa à nouveau la colonne de nuages montant vers le soleil. Elle était jolie. Le soleil brillait, et sa lumière se projetait sur les parois de l’étrange tunnel de nuages. Était-ce une sortie ? Peut-être pouvait-il sortir de cette affreuse pièce toute blanche et déprimante ? Il se releva, se tenant debout pour la première fois depuis qu’il s’était réveillé ici. Cela semblait bien trop haut. Il était bien trop petit. Il aurait fallu une échelle, or il n’en avait pas. Il contempla alors le tunnel blanc, son espoir de sortie. Ce n’était plus trop un espoir, maintenant qu’il avait analysé la situation et qu’il avait constaté qu’il ne pourrait pas passer par là. Il se laissa retomber au sol, désespéré. Mais que pouvait-il faire ? Il se pelotonna le long du mur en nuage. Il se demanda comment il pouvait arriver à tenir sur un nuage sans passer au travers, mais cette pensée fut vite oubliée car il s’endormit. Toutes ces réflexions l’avaient épuisées. Après ce qui lui parut être des heures, une main se posa sur  son épaule. On venait le chercher ! Il saurait enfin où il était, et si les êtres des nuages l’avaient hébergé ou non ! Il se tourna et tomba nez à nez avec une femme :

  • – Marc ! Tu as fini de jouer ? Ne dis pas non, je vois que tu es fatigué. Tu vas aller faire ta sieste, mon chéri. Tu as passé suffisamment de temps dans ta caverne de neige !
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