Zénith (Série lettres 2 : 26/26)

Il trouva son fils dans la cuisine. C’était normal, à cette heure-ci, il savait où le trouver. C’étaient les vacances scolaires, les grandes vacances, et son fils passait beaucoup de temps à dormir, beaucoup de temps à manger, et très peu de temps sur ses devoirs de vacances. Du moins, selon son père. Il le trouva donc à la table, en train de prendre son petit déjeuner bien que la journée soit bien trop avancée pour manger ce repas.

Lorsqu’il le vit assis à la table, il décida de tenter le tout pour le tout, voulant le faire bouger au moins un peu pendant ces vacances. Il lui dit qu’il allait lui montrer quelque chose d’extraordinaire qu’il ne pouvait pas manquer. Son fils finit de manger, puis il le suivit. Victoire ! Le père l’entraîna dehors, sous le soleil. Il le mena jusqu’à un endroit de leur jardin, puis il lui dit de lever la tête.

Le fils lui demanda ce qu’il y avait à voir. Il ne voyait que le soleil. Le père lui répondit que c’était le soleil, justement, qu’il voulait lui montrer. Le soleil était à son zénith. Le fils fronça les sourcils. Le Zénith n’était donc pas une salle de concert ?

Yo-yo (Série lettres 2 : 25/26)

Il n’avait jamais eu l’impression d’avoir eu le moindre contrôle sur ce qu’il se passait dans sa vie. C’était comme si sa vie entière n’était qu’un rêve dont il était seulement spectateur, et non pas acteur. Il avait l’impression de voir sa vie se dérouler sous ses yeux sans pouvoir prendre la moindre décision. Comme s’il était mort et voyait la vie de quelqu’un d’autre. Comme s’il vivait constamment une expérience hors de son corps.

Il ne se droguait pourtant pas et ne buvait jamais. C’était juste une impression qu’il avait très souvent. Trop souvent. Il aurait bien aimé avoir le même point de vie que certaines personnes qui vivaient pleinement leur vie, profitant de l’existence. Mais ce sentiment revenait bien trop souvent pour qu’il puisse l’ignorer.

Cette impression d’être un yoyo que l’on fait bouger mais qui ne peut pas décider pour lui-même d’où il va aller. Il ne savait pas vraiment comment décrire la sensation autrement. Et il ne savait pas non plus comment se débarrasser de ce poids. Il n’avait jamais osé en parler à quiconque. On l’aurait cru fou et il aurait été envoyé chez un psy, puis dans un asile. Mais peut-être avait-il vraiment besoin d’un psy pour résoudre ce problème ? Il voulait être le héro de sa propre histoire, mais quelque chose le bloquait. Les autres vivaient dans leur réalité alors qu’il vivait la sienne de derrière une vitre. Comme s’il regardait un film, comme s’il était le seul personnage non jouable dans un jeu vidéo.

Xyste (Série lettres 2 : 24/26)

(Allée couverte d’un jardin)

Il mit son manteau et sortit. Aujourd’hui, il voulait inspecter son jardin. Il aimait que tout soit bien en ordre à tout moment. S’il y avait une chose qui n’allait pas dans son sens, il déprimait pour la journée. Et il n’était pas comme ça seulement pour la jardin. Sa vie aussi ne devait pas subir la moindre anicroche. Il aimait l’ordre, et il détestait le désordre. C’était aussi simple que ça. Il n’aimait pas non plus ceux qui provoquaient le désordre. Il avait déjà renvoyé plusieurs jardiniers parce que ces derniers n’avaient pas ordonné le jardin comme il voulait. Il s’occupait du jardin lui-même, à présent. Il en avait eu assez de ne pas avoir ce qu’il voulait. Et puis, un dicton disait bien  » on n’est jamais mieux servi que par soi-même », non ? Eh bien c’était véridique. Et il économisait l’argent du salaire d’un jardinier, en le faisant lui-même.

Il sortit donc dans son jardin. Ce qu’il vit en regardant autour de lui paraissait satisfaisant. Mais ce n’était pas dans la vue générale qu’il dénichait les défauts. Il les voyait dans le détail. En s’approchant de chaque massif, de chaque arbre. Et il repérait les imperfections. S’il avait eu une loupe à portée de main, il l’aurait braquée sur les feuilles ou sur les fleurs afin de voir les éventuels trous qui « défigureraient » ses plantes chéries.

Il entra dans la partie principale du jardin. Tout semblait aligné, comme au garde à vous au passage du jardinier. Parfait. Sauf que la nature ne courbait en principe pas l’échine face aux humains. Il avait eu de cuisants échecs par le passé, et il arrivait que cela lui arrivé encore, bien qu’il soit à présent un professionnel de la végétation.

Ce fut vers le fond du jardin qu’il la remarqua. La plante qui allait lui faire perdre son sang froid. C’était un petit nouveau, il l’avait planté moins d’un mois auparavant. Et depuis le début, cet arbuste lui mettait des bâtons dans les roues. Ou plutôt, en l’occurence, des tiges. Il n’arrivait pas à obtenir un jardin parfait avec cet arbuste têtu. Situé juste à côté du xyste qui surplombait l’allée, il refusait de fleurir et perdait ses feuilles aussitôt après qu’elles aient poussé. C’était incompréhensible. Quelle malédiction ! Aujourd’hui, l’arbuste n’allait guère mieux. Il ployait lamentablement. Atterré, il tourna les talons, cessant instantanément son inspection du jardin. Et voilà, il était déprimé pour la journée.

Weekend (Série lettres 2 : 23/26)

C’était le weekend. Et le weekend, en principe, tout était beaucoup plus calme. Sauf peut-être dans les hôtels ou dans les restaurants qui avaient encore beaucoup de clientèle le weekend. La plupart des lieux de travail étaient donc vides. Mais certains autres endroits se remplissaient pendant ces deux jours de pause.

Les parcs attiraient souvent beaucoup de personnes, le weekend. Sauf bien sûr en cas de vent, de pluie ou de grêle. Les gens n’aimaient pas tous aller au parc en compagnie des intempéries. Certains s’y aventuraient quand même, mais ils avaient le dos courbé et ils étaient munis de parapluies qui leur servaient de bouclier.

Dans les parcs, le weekend, quand il faisait beau, les bancs accueillaient beaucoup de personnes. Les familles, bien sûr, surtout quand il s’agissait d’un banc situé à proximité d’une aire de jeu. Dans ce cas, le banc servait surtout aux parents qui restaient à regarder leurs enfants jouer, à leur dire de descendre, que c’était trop dangereux, à lire ou encore à sortir le goûter des enfants d’un des multiples sacs qu’ils avaient sortis de la voiture peu auparavant.

Les bancs pouvaient aussi servir à des personnes âgées qui se retrouvaient pour discuter, se reposant avant leur prochain tour de parc. Les adolescents les utilisaient aussi pour se regrouper en bandes et discuter, se levant parfois pour aller réessayer un des jeux pour enfants auxquels ils avaient joué lorsqu’ils avaient l’âge des enfants qui mangeaient leur goûter sur un autre banc. Ces jeunes tournaient parfois la tête vers les personnes âgées assises sur leur banc un peu plus loin. Seraient-ils comme eux plus tard ?

Vadrouille (Série lettres 2 : 22/26)

Elle avait décidé de faire une pause. De partir un peu pour respirer. Trop de travail allait finir par lui nuire. Elle avait donc loué un petit appartement dans une ville qu’elle ne connaissait absolument pas. Elle n’avait fait aucune recherche avant de s’y rendre car elle n’avait pas eu le temps.

Le jour J, elle avait sauté dans sa voiture. Elle avait failli ne pas partir car elle avait du mal à décrocher de son boulot. Elle avait voulu savoir où en était un dossier en cours et avait failli manquer l’horaire qu’elle s’était fixé pour partir. Si elle partait plus tard, elle serait en retard et la propriétaire ne serait pas là pour lui donner les clefs. Et dans ce cas là, la seule solution serait d’aller dormir dans un hôtel, en espérant qu’ils acceptent des voyageurs de dernière minute, sans réservation. Elle n’avait que ce plan b si jamais elle arrivait trop tard, alors elle espérait aussi que les hôtels n’étaient pas trop miteux, dans cette ville.

Elle était donc partie (presque) à l’heure, et elle avait réussi ( en dépassant quelques limitations de vitesse de temps à autre) à arriver à l’heure chez la logeuse qui lui avait donné les clefs. Donc ce problème n’en était plus un. En principe, en vacances, il n’y avait plus de problèmes. Mais ce n’était peut-être pas le cas de tout le monde, après tout. A peine arrivée dans l’appartement, elle découvrit que les voisins aimaient beaucoup faire la fête. Elle aurait bien donné des coups de balais dans le plafond pour leur dire d’arrêter, mais honnêtement, le plafond n’avait pas l’air très solide, mieux valait ne pas taper dedans. C’était plus prudent.

Épuisée par le bruit fait par ses voisins pendant la nuit, elle se réveilla assez tard et elle décida d’aller se promener. Elle n’avait toujours pas regardé ce qu’il pouvait y avoir à visiter dans cette ville et elle n’avait pas de plan ni de brochure. Elle allait y aller comme une véritable aventurière. Après tout, quelqu’un avait dit que pour mieux visiter, il fallait se perdre. Elle savait qu’elle courait à la catastrophe, mais elle n’alla pas chercher une carte.

Quelques heures plus tard, ce qui devait arriver arriva. Elle s’était perdue. Elle fut obligée de prendre un taxi pour regagner son hôtel. Et ce ne fut pas sans mal car elle avait oublié le nom de l’hôtel et dût le chercher sur la carte de visite qui avait glissé au fond de son sac….

Uniforme (Série lettres 2 : 21/26)

Elle se promenait dans la petite ville où elle avait grandi. Il n’y avait pas grand chose à faire, dans cette ville. Honnêtement, elle ne s’en était pas trop rendu compte avant, n’ayant jamais eu d’éléments de comparaison. Mais maintenant, elle avait fait ses études dans une plus grande ville loin d’ici, et y revenir lui faisait réaliser combien les activités étaient rares, ici.

Elle ne s’était pas non plus rappelé que dans cette petite ville, tout le monde connaissait tout le monde, ce qui était loin d’être le cas dans la grande ville. Très loin. Elle n’avait même jamais connu ses voisins dans l’immeuble où elle avait habité pendant ses études. Pathétique ? Oui, sûrement. Mais surtout, très courant. Car dans cette grande ville, et sûrement dans d’autres grandes villes, les gens couraient partout, se croisant de temps à autre, mais ne prenant jamais le temps de parler à tout le monde.

Peut-être parce qu’il y en avait trop, du monde. Sa petite ville n’avait que peu d’habitants, comparée à la grande ville. Et penser aux habitants lui évoquait une grande famille éparpillée dans la ville. Car tout le monde connaissait vraiment tout sur tout le monde. Il ne fallait pas vouloir garder sa vie privée, ici.

Elle l’avait déjà croisée plusieurs fois, mais elle n’y avait pas fait attention. Cette policière patrouillait souvent dans son pâté de maisons, et elle lui faisait un signe de la main à chaque fois qu’elle voyait sa voiture arriver quand elle de promener. Cette policière faisait partie de la brigade de la petite ville. Ils étaient trois, en tout, dans cette brigade. Mais ils n’avaient pas réellement rien à faire. En réalité, les adolescents les occupaient beaucoup. Ils aimaient beaucoup tagger tous les bâtiments qu’ils trouvaient.

Ce jour-là, elle vit à nouveau la policière. Cette fois-ci, cette dernière lui fit un signe et lui sourit avant même qu’elle ait pu la saluer. En réalité, elle ne l’avait jamais vue patrouiller avant qu’elle soit revenue dans la ville après avoir terminé ses études. Elle ne l’avait pas connue avant. Mais la policière semblait savoir qui elle était. Ah, les petites villes…

Tanne (Série lettres 2 : 20/26)

Elle ne s’était jamais rendu compte à quel point sa meilleure amie était agaçante. Jusqu’à maintenant. En fait, elle devenait insupportable quand elle voulait quelque chose, quand elle voulait convaincre quelqu’un de faire quelque chose ou quand elle voulait qu’on lui achète quelque chose. Là, elle voulait effectivement quelque chose, et elle n’y allait pas de main morte. Si sa meilleure amie n’arrêtait pas tout de suite, elle allait finir par céder. Si elle ne cédait pas, elle allait sans doute essayer de faire l’autruche pour tenter de la faire cesser.

Sa meilleure amie voulait aller dans un parc d’attraction, et elle n’arrêtait pas de la tanner pour qu’elles y aillent. Seulement elle détestait les parcs d’attractions. Et sa meilleure amie les adorait. Pour ce qui était des sensations fortes, elles ne pouvaient pas avoir d’avis plus contraires que ceux-là.

Pour beaucoup de choses, elles étaient d’accord l’une avec l’autre, ce qui expliquait sans doute pourquoi elle n’avait jamais beaucoup vu le côté agaçant de sa meilleure amie auparavant. Elle n’avait jamais eu à être convaincue pour rien, puisqu’elles avaient les mêmes goûts. Sauf pour ça, visiblement.

Au bout de plusieurs heures durant lesquelles sa meilleure amie fut franchement usante, elle finit par céder, regrettant presque aussitôt d’avoir dit oui. Les parcs d’attractions étaient loin d’être son habitat naturel. Elle obtint cependant un sursis en faisant promettre à son amie qu’elle ne serait pas obligée de faire plus de deux attractions à sensations fortes avec elle.

Sanglot (Série lettres 2 : 19/26)

Il s’était détaché du groupe de touristes dont il faisait partie. Et à présent, il le regrettait un peu car il avait vraiment perdu le groupe. Au début, il avait cru qu’ils avaient simplement tourné au coin de la rue, mais maintenant, il en était certain, ils étaient partis beaucoup plus loin, ils l’avaient laissé tout seul. Dans une ville, un pays qu’il ne connaissait pas et dont il ne parlait pas la langue. Super. Il avait toujours le don pour se fourrer dans d’énormes guêpiers.

Il était arrivé sur la plage. Il avait marché un peu au hasard pendant un bon moment. Le destin l’avait donc fait venir sur cette plage. Il n’avait pas du tout su où il allait jusqu’à ce qu’il arrive dans le sable. Cela l’avait d’ailleurs surpris, car il avait été en train de regarder en l’air plutôt que là où il marchait (ce devait-être en partie pour ça qu’on disait toujours aux enfants de regarder où ils mettaient les pieds), et il avait été brusquement sorti de sa rêverie par a descente brutale de niveau.

Le sable s’était enfoncé sous ses pas, et il était tombé. Se relevant, il s’était enfin rendu compte qu’il était sur une plage, et donc au bord de la mer. Bon, c’était plus positif que quand il avait marché dans ces petites rues aux allures de labyrinthe. Il allait pouvoir se repérer grâce à la carte que leur avait donné le guide. Guide qui l’avait d’ailleurs bien abandonné, ne s’étant absolument pas rendu compte qu’il manquait quelqu’un dans le groupe de touristes stupides qui le suivaient comme des moutons de peur de se perdre dans un pays dont ils ne comprenaient pas du tout la langue.

Il marchait tranquillement, la carte à la main, quand soudain, il entendit quelque chose. Un sanglot. Un sanglot étouffé, comme s’il venait d’assez bas sous le sable ou peut-être bien de dans la mer. Mais ces deux suppositions étaient stupides. Tournant la tête vers la mer, il vit une silhouette. S’approchant un peu, curieux de ce qu’il allait voir, il fut extrêmement surpris de voir…une sirène qui s’essuyait les yeux sur un rocher.

Il lui demanda ce qu’il lui arrivait, et une conversation débuta. Ils parlèrent un moment.

Une main lui secoua l’épaule. Il sentit le sable sous ses mains lorsqu’il tenta de se relever. Ouvrant les yeux, il vit le guide qui l’avait oublié. Le groupe était là aussi. Ils avaient l’air contents de l’avoir retrouvé. Il regarda autour de lui, cherchant la sirène des yeux. Il ne vit rien. Avait-il halluciné ? Personne dans le groupe ne le crut quand il raconta ce qu’il avait vu. Ils lui montrèrent une bouteille d’alcool non loin de lui. Avait-il vraiment bu ou était-ce une ruse de la sirène qui ne voulait pas que les sirènes soient découvertes ?

Raccompagner (Série lettres 2 : 18/26)

Il faisait nuit. L’obscurité était telle qu’elle ne voyait pas bien où elle allait. Les réverbères avaient la manie de ne pas bien fonctionner, dans cette petite ville. Elle se serait bien promenée, mais elle n’était pas exactement là pour ça. En fait, elle était allée à une soirée chez une de ses amies, et à présent elle était là, dans le noir et le froid, n’ayant que sa veste en jean pour se tenir chaud. Mais comment était-ce arrivé?

En fait, ses amis avaient bu, et ils l’avaient oubliée. Elle n’arrivait pas à croire qu’ils étaient partis sans elle ! Comment avaient-ils osé ! Elle avait donc décidé de rentrer à pieds. Etant donné la taille de la ville dans laquelle elle habitait, ce n’était pas très loin. Mais elle n’aimait pas beaucoup l’idée de se promener seule dans le noir. Comme beaucoup d’autre femmes, sans doute. Ce n’était pas rassurant du tout. Mais l’alcool qu’elle avait dans le sang l’aidait à avancer.

Tout à coup, elle entendit une voiture arriver sur la route qu’elle était en train de longer. Ses feux l’éclairèrent brièvement, mais le conducteur eut le temps de la voir. La voiture alla se ranger non loin, et une silhouette en descendit. Elle vit la personne s’approcher, terrorisée. Et si c’était un tueur ? Elle était seule, il faisait nuit, elle était une proie extrêmement facile. Une lampe torche l’éclaira soudain, la faisant sursauter. Elle se couvrit les yeux avec ses mains, aveuglée par le faisceau.

Une voix féminine lui promit qu’elle n’était pas une tueuse, qu’elle était là pour l’aider. Elle rouvrit les yeux et écarta ses mains, découvrant une policière qu’elle avait déjà vu patrouiller dans la ville. Cette dernière lui dit qu’il était très responsable de sa part de ne pas vouloir prendre la voiture, mais que marcher seule dans le noir n’était pas non plus une bonne idée. Elle était si soulagée de voir un visage ami, quelqu’un qui voulait l’aider, qu’elle lui fit un câlin. Elle entendit la policière rire. Puis elle fut guidée jusqu’à la voiture, entendant la policière lui dire qu’elle allait la raccompagner chez elle. Une fois dans la voiture, la policière lui donna son numéro « pour si jamais elle avait encore l’idée de rentrer seule dans le noir ». Puis elle la déposa devant sa porte, s’assurant bien qu’elle rentrait dans la maison avant de repartir.

Qualificatif (Série lettres 2 : 17/26)

Il s’entraînait pour cette compétition depuis plusieurs mois. Il était confiant. Il allait y arriver. Mais parfois, il avait des doutes. L’entraînement suffisait à le rassurer la plupart du temps, mais il arrivait qu’il se demande s’il allait être à la hauteur. Après tout, ses adversaires ce jour-là pouvaient être plus doués que lui, et il pouvait se faire éliminer très vite, ce qu’il ne voulait absolument pas. Il voulait vraiment entrer dans cette équipe.

Ces qualificatifs étaient très importants pour avoir une place dans l’équipe qu’il voulait intégrer. Son niveau était sa première source de questionnements. Ensuite venait l’équipe elle-même. En admettant qu’il réussisse les qualificatifs, il fallait ensuite se faire une place dans l’équipe, s’entendre avec les membres de ladite équipe. Il ne s’agissait pas seulement de se faire sélectionner. Le talent ne faisait pas tout.

L’esprit d’équipe jouait beaucoup dans la réussite, et il le savait. La cohésion du groupe était importante. Il se demandait donc s’il allait réussir à s’entendre avec ses coéquipiers, si tout allait bien se passer. Mais il ne fallait pas mettre la charrue avant les boeufs. Il fallait d’abord qu’il réussisse à se faire remarquer par l’entraîneur lors des qualificatifs. Et ce n’était pas encore fait.

Le jour des qualificatifs, il y alla sereinement. Il avait réfléchi à tout ça et avait réussi à dédramatiser. Il y alla donc en ayant confiance en lui. Il fut retenu dans l’équipe. Son entraînement avait payé !