Prince (Série lettres :16/26)

Etre un prince avait plusieurs définitions.

La première : être un fils de roi, quelqu’un ayant un sang noble, pouvoir éventuellement devenir roi. Ce prince-là pouvait être réel ou fictif, réel étant ceux des royaumes des différents pays, fictif étant les princes des histoires que l’on lisait aux enfants pour qu’ils s’endorment le soir. Mais ces deux types de princes n’avaient pas forcément grand rapport l’un avec l’autre, du moins cela dépendant des opinions des gens. Mais le prince fictif n’avait qu’une fonction, celle de sauver la princesse. Et ensuite, il se mariait avec elle et devenait ensuite roi. Le prince réel n’avait pas pour fonction de sauver des princesses ou d’apparaître au bon moment sur son cheval blanc, l’épée à la main. Ou peut-être était-il comme ça par le passé. Au temps des chevaliers. Mais les princes réels actuels n’avaient pas ces fonctions-là. Ils étaient moins des héros que ceux dans les récits. Ils pouvaient l’être, bien sûr, mais ce n’était pas systématique comme c’était le cas dans les histoires, sauvant chaque fois une princesse.

La deuxième : Un prince pouvait être une personne qui excellait dans un domaine, par exemple ce pouvait être un « prince de la mode », ou de bien d’autres choses.

Peut-être existait-il d’autres définitions du mot prince, mais celles-ci suffisaient pour le moment.

Oubli (Série lettres : 15/26)

Je me réveillai. Je ne savais pas où j’étais. Il faisait sombre et j’avais un peu froid. Il y avait une odeur de renfermé. J’étais dans une pièce, mais je ne pouvais pas en distinguer clairement ni les murs ni les meubles à cause de l’obscurité. Mes yeux allaient sans doute s’habituer à la noirceur, alors je décidai d’attendre un peu pour savoir à quoi ressemblait la pièce où je me trouvais.

Je rampai un peu jusqu’à ce que je rencontre une surface dure. Un mur. Je n’étais donc pas au milieu de la pièce ? Je ne me rappelais de rien. Comment étais-je arrivé là ? Quel était mon nom ? Pourquoi avais-je oublié toute ma vie ?

Je me cognai contre le mur car tout en réfléchissant, j’avais continué à avancer sans m’en rendre compte. Je m’endormis à nouveau, épuisé d’avoir fait ce très court trajet entre ma position initiale et le mur.

…Je me réveillai à nouveau. Je n’étais pas au même endroit, visiblement. C’était éclairé, mais tout était flou. J’avais besoin de lunettes, apparemment. Dans le noir, je n’avais pas remarqué que ma vision était mauvaise, mais dans cette pièce éclairée, cela devint vite gênant. Je devinai que j’étais allongé sur un lit, et qu’il s’agissait d’une chambre individuelle, probablement une chambre d’hôpital.

Je ne me rappelais pas plus de mon identité, ni de ce qu’il m’était arrivé. Je me mis à fixer le plafond, du moins ce que j’en voyais tout en réfléchissant. Je me sentais perdu. Je ne savais rien sur moi ni sur ce qu’il s’était passé, et en plus j’étais fortement désorienté par ma mauvaise vision. J’essayai de voir les meubles distinctement, mais mes yeux ne me renvoyaient que des formes floues et surtout informes. Les couleurs y étaient, mais rien n’était net. J’abandonnai, refermant les yeux et me rendormant.

Après ce qui me parut être cinq secondes mais qui fut en fait beaucoup plus long, quelqu’un entra dans la pièce, me réveillant en sursaut. A en juger par son habit blanc (hélas pas très net pour moi), c’était un médecin. Il m’expliqua que j’avais été victime d’un accident de voiture en pleine nuit et que le conducteur avait pris la fuite. Mes lunettes avaient été cassées pendant l’accident. Je m’étais réveillé plusieurs fois, et je m’étais déplacé, on m’avait retrouvé dans une cave où je m’étais réfugié.

Je m’étais cogné la tête, ce qui expliquait l’amnésie. Il ajouta qu’il ne savait pas bien quand mes souvenirs reviendraient. Le cerveau était encore compliqué à comprendre. Mais cela allait revenir. Il faudrait cependant du temps.

Nourrisson (Série lettres : 14/26)

Il regarda autour de lui. Personne à l’horizon. Pas même un animal. Il était vraiment seul. Il regarda une deuxième fois en faisant un tour sur lui-même, pour s’assurer qu’il ne s’était pas trompé. Il s’apprêtait quand même à faire quelque chose de plutôt répréhensible. Du moins là où il était. Il avait mal agi, il le savait, mais c’était l’instinct de survie. Il en avait un, et il n’y pouvait rien.

Il sortit de sa poche l’objet du délit. Une bouteille d’eau tout à fait normale, aux trois quarts remplie. Il l’examina brièvement, puis il se mit à boire goulûment. Il était conscient que s’il se faisait prendre avec, que ce soit par la personne à qui il venait de la voler ou quiconque qui passait par là, il aurait des problèmes. Il allait forcément la perdre, et il ne voulait pas ça. Il en avait vraiment besoin. L’eau était une denrée rare, à présent.

La Terre s’était totalement asséchée à cause du réchauffement climatique (selon les scientifiques). Il n’y avait pratiquement plus d’eau sur la planète et tout le monde en cherchait pour pouvoir survivre. Car les êtres humains avaient toujours besoin d’eau, même si le monde avait beaucoup changé. Ils n’avaient malheureusement pas fait comme toutes ces espèces qui avaient évolué à cause d’un facteur particulier à un moment donné.

A peine avait-il commencé à boire qu’il entendit un bruit. Un cri. Il s’interrompit, s’attendant à voir arriver un groupe entier voulant lui prendre sa bouteille d’eau à demi remplie. Mais personne ne vint. Il haussa les épaules. Il avait dû se tromper.

Alors qu’il allait recommencer à boire, le cri se fit de nouveau entendre. Il était plus distinct, cette fois-ci. Il se retourna, fit quelques pas et s’arrêta net, n’en croyant pas ses yeux. Là, dans le sable, tout seul et visiblement en détresse, se trouvait un bébé ! Il avait l’air tout petit, d’ailleurs, ce devait-être un nourrisson. Mais peut-être était-il si mal nourri que sa taille ne reflétait même plus son âge.

Il se demanda quoi faire. Il ne pouvait pas le laisser là, tout seul. Il allait mourir. Il hésitait car il savait déjà à peine se nourrir et s’hydrater, alors avec une personne de plus, qui en plus n’allait pas lui être d’une grande aide… Il décida de le prendre avec lui. Il allait courir jusqu’au refuge le plus proche pour mettre cet enfant à l’abri.

Il le prit donc dans ses bras et le fit boire doucement. Puis il se rendit dans un refuge auquel il arriva plusieurs heures plus tard, épuisé. Il y déposa le bébé, but et mangea un peu, puis il repartit. Il fallait qu’il trouve un nouvel abri pour la nuit suivante, continuant ainsi son voyage.

Militant (Série lettres : 13/26)

Elle avait longtemps cherché comment faire. Comment attirer l’attention des gens, comment la garder, surtout. Car il arrivait que les gens s’y intéressent, mais qu’ils s’en détournent par la suite, car les humains étaient contradictoires. Leurs habitudes de vie n’allaient pas avec leurs envies de faire de bonnes actions pour le futur. Elle avait donc cherché un moment afin de trouver un moyen pour que les gens qui s’intéressaient au sujet restent dans la cause. Que ce ne soit pas seulement un intérêt passager qui pâlissait au fil des mois. Non, au fil des jours ! C’étaient des résolutions jamais mises en pratiques, des promesses en l’air, des mensonges. Elle, elle y croyait vraiment.

Elle avait donc trouvé une idée. Elle ne savait pas si elle allait réellement être efficace, mais elle pouvait toujours essayer. Elle n’avait rien à perdre, tout à gagner. Elle allait faire du théâtre de rue ! Les gens s’arrêteraient, regarderaient le spectacle, filmeraient, partageraient sur les réseaux sociaux, commenteraient, en parleraient, et sa cause allait être vue et entendue, simplement grâce au bouche à oreille du 21ème siècle.

Elle eut soudain beaucoup d’idées ! Elle voulait faire des manifestations, des marches silencieuses avec des pancartes, des grèves….Les idées affluaient. Mais elle voulait d’abord mettre en place son idée de théâtre de plein air. Voyons, de quoi avait-elle besoin ? D’acteurs, de costumes, de décors…Non, pas de décors, la rue s’en chargerait. Les acteurs étaient tout trouvés, elle avait un groupe d’amis qui partageaient son intérêt pour la cause. Ils savaient que le futur était en jeu.

Il faudrait des aides pour les costumes, par contre. Peut-être y aurait-il des bénévoles ? Oh, et pour faire du théâtre de rue, il fallait surtout une histoire. Un script. Elle se chargerait de l’écrire. Tout irait bien. Les passants allaient être intéressés. Peut-être qu’il n’y aurait pas besoin d’une manifestation, en fait.

Lourd (Série lettres : 12/26)

Certains n’étaient pas là. Le bureau était désert. Les fenêtres étaient ouvertes, mais l’effet produit était quasiment inexistant. Il faisait toujours aussi chaud, et personne ne pouvait rien y faire. Les ventilateurs ne faisaient que brasser de l’air chaud, ledit air chaud entrant perpétuellement par cette fenêtre ouverte censée aérer la pièce. La chaleur était écrasante, lourde, même. Ceux qui étaient là ruisselaient comme les chutes du Niagara.

Dans la rue, les rares passants qui étaient sous le soleil brûlant se hâtaient pour rejoindre leur maison, pour être enfin au frais. Ils n’étaient sortis que pour quelque chose de vraiment nécessaire. Ils auraient bien aimé rester à l’intérieur, mais cette chose (bien souvent des courses à faire) les avait poussés à aller dehors sous le soleil tapant. A part ces rares personnes qui longeaient les murs, tentant de se mettre à l’ombre, ombre qui se faisait rare elle-aussi, personne d’autre n’était dehors. Les rues étaient désertes. On aurait dit une ville fantôme. La chaleur avait pris le pouvoir.

Tous se terraient chez eux. Dans les caves, partout où il pouvait y avoir au moins un peu de fraîcheur. Les gens se battaient pour une bouteille d’eau ou pour une boisson fraîche (sachant pertinemment qu’il ne fallait pas boire une boisson glacée alors qu’il faisait chaud et qu’on avait soif, sous peine d’avoir un magnifique mal de gorge très prochainement). Chacun avait trouvé une façon plus ou moins ingénieuse de se ventiler, que ce soit avec un ventilateur ou bien avec un journal, un livre, tout ce qui pouvait tomber sous la main et soulager la personne de cette chaleur lourde et perpétuelle.

Dans les magasins, ce que les gens cherchaient, ce n’étaient pas forcément à acheter, mais plutôt la fraîcheur. A vrai dire, ils étaient plus là pour avoir quelques heures d’agréable fraîcheur dans les rayons frais que pour acheter des broccolis.

Bref, toute la ville ruisselait, (plus au sens propre qu’au sens figuré) et personne n’était vraiment à l’abri de la chaleur qui rattrapait tout le monde, parfois même quand on était à l’ombre. Personne ne savait vraiment combien il faisait, mais les 40 °C avaient dû être passés.

Kiwi (Série lettres : 11/26)

Il arriva soudain en criant. Il courait. Visiblement, il avait vu quelque chose qui lui avait fait peur. Il vint se réfugier dans les bras de sa mère en sanglotant. La mère s’efforça de le consoler. A quatre ans, le petit garçon ne connaissait pas encore le monde, et beaucoup de choses lui faisaient encore peur.

Elle attendit qu’il se calme, puis elle lui demanda ce qu’il avait vu. Il mit un peu de temps avant de cesser de pleurer. Puis il expliqua qu’il était tombé nez à nez avec un immense oiseau effrayant. Il était sorti de nul part, épouvantant l’enfant qui avait aussitôt fui. Au moins, il avait l’instinct de survie.

La mère le prit par la main, voulant voir de quel oiseau il s’agissait et pour rassurer son fils. L’animal n’était sûrement pas dangereux. Ils étaient dans un parc animalier où certains des animaux pouvaient aller et venir à leur guise sur les sentiers visiteurs. L’oiseau ne devait donc pas être un danger pour les humains.

Elle finir par entrapercevoir un kiwi, un de ces petits oiseaux timides et pas méchants du tout. Ces oiseaux étaient en général plutôt des noctambules et ils n’étaient vraiment pas connus comme étant des animaux dangereux. Il avait dû faire peur au garçonnet car il avait un aspect étonnant pour qui n’en avait jamais vu.

Elle rassura donc son fils en lui racontant que le kiwi avait eu sûrement plus peur que lui, car l’oiseau était très timide. En plus, de jour, il n’y voyait pas aussi bien que de nuit. Le petit garçon avait dû le surprendre, et il était sorti pour voir l’origine du bruit qui l’avait réveillé.

L’enfant retrouva le sourire, voulant même une peluche de kiwi lorsqu’ils arrivèrent à la boutique du parc protégé. Il déclara que le kiwi était son animal préféré, maintenant. Il avait dédramatisé la première rencontre avec l’oiseau.

Joker (Série lettres : 10/26)

Il en faisait le tour depuis si longtemps qu’il avait oublié quand il avait commencé à le faire. C’était à ce point-là. Il tournait dans un espace tellement petit qu’il tournait pratiquement sur lui-même. Il voyait toujours les mêmes choses, mais ce n’était pas le plus triste dans cette histoire. Il oubliait ce qu’il avait vu quelques secondes après l’avoir vu. Alors il avait constamment l’impression de découvrir de nouvelles choses. C’était peut-être bien ce qui était le plus pathétique.

Il savait qu’il habitait chez un humain qui s’occupait de lui en lui donnant à manger et en changeant son eau. Mais sinon, sa vie se résumait à ça : tourner à l’infini dans un espace plutôt réduit, sans jamais se rappeler qu’il était déjà passé par là la veille, l’avant-veille, et aussi quelques secondes auparavant. Quelle vie !

Mais il arrivait qu’il se passe des choses qui différaient de sa routine interminable. L’humain avait d’autres animaux que lui, et il lui arrivait de faire des rencontres plus ou moins sympathiques avec ces autres animaux. Par exemple, il avait échappé à la mort de justesse quelques jours auparavant. Pour lui qui n’avait aucune notion du temps, ce n’était pas un souvenir qui était resté dans sa mémoire, et il ne se rappelait pas non plus du jour au cours duquel ces horribles évènements s’étaient produits.

Ce jour-là, donc, il était en train de tourner à l’infini comme à son habitude, quand soudain, un énorme visage effrayant était apparu devant lui. Il était tout déformé par la vitre, ce qui le rendait encore plus affreux. Mais il n’eut pas peur. La forme derrière la vitre s’approcha encore, et soudain, quelque chose entra en contact avec l’eau. Curieux, il alla voir, interrompant ses cercles infinis. Il alla heurter la forme étrange, amusé d’avoir un visiteur.

Croyant s’être fait un ami, il resta près de la forme inconnue. Mais il prit peur quand quelque chose de long entra soudain dans l’eau, manquant de le frapper. Il alla se terrer au fond de l’eau, très surpris par la trahison de la forme qui lui avait pourtant semblé amicale.

L’humain avait vu que le chat allait lui faire du mal et il l’avait attrapé avant qu’il puisse recommencer à essayer de frapper le poisson de sa patte. Le poisson avait eu un joker inattendu alors que son destin avait semblé scellé.

Insecte (Série lettres : 9/26)

Sa passion pour les insectes remontait à assez longtemps. Elle ne se rappelait même pas du moment où elle avait commencé à s’y intéresser. Etait-ce seulement un moment ? C’était probablement un ensemble de moments qui avaient mené à ce qu’elle aime ces petites bestioles, toutes autant qu’elles étaient, utiles à la nature comme elles l’étaient. Elle les aimait toutes, sans exception. Les gens qu’elle fréquentait détestaient généralement les insectes et la trouvaient étrange car elle les adorait. Il n’y avait rien de mal à les apprécier ! Ils ne pouvaient pas comprendre la joie qu’elle éprouvait en les étudiant et en les aidant parfois à se réimplanter quelque part dans le cas des espèces en voie de disparition.

Elle avait un insecte préféré. La coccinelle. Elle connaissait tout ce qu’il y avait à savoir sur ce petit animal. Sur toutes les sortes de coccinelles. Mais surtout sur la rouge. Sa porte-bonheur. Chaque fois qu’elle en voyait une, cela lui remontait le moral. Elle était plutôt introvertie, ne passant du temps qu’avec des insectes. Son entourage le lui reprochait bien assez. Ses amies fuyaient les insectes, et donc elles ne passaient pas souvent du temps avec elle. Et les autres la trouvaient bizarre. Elle était un peu une marginale partout où elle allait. Sauf bien sûr dans les salons sur les insectes où elle pouvait rencontrer d’autres passionnés.

Mais ces passionnés, ils ne faisaient que passer dans sa vie. Ils ne restaient jamais. Elle n’avait jamais réussi à accrocher suffisamment avec eux pour qu’ils fassent autre chose que se croiser. C’était triste, mais vrai.

Un jour, alors qu’elle se promenait en pleine nature comme elle en avait l’habitude, elle vit quelqu’un, là, dans l’herbe. Une silhouette solitaire assise dans l’herbe. Quelqu’un comme elle. Elle s’approcha. La personne se retourna. Ses longs cheveux s’agitaient au gré du vent. Elle tenait un insecte dans sa main. Une coccinelle. Elles se sourirent. Etait-ce le début d’un nouveau chapitre ?

Habit (Série lettres : 8/26)

Elle se regardait dans le miroir. La moindre ride lui sautait toujours aux yeux. Elle s’empressait ensuite de la recouvrir de maquillage. Elle n’était pas vieille, pourtant. Et elle le savait. Mais ce monde le lui faisait oublier ce fait. Dans ce monde, tous les petits défauts se voyaient comme le nez au milieu de la figure.

Soudain, quelqu’un frappa à la porte. Elle se retourna et demanda qui avait frappé. C’était quelqu’un qui venait lui dire qu’elle allait aller sur scène dans quelques minutes. Elle soupira, lui disant qu’elle arrivait. La personne repartit. Elle se leva de sa chaise, appliquant encore un peu de maquillage. Elle jeta ensuite un dernier coup d’oeil à son reflet, le trouvant horrible, comme à son habitude. Elle soupira à nouveau, sortant de sa loge.

Une fois sur scène, là, dehors, elle allait se parer d’un habit qui habituellement n’était pas le sien. Un rôle avec lequel elle pouvait s’évader le temps d’une représentation.

Gencives (Série lettres : 7/26)

Il était une fois un fermier qui avait des champs à foison. Il n’arrêtait pas d’agrandir sa propriété car les récoltes étaient toujours bonnes. Il avait hérité de la ferme à la mort de ses parents et depuis, l’exploitation agricole avait prospéré. Il avait embauché plus de main-d’œuvre, acheté les propriétés de plusieurs de ses voisins et possédait actuellement un nombre impressionnant de tracteurs et machines agricoles pour s’occuper des champs. Il avait réussi dans la vie.

Mais un jour, alors qu’il faisait le tour de son immense propriété, une gigantesque explosion parut avaler tous ses précieux champs, les recrachant aussitôt. Mais les dommages étaient irréparables. Toute sa propriété, tous ses champs, toutes les plantes dessus, tout était parti en cendres en moins d’une minute. Le riche fermier, ex propriétaire d’un business fructueux ( même les engins agricoles avaient brûlé et étaient inutilisables, invendables. ) tomba à genoux devant une telle catastrophe. Son oeuvre de vie ! Sa vie entière ! Tout était détruit ! Comment payer les employés, comment rembourser les quelques machines pour lesquelles il avait emprunté de l’argent, pensant à ce moment là que la récolte allait renflouer les caisses suffisamment pour amortir ce coût. Ces machines là aussi étaient parties en fumée. Comme tout ce qu’il possédait. Seule sa maison était restée plus ou moins intacte. Ses ouvriers avaient été blessés grièvement, ayant été en train de travailler dans les champs au moment de la catastrophe. Ils voulutent demander réparation. Mais le fermier ne pouvait pas tout payer. Et puis l’assurance ne voulut rien entendre, car officiellement, aucune manifestation météorologue n’avait causé ça. Les circonstances n’étaient pas claires.

Quelque part dans le ciel, quelqu’un d’une autre planète se faisait gronder. C’était Giaof, un petit alien qui avait emprunté la soucoupe de son père pour aller faire un tour sur Terre et qui l’avait ramenée cabossée et ayant un problème de moteur. Quand le père lui demanda s’il avait causé des problèmes sur Terre, Giaof détourna les yeux. Son père finit par lui faire dure qu’il avait volé trop près de la surface, ayant brûlé « quelques champs » au passage. Il avait cabossé la soucoupe en voulant partir au plus vite après avoir causé cette catastrophe. Le père fut encore plus en colère en entendant ça. Non seulement son fils avait conduit sans permis, mais il avait aussi dégradé la Terre !

Le père voulut aussitôt se rendre sur Terre pour parler au fermier concerné. Le fermier ne les crut pas quand ils déclarèrent venir d’une autre planète et en plus il les jeta dehors quand ils ne voulurent pas le rembourser. Le père de Giaof fut outré par son comportement. Il décida de le kidnapper pour lui implanter une puce d’oubli dans les gencives. L’humain oublia alors tout ce qui était arrivé. Il ne fut jamais remboursé ni par les aliens responsables, ni par l’assurance. De toute manière, l’assurance ne l’aurait jamais cru si il avait dit la vérité. Il dût vendre sa maison et fut criblé de dettes pour le restant de ses jours.