Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°8 (2e édition) Histoire dans un aéroport sans écrire certains mots

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

8) Ecrire une histoire qui prend scène dans un aéroport sans écrire les mots avion, vacances, vol, hôtesse

Il était trop tôt. Bien trop tôt. Elle était encore beaucoup trop endormie pour ça. Mais pourquoi était-elle là ? Ses yeux n’arrivaient même pas à s’ouvrir. Le soleil ne devait pas être levé à cette heure-ci. Impossible. Elle était formelle. Elle ne savait même pas comment elle avait fait pour arriver jusque là avec son sac. Ni même comment elle avait pensé à prendre son sac avant de quitter la maison. Elle n’avait pas envie d’être là, mais elle était obligée. Elle avait un meeting à l’étranger, elle devait remplacer son chef qui avait un empêchement.

Le bruit ambiant était en train de lui provoquer une migraine qui envahissait petit à petit son cerveau déjà fatigué par l’heure matinale. Un enfant pleurait, une mère essayait de le faire taire, mais rien ne marchait. Ses maux de tête n’allaient certainement pas partir, avec tout ce ramdam ! Les gens parlaient entre eux, ce qui, s’ils avaient été trois ou quatre, aurait été un tout petit bruit, mais ce qui dans cette situation où une centaine de personnes attendaient au même endroit, provoquait bien plus de bruit que ce qu’elle pouvait supporter, surtout à cette heure et en ayant un cerveau déjà traumatisé alors que la journée n’avait pas commencé.

Oui, car à cette heure-ci, la journée n’avait pas débuté selon elle. C’était encore la nuit. C’était inhumain, de faire venir les gens à cette heure, pratiquement à l’aube ! Les bruits émis par les êtres humains frais et dispos à côté d’elle étaient amplifiés par la salle dans laquelle ils se trouvaient. Le plafond devait être un peu trop haut. De temps à autre, des annonces étaient faites. Des informations cruciales qu’elle se forçait à écouter pour ne pas rater quelque chose et ainsi éviter de stresser plus tard.

Elle entendait en continu le bruit des décollages. Elle aurait bien acheté un journal au kiosque pour le trajet, mais elle n’avait pas la force de se lever, du moins pas maintenant. Elle se lèverait quand ce serait nécessaire. Pas avant. Elle regarda les gens aller et venir, histoire de faire quelque chose pour tromper son ennui.

…Elle ouvrit soudain les yeux. Oh non, elle s’était endormie ! Se redressant, elle regarda autour d’elle, constatant que les bancs s’étaient beaucoup vidés, et que de nouvelles personnes se trouvaient à présent à côté d’elle. Paniquée, elle courut au bureau d’informations, et ce qui lui fut révélé la fit courir dans le bâtiment, courir plus vite que jamais, arrivant juste à temps pour donner son billet et enfin quitter ce fichu bâtiment pour embarquer.

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Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°7 (2e édition) Histoire inspirée d’une chanson

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

7) Ecrire une histoire inspirée de la première chanson que vous entendrez à la radio

Chanson : Si on disait, M. Pokora

Un appel sans réponse. Un silence pesant à la place de la voix enjouée qui avait autrefois animé l’appartement. Un vide écrasant. Et puis tout à coup, la réconciliation. La joie qui revenait dans leur vie. Ils avaient déjà vécu cela plusieurs fois, et tout recommençait à chaque fois. Mais cette fois-ci, ils se séparaient vraiment. C’était pour de bon.

Leur relation avait été une boucle sans fin. Heureusement, ils avaient fini par s’en rendre compte. Ils avaient constaté qu’ils se faisaient du mal l’un à l’autre. L’être aimé était toujours là, mais ils s’étaient tous deux éloignés sans vraiment s’en rendre compte. Leur relation existait toujours, mais elle était plus faible, presque inexistante. Ils s’accrochaient encore vaguement à un espoir, à quelque chose qui n’était plus là. Ils n’habitaient plus ensemble depuis un moment, mais ils se voyaient parfois, aussi perdus l’un que l’autre. Ils faisaient n’importe quoi, voilà ce qu’ils faisaient.

Ils voulaient que tout soit comme avant. Mais rien n’était comme avant.

Ils avaient déjà essayé de recommencer, plusieurs fois, même, mais rien n’avait marché. Ils étaient coincés dans cette sorte de boucle infernale, ne se rendant pas compte qu’ils avaient déjà parcouru tout le chemin possible, qu’essayer d’aller plus loin ne les rendrait pas heureux. Ils y croyaient toujours, ne voyant pas que leurs efforts étaient futiles. Leur temps avait passé. Leurs multiples disputes résonnaient encore dans l’appartement.

A présent, ils s’étaient libérés de leur cycle sans fin. Il ne restait plus rien, juste les souvenirs heureux. Le passé. Le futur serait bientôt là, plein de surprises. Mais ce futur se ferait loin de l’autre. Ils avaient appris à communiquer, à s’avouer qu’il valait mieux que leurs chemins se séparent.

(Je crois que je me suis un peu écartée de la chanson)

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Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°6 (2e édition) Histoire d’horreur en 15 mots

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

6) Ecrire une histoire d’horreur en 15 mots

Bon, ça n’a pas été facile, et j’ai écrit je ne sais combien de phrases avant d’en trouver une qui selon moi, pourrait ressembler à ce que doit être une mini fiction. Je vous mets aussi mes autres essais.

  • Quand elle vit la silhouette derrière elle sur l’écran de l’appel vidéo, c’était trop tard.

Mes autres essais :

  • Sur la photo : sa chambre, et un monstrueux visage collé contre la vitre derrière elle….
  • Lumière clignotante, pas lourds, odeur atroce, une chose était sûre : elle n’était pas seule ici.
  • Tête tournée, ses yeux fixes posés sur lui : cette poupée ne le lâcherait plus jamais.
  • Marchant seule dans la rue, elle ne vit pas l’ombre aux yeux rouges qui l’observait…

Honnêtement, j’en ai rayé tellement, que je ne sais plus trop ce qui est correct ou non.

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Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°5 (2e édition) Writing prompt

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5) Writing prompt : Vous recevez une lettre anonyme vous indiquant que dans trois jours vous mourrez

Ce matin-là, tout était normal. Du moins en apparence. Tout avait commencé comme un matin comme les autres. Je m’étais préparée pour aller au travail, j’avais mangé, et je m’apprêtais à partir, quand soudain, je décidai d’aller voir ma boîte aux lettres. Je n’allais en principe jamais voir ma boîte aux lettres, oubliant trop souvent que j’en avais une, m’en rappelant seulement quand j’avais quelque chose à attendre. La plupart du temps, les lettres s’entassaient donc dans ma boîte aux lettres, et je les en sortais beaucoup plus tard, quand quelqu’un (ma mère, mon frère, un ami, cela dépendait de qui était présent à la maison) me rappelait qu’il fallait rentrer le courrier. Je n’allais donc pas souvent voir ma boîte aux lettres. Et ce matin-là, comme si j’avais eu un sixième sens, j’y étais allée. Bizarre, non ? Je n’aurais sans doute jamais vu cette lettre sans ça.

J’allai donc à ma boîte aux lettres, prenant la pile de lettres qui s’y morfondaient déjà (je n’y étais pas allée depuis une semaine au moins). En entrant à nouveau dans la maison, je posai les lettres sur la table. Je les passai en revue, en cherchant une qui ne serait pas une facture, histoire de trouver quelque chose d’interessant pour bien commencer la journée. Une enveloppe attira mon attention. Je la pris, l’ouvrant aussitôt. Là encore, sixième sens ? Eh bien peut-être, après tout. Car ce n’était pas tous les jours qu’on pouvait recevoir ce genre de lettres. Choquée par ce qu’elle contenait, je me figeai, interdite. La feuille me glissa des doigts. Là, bien au centre de la feuille, une phrase était écrite en gros caractères : « TU MOURRAS DANS TROIS JOURS ». Et c’était tout. Ce n’était même pas une menace, c’était formulé comme si c’était un fait. Dans trois jours, apparemment, je mourrais. Je ne ramassai même pas la lettre, trop perturbée par ce que je venais d’y lire. Marchant comme un robot pas huilé, je me laissai tomber sur le canapé, soudainement épuisée, comme si je venais de rentrer d’une journée de travail harassante. La mystérieuse lettre m’avait vidée de toute énergie. Ce pouvait être l’oeuvre d’un plaisantin, mais ce pouvait aussi être une sorte de menace déguisée.

J’appelai mon frère pour lui raconter ma mésaventure, lui envoyant aussi une photo de ladite lettre, étant revenue dans la pièce où je l’avais laissée, voulant vérifier que j’avais bien lu. Il se mit à rire. Il me dit de ne pas m’inquiéter, qu’il avait déjà reçu des lettres comme celle-là, et qu’il ne lui était jamais rien arrivé. C’était peut-être une pub pour un futur livre ? Eh bien, si c’était ça, les écrivains avaient une drôle de manière de faire de la publicité. Je n’étais pas très convaincue par ce qu’il me disait, mais cet appel m’avait calmée. Je pus rationaliser. Ce n’était sans doute qu’un plaisantin. Rassérénée, je partis au travail sans plus y penser, jetant la lettre à la poubelle après l’avoir déchirée en petits morceaux.

Je n’y repensai que le lendemain matin, quand je reçus une nouvelle lettre. Même genre d’enveloppe que la fois précédente, et même présentation. Mais les mots étaient légèrement différents. A nouveau, je pris peur. Mon frère m’avait rappelé d’aller voir mon courrier la veille au soir, et pour une fois, j’avais obéi. Pourquoi ? Mystère. En tout cas, je n’y étais pas allée pour rien. Car à présent, la personne m’indiquait l’heure de ma mort. « TU MOURRAS DANS DEUX JOURS À 20H ». Je me forçai à me calmer. La personne avait réutilisé presque le même texte que la dernière fois, sauf que cette fois-ci, une heure précise était indiquée. Et bien sûr, l’échéance s’était rapprochée. Le sentiment de malaise de la veille revint. J’envoyai une photo à mon frère qui, à nouveau, sembla simplement trouver ça drôle.

Je ne compris que quand la dernière lettre arriva. Cette fois-ci, le morceau de papier ne comportait qu’une adresse. C’était du même expéditeur, car les enveloppes étaient les mêmes et la même police de caractère était employée. L’adresse me fit tout comprendre. J’avais oublié ! C’était en fait l’adresse de mon meilleur ami, à qui j’avais promis de venir jouer aux jeux vidéos le lendemain à 20 h. Comme j’avais tendance à oublier de venir, un peu comme j’oubliais le courrier dans la boîte aux lettres, il avait une fois plaisanté que la prochaine fois, il allait m’envoyer des lettres anonymes pour me le rappeler, ce serait sans doute plus efficace que les messages que je n’ouvrais jamais. J’oubliais souvent mon téléphone dans ma voiture, et puis j’aimais ma tranquillité. Je n’avais pas pensé une seconde qu’il le ferait vraiment ! Et mon frère devait être dans le coup, maintenant que j’y pensais. Il avait tendance à être plutôt protecteur, alors s’il n’avait pas appelé la police, c’était sans doute parce qu’il le savait ! Oh, ils allaient entendre parler du pays, ces deux là ! Et j’allais anéantir mon meilleur ami lors de notre partie sur notre jeu vidéo de combats préféré, ce n’était même pas une question. Le message aurait donc dû être « Tu gagneras dans trois jours à 20h ». Il se ferait bien évidemment éliminer, surtout après que j’aie découvert le pot aux roses.

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Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°4 (2e édition) Thème : Hamburger

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

4) Thème : Hamburger

Il était sur une table. Tout seul. La personne qui allait le manger était partie aux toilettes peu après que le serveur lui ait porté son plat. Les autres clients discutaient, riaient, mangeaient. Ils ne se préoccupaient pas de ce qui se passait autour d’eux. Cela ne les intéressait pas particulièrement. Ils avaient leurs compagnons de table, ils n’avaient pas remarqué les autres tablées. Ils mangeaient gaiement, appréciant leur repas. C’était la journée spéciale où le restaurant proposait des hamburgers alors beaucoup de personnes étaient venues dans le but d’en manger un. C’était une petite ville où quasiment aucun restaurant ne proposait ce plat.

Donc quand un restaurant le mettait sur sa carte, tout le monde se ruait dedans. Ce jour-là, il y avait foule. Le bruit avait couru que l’on pouvait manger des hamburgers, et donc le restaurant était complet. Il y avait une file d’attente jusqu’au bout de la rue. En cuisine, les hamburgers commençaient déjà à manquer. Ils n’avaient jamais eu une affluence pareille. Ils n’étaient pas prêts pour autant de monde. Ils avaient sous estimé l’envie de manger des hamburgers dans cette ville.

Un des clients était donc parti aux toilettes, laissant innocemment son hamburger sur sa table, sans surveillance. Il s’attendait sans doute à le retrouver en revenant. Et cela aurait peut-être été le cas s’il n’avait pas été seul à sa table. Mais là, en plus dans un contexte où le restaurant était surbooké, où les autres mangeurs ne faisaient pas particulièrement attention à ce qui se passait autour d’eux, et où tout le monde voulait manger un hamburger, le hamburger n’eut aucune chance. Lorsque le client revint, il trouva son plat vide. Furieux, il regarda autour de lui. Avec autant de monde, il aurait été difficile de dire qui avait commis ce méfait. Le voleur était sûrement déjà loin. Le client commanda à nouveau un hamburger. Cette fois-ci, il ferait plus attention. Mais le serveur refusa de le lui servir. C’était un par personne, et comme son assiette était vide, il avait apparemment déjà mangé le sien. Il refusa d’écouter ses explications et il lui demanda de partir, car d’autres clients attendaient leur tour. Le monde des hamburgers était vraiment sans pitié…

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Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°3 (2e édition) Conte des temps modernes

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

3) Ecrire un conte des temps modernes (revisite du Petit Chaperon rouge)

Faites silence, car voici un conte très actuel. Un conte qui ne ressemble en rien aux contes traditionnels, mais qui a (je crois) une morale exceptionnelle. (Ceci était un essai. Je voulais essayer de faire des rimes comme on en voit parfois au début des contes…)

Il était une fois une vieille dame solitaire.

Elle était chez elle, un peu comme tout le monde. Elle n’arrivait pas à croire que sa vie ressemblait à ça, maintenant. Son existence avait beaucoup changé en peu de temps. Le monde entier était touché. Elle s’y était un peu habituée, à présent. En plus, les mesures prises s’étaient un peu relâchées, et les gens pouvaient à nouveau aller et venir, pas comme avant, mais la situation s’était un peu améliorée. Au début, elle avait eu sa petite fille masquée en visite toutes les semaines à peu près, pour lui porter les courses. En tant que personne vulnérable, elle ne pouvait pas sortir comme elle le voulait. C’était pour sa propre sécurité. Elle le savait. Et cet arrangement lui avait permis de voir sa petite fille plus souvent, beaucoup plus souvent que d’habitude.

Mais depuis, le système du Drive avait été mis en place. Sa petite fille avait d’abord semblé être de plus en plus pressée quand elle passait, ne pouvant parfois rester que quelques minutes pour discuter ou bien restant sur son portable tout du long. Mais peu à peu, le Drive avait complètement remplacé les visites de sa petite fille. Ah, le Drive était fabuleux, c’était sûr, mais ce n’était pas sa petite fille qu’elle voyait encore moins qu’avant. La technologie lui avait pris sa petite fille. Et à cause du Drive, elle ne venait plus du tout la voir, n’ayant plus aucune raison de le faire.

Un jour, le Drive ne passa pas (elle ne leur avait pas demandé de passer, en réalité). Elle envoya donc un message à sa petite fille, lui demandant de l’aider pour les courses car le Drive n’était pas venu. Sa petite fille était donc venue avec sa voiture (elle venait d’avoir son permis, et sa grand-mère en était très fière). Sa petite fille, Susie, était venue masquée et avait respecté la distanciation car elle ne voulait pas mettre sa mamie en danger. Mais tout était comme avant. Elles passèrent une très bonne après-midi. Sa petite fille l’initia à un nouveau jeu vidéo qui lui plut aussitôt.

A partir de là, elles se revirent à nouveau toutes les semaines pour les courses, mais aussi pour jouer ensemble à ce jeu. Elles s’étaient retrouvées. Elles allaient aussi parfois se promener dans le jardin quand le temps le leur permettait. Susie ne sortait jamais son téléphone, parlant avec sa grand-mère de tout et de rien, et lui racontant ce qu’il se passait dans son quartier et les nouvelles frasques de son chat.

Je laisse donc ce conte ici pour qui voudra bien le lire. J’écris des histoires pour faire rire et réfléchir. (Vous noterez ici un autre essai de rimes)

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Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°2 (2e édition) Défi sablier 10 min

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

2) Défi sablier : écriture pendant dix minutes chrono

Elle regardait par la fenêtre quand elle le vit. Elle n’en crut tout d’abord pas ses yeux, et puis, après plusieurs minutes d’observation silencieuse, elle dût se rendre à l’évidence : il existait bel et bien. Elle avait vu plusieurs films qui racontaient l’histoire de personnes comme ça, mais là, elle était dans la réalité, et ce n’était absolument pas possible. Peut-être était-elle en train de rêver ? Ce serait après tout une très bonne explication quant à ce qu’elle pouvait voir par cette fenêtre. Lui avait-on fait une blague ? Ce n’était pas très drôle.

Elle regarda à nouveau. Non, il n’avait pas disparu. Il était toujours là. Incroyable. Si on lui avait dit qu’elle verrait cela, elle aurait ri, c’était sûr. Il était juste en face d’elle, en train d’essayer de goûter la neige en tendant la langue pour y recueillir un flocon. Elle n’aurait pas cru en rencontrer un un jour. Et pourtant il était bien là, les deux pieds résolument plantés dans la neige, en train d’essayer d’attraper son sac qui était tombé dans son jardin. Mais il n’allait jamais y arriver, la clôture était beaucoup trop haute !

Il sembla soudain la voir, et elle recula, presque intimidée qu’il ait tourné la tête vers elle. Ce n’était pourtant pas une célébrité, mais ce n’était pas tous les jours qu’on pouvait en voir. Elle n’aurait jamais cru en voir un jour dans son jardin. Dans sa tête, c’était tout à fait impossible, et pourtant, elle l’avait en visuel. Il lui faisait à présent de grands signes, lui montrant la clôture du bras. Elle ne bougea pas, tétanisée. C’était idiot.

Elle aurait bien voulu pouvoir le montrer à quelqu’un, mais personne n’était à la maison. Cette situation ressemblait à un début de film pour enfants sur Noël. Et maintenant, elle allait lui récupérer son sac, et il allait lui offrir de lui exaucer un voeu pour la remercier ? Dans un film, cela se serait passé comme ça. Mais là, elle sortit, les jambes flageolantes, ne incrédule. Allait-elle vraiment aider ce minuscule homme gesticulant à récupérer son sac qu’il avait fait tomber dans son jardin en descendant de l’arbre du voisin ? Elle lui tendit son sac, et il lui sourit, partant ensuite en courant. Non, pas de voeu. Dommage. Ce n’était pas un film, malheureusement.

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