Noël d’un jouet (chapitre 4)

Lorsque l’homme dit que j’étais parfait, je me sentis si heureux que je faillis flotter hors de la boîte. Mais les ours en peluche ne peuvent pas voler. En fait, nous ne pouvons pas faire grand chose, apparemment. Mais bon. L’homme m’attrapa, souriant toujours :

  • – Moi aussi, j’en avais un. Je suis si content de pouvoir continuer la tradition…Le mien avait perdu une oreille et je l’avais rasé sur un côté. Camille va l’adorer, c’est certain.
  • Une oreille en moins, rasé sur un côté…Mais c’était Pépé Jim, non ? La jeune femme dût avoir la même idée que moi, car elle lui parla du vieil ours en peluche qu’elle avait vu non loin de moi. L’homme fit une drôle de tête, puis il referma vivement la boîte après m’avoir remis dedans. Cette fois-ci, la jeune femme emballa la boîte.
  • …Je dus m’endormir, car un bruit de voix me tira de mon sommeil. J’entendis un bruit de déchirure, puis la boîte s’ouvrit. Je me retrouvai face à face avec une petite fille tout sourire. Il lui manquait quelques dents, mais j’avais l’habitude, à la Ressourcerie, certains avaient des parties en moins. Elle m’attrapa :
  • – Oh merci Papa et Maman ! Il est tellement beau ! Je le garderai toute ma vie ! Il est comme dans les livres de contes !

Une fois sorti de la boîte, je pus voir le salon. Tout était décoré avec goût, c’était vraiment magnifique. Et là, dans une autre boîte, se trouvait…Pépé Jim ! Mais que faisait-il là ? L’homme avait les yeux étrangement mouillés, et je crois que Pépé Jim aussi. Il devait être allé le chercher quand la jeune femme lui avait raconté l’avoir vu dans la boutique. Pépé Jim m’avait un jour raconté qu’il était resté longtemps dans une famille avec un petit garçon qui avait beaucoup joué avec lui. Quel Noël ! Ce fut le plus beau de ma vie.

Je revis le vieux train de bois quelques jours après car l’amie de ma nouvelle petite propriétaire l’avait eu pour Noël. Apparemment, la famille qui l’avait acheté quelques jours avant que moi je sois acheté l’avait donné à la petite fille de la famille car le garçonnet n’en voulait plus. Je revis donc souvent le vieux train et je vécus avec Pépé Jim. La petite Camille et son père jouaient souvent à nous faire prendre le thé ensemble. (et oui, la petite me garda vraiment toute sa vie)

Noël d’un jouet (chapitre 3)

Arrivés dans sa maison, elle sortit du papier cadeau d’un placard. Elle me plaça dans une jolie boîte et elle sembla emballer joliment le tout. (je ne sais pas, j’étais dans la boîte et je ne voyais rien.) Mon rêve était-il en train de se réaliser ? Allais-je connaître un véritable Noël ? Un magnifique Noël comme ceux que je m’imaginais du haut de mon étagère, à la Ressourcerie ? Y allait-il y avoir d’autres jouets ? Et si j’en reconnaissais certains qui avaient été mes compagnons d’étagère ? Oh, ce serait parfait ! Mais pour le moment, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Il me faudrait attendre jusqu’à Noël pour me rendre compte de ma situation. Etait-ce un enfant ou un bébé ? Allais-je le voir grandir ? Allais-je passer un bout de ma vie avec lui et ensuite retourner à la Ressourcerie, comme le vieux train et Pépé Jim ? Peut-être, après tout. Tout était possible. Mais je pouvais aussi finir ma vie dans une poubelle, une patte en moins et malheureux comme les pierres. Ah, voilà que mon côté pessimiste ressortait encore. Vite, il fallait l’arrêter ! Non, je n’allais pas forcément avoir une vie horrible, et il me fallait avoir confiance en l’avenir. Mon avenir d’ours en peluche.

Mon esprit (oui, j’en ai un) n’avait de cesse d’imaginer ma future vie. Allais-je jouer tous les jours avec l’enfant ? Avait-il/elle déjà beaucoup de jouets avec lesquels il me faudrait partager son attention ? Oui, je me posais beaucoup trop de questions, mais tout ceux qui disent qu’un ours en peluche devrait rester dans son coffre à jouets peut sérieusement aller se faire voir. Voilà, c’est dit.

J’avais un peu peur de l’inconnu, bien sûr, et j’avais peur de rater mon apparition quand l’enfant ouvrirait la boîte. Mais qu’est-ce que je racontais, moi ? Un ours en peluche est toujours mignon, il n’a rien à faire de particulier pour donner envie à un enfant de jouer avec lui. Sauf quand il grandit, bien sûr. C’est sans doute la pire étape dans la vie d’un ourson comme moi. Mais passons et revenons à mon histoire. J’étais donc dans ma boîte en train de m’imaginer le futur, quand quelqu’un prit ladite boîte et la déplaça. Etais-je sous le sapin ? Que se passait-il ? J’entendis parler. Apparemment, la jeune femme n’avait pas encore emballé toute la boîte, car elle s’ouvrit à nouveau. Un homme me regarda en souriant :

  • Il est parfait.

Noël d’un jouet (chapitre 2)

Quand ils entrèrent dans la boutique, il était tôt. Tôt pour un nounours qui sommeille constamment sur son étagère, je veux dire. Donc il devait être plus ou moins onze heures du matin. Je ne sais pas, je n’ai pas de montre. Un ours en peluche avec l’heure à son poignet, ce serait bizarre, non ? Mais revenons à nos moutons. La famille de mes rêves entra dans la Ressourcerie alors que je dormais encore sur mon étagère. Les voir me réveilla instantanément. Et s’ils venaient pour moi ? Maintenant, je savais ce que ressentaient les animaux qui veulent être adoptés. Le petit garçon courut directement vers l’étagère des jouets, les yeux brillants. Je compris qu’ils venaient lui acheter un cadeau pour son anniversaire. Je mourais d’envie d’être choisi.

Ils tournèrent un moment dans la boutique, discutant de choses et d’autres, pendant que le garçonnet observait tous les jouets autour de lui. Son regard se posa un instant sur moi, puis il sembla voir autre chose. Quand il pointa son doigt vers ce qu’il voulait, mon coeur se serra (je veux dire, mon coeur se serait serré si j’en avait eu un en moi, mais l’émotion que je ressentis à ce moment là est équivalente). L’enfant voulait le train en bois. Il voulait repartir avec mon ami le vieux train. J’étais triste car je ne pourrais plus discuter avec lui, mais aussi parce que je n’avais pas été choisi. Le jouet en bois me fit un clin d’oeil en me disant qu’on se reverrait sûrement un jour, et peut-être même dans ce magasin !

La famille partit de la boutique avec le train. Il avait du goût, ce gamin. Quant à moi, je désespérais d’être choisi un jour. Qui voudrait d’un ours en peluche ? Un train, c’était bien mieux ! Les quelques ventes qui se conclurent dans les jours qui suivirent me confortèrent dans mon idée, et je sombrai dans une déprime intérieure profonde. C’était bientôt Noël, et j’avais espéré connaître enfin le moment des cadeaux, ce moment magique où l’enfant vous découvre avec émerveillement dans la boîte emballée avec du beau papier. Je ne voulus alors plus regarder les autres étagères, je fixai résolument le mur. Mon petit manège dura jusqu’à ce qu’un jour, une jeune femme entre dans la boutique. Je ne l’avais pas vue, je ne voulais plus rien voir. Je ne savais pas que, moi aussi, j’allais avoir mon histoire agrémentée d’un joli Noël. Ce ne fut que quand le vieux Pépé Jim me parla soudainement que je retrouvai mes esprits. Il me dit une phrase que je n’oublierai jamais :

  • – Eh, gamin ! C’est toi qu’elle va ramener chez elle.
  • En effet, la jeune femme s’avança vers moi, arborant un tendre sourire. Je faillis lui sourire en retour avant de me rappeler que les ours en peluche ne peuvent pas sourire, c’est impossible. Mais elle, elle avait presque réussi l’impossible. Je sentis l’espoir renaître en moi. Allais-je connaître une bonne famille ? Elle m’attrapa doucement, et pour la première fois depuis des semaines, je quittai mon étagère. Elle m’examina, semblant chercher quelque chose. Elle dut ne rien trouver à redire, car elle m’emmena à la caisse et paya. Dans sa voiture, elle me posa sur le siège avant. Il n’y avait personne d’autre avec elle. Pas d’enfant. Je me demandai si j’allais finir sur une étagère en tant que décoration. Elle me ramena chez elle. C’était la veille de Noël.

Noël d’un jouet (chapitre 1)

J’étais assis sur la plus haute des étagères de la Ressourcerie. Je n’avais encore jamais rien vécu. Je n’avais vu que ce qui se déroulait dans le magasin. J’avais vu des familles venir acheter des objets de seconde main. Des objets comme moi. Vous allez sans doute vous demander comment je pouvais n’avoir encore rien vu du monde si j’étais un objet qui n’était déjà plus neuf. Mon histoire est un peu particulière, et je vais vous la raconter. Je suis né dans une usine, comme la plupart des jouets sur ces étagères. J’ai effectivement été acheté une première fois, mais je n’ai pas vraiment été offert à un enfant. Je n’ai fait que rester dans un placard poussiéreux sans que personne ne joue avec moi. Je n’étais qu’un objet dans une armoire, voilà tout.

Au bout de plusieurs années, alors qu’une épaisse couche de poussière avait commencé à envahir mon espace de vie sombre et fermé, on m’a sorti de ma prison et j’ai enfin pu respirer. Enfin pas vraiment, car je suis un ours en peluche. Je ne respire pas. Bref. Je n’ai jamais tout à fait compris ce qui m’était arrivé dans ma première maison. Visiblement, on voulait m’offrir à quelqu’un, et quelque chose a empêché mon « adoption » par un enfant. Je ne sais pas quoi. Je ne saurai jamais. En tout cas, c’est la raison pour laquelle je suis un tout nouvel ourson perché sur cette étagère, prêt pour le prochain chapitre de sa vie qui n’avait en fait pas réellement commencé avant.

Alors que je contemplais ce magasin qui était devenu ma deuxième maison, une voix venant de l’étagère en face de la mienne m’interpella :

  • – Eh, toi, le nouveau ! C’est quoi ton histoire ? Pourquoi t’as pas l’air tout défraîchi comme Pépé Jim là-bas ?

Pépé Jim, c’était le nom du doyen des ours en peluche. Il avait l’air très vieux, il était tout rasé sur un côté, il avait perdu une oreille, on sentait qu’il avait vécu une vie bien remplie. Et peut-être angoissante, aussi ? Je discutai avec le vieux train en bois qui m’avait adressé la parole, et j’appris que Pépé Jim avait vécu dans d’innombrables familles, et qu’il finissait immanquablement par revenir ici, à la Ressourcerie. Avec parfois quelque chose en moins. Le train lui aussi avait visité plusieurs familles qui fréquentaient toutes le magasin et qui le rapportaient là quand elles n’en avaient plus besoin. Il me dit qu’il n’y voyait pas d’inconvénients, il préférait voir du pays plutôt que de rester en gare.

Du vocabulaire de trains, apparemment. Le vieux en bois avait bien roulé sa bosse, et il me raconta un peu ses différents « arrêts », comme il les appelait. Apparemment, toutes les familles n’étaient pas gentilles et souriantes, et certains enfants l’avaient jeté contre les murs, cassant une roue ou enlevant sa peinture d’origine. Mais il avait vraiment bien résisté au temps dans l’ensemble, ce qui m’ébahissait, car il avait plus de soixante-dix ans d’âge, ce qui était beaucoup pour un jouet. Il m’expliqua que les jouets en bois avaient la tête dure, et qu’il en fallait beaucoup pour les casser. Il évoqua le feu, et il eut soudain le regard trouble en parlant d’un ami à lui qui avait mal fini. Il changea bien vite de sujet, et il me narra la façon dont un gentil monsieur l’avait repeint et réparé après des années de service. Aujourd’hui, il se sentait comme neuf.

Nouvelle fiction à chapitres pour Noël : « Noël d’un jouet »

Il s’agit d’une histoire qui compte 4 chapitres.

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Extrait :

« J’étais assis sur la plus haute des étagères de la Ressourcerie. Je n’avais encore jamais rien vécu. Je n’avais vu que ce qui se déroulait dans le magasin. J’avais vu des familles venir acheter des objets de seconde main. Des objets comme moi. Vous allez sans doute vous demander comment je pouvais n’avoir encore rien vu du monde si j’étais un objet qui n’était déjà plus neuf. Mon histoire est un peu particulière, et je vais vous la raconter. »

« La famille partit de la boutique avec le train. Il avait du goût, ce gamin. Quant à moi, je désespérais d’être choisi un jour. Qui voudrait d’un ours en peluche ? »

Photo de Teresa Howes sur Pexels.com

Ah, les vacances (chapitre 17) : Épilogue

Dans le chapitre précédent…

Fanny est libérée, et Samantha a dû promettre de faire en sorte que les humains polluent moins les océans, en organisant par exemple des journées de nettoyage de la plage ou en sensibilisant les vacanciers. Fanny vante les mérites de la ville sous-marine dans laquelle elle était.

C’était maintenant la fin des vacances. Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis l’enlèvement de Fanny. Elles reparlaient souvent de la ville sous l’eau, et elles discutaient aussi de l’opération « Plage propre » que Samantha avait proposée et qui semblait enthousiasmer les vacanciers qui prenaient ça comme un jeu. Ils étaient nombreux chaque jour à ramasser les déchets sur la plage, ou à sermonner d’autres vacanciers qui jetaient encore leurs déchets là où ils se trouvaient. Parfois, Samantha se demandait si le Roi du peuple de l’eau les regardait du fond de la mer, en souriant.

Elle s’était souvent demandé si elle n’avait pas rêvé de tout ça, car le lendemain, déjà, la soirée lui avait paru irréelle. Fanny, qui avait réellement visité une ville sous-marine et qui donc avait vu plus de choses extraordinaires qu’elle, disait que c’était parfaitement vrai, et qu’elle s’en rappelait très bien. Mais peu à peu, ses souvenirs s’estompaient un peu, et elle oubliait certains détails.

Est-ce qu’à terme, elles allaient oublier toute cette histoire ? Etait-ce la magie du Roi du peuple de l’eau qui était en train d’effacer doucement leurs souvenirs ? Après tout, il avait bien dit que son peuple n’était pas censé exister aux yeux des humains… Il lui avait dit que personne ne la croirait. Elle n’avait pas essayé de raconter quoi que ce soit à qui que ce soit, mais elle se doutait bien de la réaction que n’importe qui aurait en l’entendant raconter qu’il existait un peuple de l’eau qui gardait les océans.

A la fin des vacances, Samantha fut heureuse d’apprendre que Fanny habitait dans la ville à côté, et donc qu’elle pourrait venir la voir souvent. Depuis qu’elle faisait très attention à ne pas s’éloigner trop de la plage, elle n’avait pas eu d’autres accidents. Samantha n’avait sauvé personne d’autre, d’ailleurs. Il n’y avait pas eu trop de problèmes. Les rares personnes qui avaient été en difficulté avaient été ramenées sur la plage par une vague. Elle se demandait parfois si le Roi du peuple de l’eau n’y était pas pour quelque chose…

….Et cette histoire se termine là. Qu’en avez-vous pensé ?

Chapitre premier

Ah, les vacances (chapitre 16) : Le retour

Dans le chapitre précédent…

La silhouette est en fait le Roi du peuple de l’eau, il s’excuse pour l’attitude de son fils et il explique à Samantha que lui et son peuple sont les gardiens des océans, et que son fils prend la chose très à coeur, en ayant assez que les humains polluent leurs eaux. Le Roi semble disposé à libérer Fanny, mais il demande à ce que Samantha fasse quelque chose en échange…

Samantha, qui avait pensé pouvoir sauver Fanny simplement en ayant une conversation avec le père de son ravisseur, fut surprise en l’entendant lui demander de faire quelque chose en échange de la libération de la jeune femme. Elle dût avoir l’air mal à l’aise, car le vieil homme reprit :

  • Oh, ce n’est pas quelque chose d’affreux, et puis vous le devez un peu à vos océans, et ce depuis longtemps. Voyez ça comme un geste pour l’environnement, et non pas comme une monnaie d’échange. Je voudrais que vous preniez soin de votre plage, que vous instauriez des bonnes pratiques aux vacanciers, en leur rappelant qu’il ne faut pas jeter leurs déchets sur la plage ou dans la mer, qu’il y a des poubelles pour ça? Avec des panneaux…
  • Vous voulez que je fasse une campagne pour nettoyer la plage ?
  • Ça peut être une bonne idée aussi. Je suis sûre que vous trouverez comment faire. Tiens, voilà votre amie…

Samantha se retourna, s’entendant appeler. Elle sourit en voyant Fanny. Elle semblait aller bien. Elle la serra dans ses bras. Elles ne se connaissaient pas depuis longtemps, mais toutes ces aventures et ces sauvetages les avaient rapprochées. Fanny se mit à parler :

  • J’ai visité leur ville sous la mer, et j’ai bu un cocktail aux algues ! Oh, et ils ont des salons de coiffure extraordinaires ! C’est génial ! Pourquoi vous riez, Samantha ? D’ailleurs, je peux vous tutoyer, maintenant ?
  • Je ris parce que ça a l’air extraordinaire, mais tu ne pourras jamais le raconter à personne sans qu’ils te prennent pour une folle.
  • C’est vrai. Il n’y a que toi qui peux comprendre tout ça. Car le Roi vient de tout t’expliquer, pas vrai ? J’ai un nouvel ami, maintenant : le fils du Roi. Je pourrai retourner me baigner dans la mer sans craindre de me faire emporter au fond de l’eau !
  • Il ne veut pas t’épouser et encore t’emmener dans sa ville, si ?
  • Non, voyons ! On n’est pas dans un de ces contes de fées ! De toute manière, je préfère rester sur la terre ferme. Et je te promets que je ne vais plus me noyer, à partir de maintenant.
  • Peux-tu vraiment promettre une chose pareille ? Moi, par contre, je peux te promettre de ne pas te laisser te noyer.
  • Si tu es sur place.
  • Si je suis sur place, oui. Tiens, mais où est passé le Roi ?

Il avait dû partir pendant leur conversation, car il n’était plus derrière Samantha. Elles quittèrent la plage bras dessus, bras dessous, discutant toujours de la « merveilleuse ville sous l’eau » qu’avait vu Fanny.

Chapitre premier

Chapitre 17

Ah, les vacances (chapitre 15) : La discussion

Dans le chapitre précédent…

Samantha ouvre la bouteille. Un message se trouve à l’intérieur, lui disant de venir sur la plage le soir-même, seule, pour discuter. Est-ce un piège ? Samantha décide de s’y rendre, elle veut sauver Fanny. Une silhouette sort de l’eau…

Elle s’immobilisa sur le sable, attendant que la silhouette la rejoigne. Elle avait un peu peur, mais elle ne s’enfuit pas, se rappelant qu’elle venait pour sauver Fanny. Si elle partait maintenant, elle ne saurait jamais ce qui lui était arrivé et elle s’en voudrait toute sa vie. Elle ne bougea donc pas, regardant la personne sortir de la mer et venir vers elle. Elle s’aperçut que c’était un vieil homme à la peau aussi transparente que celle de l’homme qui avait enlevé Fanny. Cette bouteille à la mer avait donc bien un rapport avec les évènements de l’après-midi. Elle se contenta de regarder le vieillard, attendant qu’il lui explique pourquoi il lui avait demandé de venir.

Il lui sourit, puis il demanda :

  • Êtes-vous Samantha ? Je suis venu tout vous expliquer. Ne vous en faites pas, votre amie va bien.
  • Comment savez-vous qui je suis ? Et où est-elle ? Libérez-la ! Pourquoi l’avez-vous enlevée ?
  • Que de questions… Je connais votre nom car la mer entend tout. Je me présente : je suis le Roi du peuple de l’eau. Je sais qu’entendre cette phrase peut paraître irréel, mais c’est bien vrai. Je ne peux pas vous dire que je suis plombier ou homme d’affaires, je ne suis aucune de ces choses. Votre amie va vous être rendue, mais d’abord, je vais vous expliquer un peu pourquoi mon fils l’a enlevée. Oui, l’homme bleu de la plage dont tout le monde parle actuellement sur tous les réseaux sociaux qui existent, celui qui fait partie de votre spectacle, apparemment, c’est mon fils. Je vous remercie d’avoir inventé une histoire pour cacher la vérité. Nous ne sommes pas censés apparaître devant les humains.
  • Si vous êtes censés vous cacher de nous, alors pourquoi est-ce que votre fils est apparu devant tout le monde en créant une vague gigantesque ?

Il eut un petit sourire amusé :

  • C’est une très bonne question. Il était là parce qu’il a échappé à ma surveillance. Voyez-vous, il a du mal à comprendre que les humains ne sont pas des ennemis. Nous, le peuple de l’eau, nous passons nos vies à protéger les océans. Nous en sommes les gardiens. Notre plus grande cause d’inquiétude, c’est la pollution de nos mers et océans par vous, les humains. Mon fils y est particulièrement sensible. Il a passé beaucoup trop de temps avec son grand père qui détestait les humains, et donc il n’aime pas non plus les humains. Votre amie l’a offensé quand il a compris pourquoi elle faisait semblant de se noyer. Il a beaucoup de respect pour les sauveteurs, et il a dû trouver qu’elle se moquait de vous. Nous sommes les sauveteurs des océans et vous des vies humaines, nous vous respectons donc énormément, en tant que gardiens et protecteurs. Elle a dû aussi polluer en laissant des détritus sur la plage, ce qui a mené à tout ça. Mais elle était surtout proche de l’eau, et c’est la première personne qu’il a vue en arrivant sur la plage.
  • Donc elle ne racontait pas n’importe quoi quand elle m’a raconté que quelqu’un avait essayé de la noyer en la tirant sous l’eau ? C’était votre fils ? Est-ce qu’il lui a fait du mal ? Est-ce qu’il est calmé maintenant ?
  • Oui, il est calmé. Il comprend qu’il n’aurait pas dû se montrer et effrayer tout le monde. Il n’a pas fait de mal à votre amie, il s’est même excusé auprès d’elle. Et oui, c’était lui, elle n’a pas halluciné comme vous avez essayé de lui faire croire. Mais je peux comprendre que l’entendre raconter ça a dû être assez affolant.
  • Je me suis surtout dit que la panique lui avait fait imaginer des choses. J’étais loin de me douter que c’était vrai…Mais d’ailleurs, pourquoi m’avez-vous raconté tout ça, si vous devez rester cachés ?

Il lui sourit à nouveau. C’était un sourire paternel, un sourire qui montrait ses années d’expérience :

  • Mais parce que personne ne vous croira jamais, ma petite. D’ailleurs, je voudrais que vous fassiez quelque chose pour moi, en échange de la libération de votre amie….

Chapitre premier

Chapitre 16

Ah, les vacances (chapitre 14) : Une bouteille à la mer

Dans le chapitre précédent…

Les spectateurs de la scène de l’enlèvement de Fanny par l’homme bleu menaçant sont éberlués et penseraient presque avoir rêvé. Mais Fanny a vraiment disparu. Samantha se sent impuissante, elle s’en veut de n’avoir rien pu faire. Tout à coup, une bouteille sort de l’eau…

Sous les yeux de tous les vacanciers de la plage et de tous les sauveteurs, elle ouvrit la bouteille qui venait visiblement d’arriver pour elle depuis la mer. Plus rien ne l’étonnait dans cette histoire qui était déjà plus que bizarre, elle n’eut donc aucune réaction. Elle fit comme si c’était une lettre qui venait de sa boîte aux lettres. Dépliant le papier qui était dans la bouteille, elle se mit à lire le texte assez court qui était joliment écrit dessus.

Apparemment, la personne qui lui avait écrit ce message voulait qu’elle vienne sur la plage le soir même, donc dans environ deux heures, seule, pour discuter. Cela avait tout l’air d’être un piège, mais elle se dit que cette bouteille avait sûrement un rapport avec l’enlèvement de Fanny. Elle avait échoué, elle ne l’avait pas sauvée. Il fallait donc qu’elle fasse quelque chose, n’importe quoi, pour la sauver. La lettre lui était adressée, bizarrement. Comment le mystérieux expéditeur avait-il eu connaissance de son nom ? L’homme bleu avait-il lu son badge ? Impossible, il avait été trop loin. Ou alors il avait d’excellents yeux.

Elle montra la lettre aux autres sauveteurs qui furent aussi surpris qu’elle de voir qu’elle lui était adressée directement. Ils lui conseillèrent d’abord de ne pas aller à ce rendez-vous nocturne, puis elle les convainquit qu’elle ne pouvait pas rester sans rien faire du tout. Plusieurs des sauveteurs partirent rassurer les vacanciers en leur demandant s’ils avaient apprécié leur spectacle, tentant de leur faire croire que tout était prévu, et qu’il n’y avait aucun danger, ne voulant pas leur révéler qu’ils ne savaient absolument pas ce qui venait de se passer.

Samantha était très sûre d’elle. Elle allait y aller, et elle allait tirer cette affaire au clair et sauver Fanny. La pauvre n’avait pas mérité ça, même si elle avait fait semblant de se noyer.

A la tombée de la nuit, Samantha se rendit donc sur la plage, un peu anxieuse à l’idée que ce soit vraiment un piège. Elle ne savait vraiment pas ce qui allait se passer. Les vacanciers avaient quitté les lieux, ne sachant pas ce qui avait véritablement transpiré. La plage était déserte. Le silence était retombé. Elle vit soudain une silhouette émerger des flots.

Chapitre premier

Chapitre 15

Ah, les vacances (chapitre 13) : Sous l’eau

Dans le chapitre précédent…

Samantha essaye de sauver Fanny, mais pour une fois, elle ne peut rien faire. Que peut-elle contre des pouvoirs magiques puissants ? Elle est bien obligée de l’admettre : la magie a toute sa place dans cette histoire. L’homme à la peau d’un bleu transparent emmène Fanny avec lui sous l’eau sans que Samantha ait pu faire quoi que ce soit.

Le silence qui suivit la disparition du mystérieux inconnu bleu et de Fanny dans l’eau fut assourdissant. Visiblement, tout le monde était encore sous le choc de la scène. Même Samantha qui avait été très près du duo avait du mal à croire que c’était vraiment arrivé. Elle savait pourtant que Fanny avait bien disparu. Qu’un fou l’avait entraînée sous l’eau alors qu’elle ne portait aucun équipement de plongée. En principe, elle n’avait donc aucune chance d’avoir survécu à ça. Sauf s’il l’avait vraiment prise comme otage et s’il avait un moyen de lui donner de l’air avec sa magie. Car oui, il avait de la magie, tout le monde sur la plage avait pu le constater. Soit il en avait, soit une incroyable coïncidence s’était produite, et la mer avait créé une vague au moment où il levait un bras. Non, ce devait être de la magie, même si Samantha avait beaucoup de mal à l’admettre.

Elle regarda autour d’elle, se rendant compte que les personnes qui avaient fui étaient encore sur le parking, à regarder ce qu’il se passait. La plupart avaient donc tout vu. Le silence était total. Les autres sauveteurs coururent vers Samantha, et l’un d’entre eux lui demanda si ça allait. Les autres regardaient vers la mer. L’immense vague était toujours là. Elle retomba d’ailleurs très brutalement à l’endroit où elle se trouvait, aspergeant tout le monde sur la plage. Le fracas que fit la vague en tombant surprit tout le monde, et brusquement, le silence fit place à une multitude de conversations. Tout le monde semblait discuter de ce qu’il venait de se passer. Tout le monde avait l’air éberlué. Mais qui aurait pu les blâmer. C’était bien trop incroyable. Et pourtant ils l’avaient vu. Pas de doute possible. Impossible de dire que c’était une fake news ou une vidéo truquée.

Randy vint se placer à côté de Samantha. Il dit :

  • Tu as vu la même chose que moi ? Cette fille s’est vraiment fait enlever sous nos yeux, par une sorte d’homme des mers ? J’étais tellement surpris que je n’ai même pas pensé à courir vers eux pour empêcher ça. C’était très courageux de ta part, d’essayer de la sauver. Je n’y crois absolument pas, mais je pense qu’il a des pouvoirs magiques. Qu’est-ce qu’on va faire ? Comment la sauver ? Est-ce qu’elle est déjà morte ? Et pourquoi l’a-t-il enlevée ? Pourquoi elle et pas n’importe qui d’autre ?
  • Je suppose qu’elle était à côté de l’eau, donc c’était la personne la plus proche de lui. Quant à la raison de son geste….Je n’en sais rien. Je pense que je vais plonger pour aller voir. Je refuse de rester sans rien faire.

Randy venait de lister beaucoup de questions qui tournaient déjà en boucle dans la tête de Samantha. Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?! Elle ne savait pas. Elle ne savait rien. Elle se sentait impuissante, et elle n’aimait pas ça du tout. Sauver quelqu’un dépendait en principe de sa force physique, de son aptitude à nager vite et bien. Mais là, elle avait l’impression qu’ils avaient un ennemi qui avait une force surhumaine, et elle ne savait pas si elle serait à la hauteur pour cette mission de sauvetage. Si la mer elle-même venait sur la plage pour prendre des gens.. Comment était-elle censée les sauver ?

Une bouteille sortit soudain de l’eau, venant se cogner contre son pied. Elle se pencha pour la ramasser, puis elle l’ouvrit.

Chapitre premier

Chapitre 14