Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°9 (2e édition) Défi sablier 20 min

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

9) Défi sablier : écrire une histoire courte en 20 minutes

Elle quitta la maison. Elle ne savait pas bien où elle allait aller, et pourtant elle se sentait bien, déterminée à arriver. D’habitude, elle détestait aller quelque part au hasard, comme ça. Mais au fil des années, elle avait un peu changé, et voilà que partir à l’aventure ne la dérangeait plus vraiment. Elle avait souvent vu des films où les héros partaient de chez eux sans aucune préparation, un peu comme elle était en train de faire aujourd’hui. Elle savait bien que ce n’était pas forcément une bonne idée, mais quelque part, elle voulait se prouver que c’était possible, de sortir simplement de chez soi et d’aller quelque part sans vraiment réfléchir à l’endroit où on allait.

C’était ça, en réalité, la véritable liberté. Pas forcément celle de choisir sur une carte où on allait, mais plutôt celle de ne pas réfléchir, de sortir, et simplement de partir. Ne pas savoir où, mais simplement poser son pied hors de la maison et laisser ses pieds ou bien la voiture mener au but final. Elle ne voulait pas encore rester chez elle, elle était bien assez restée chez elle pendant ces derniers mois. C’était une autre raison pour laquelle elle ne voulait pas décider d’un endroit. Elle en avait assez, de réfléchir. C’en était trop. Elle se sentait enfermée, elle avait besoin de voir la nature, besoin de spontanéité, pour changer. Pour aller au supermarché, elle avait eu à réfléchir, avant. Quand elle n’avait pas pu sortir à cause du confinement. Maintenant, elle pouvait aller où elle voulait, mais porter un masque dans les lieux public. Eh bien, elle éviterait les lieux publics.

Elle sortirait de la ville, c’était décidé. Elle ne voulait pas avoir à porter un masque, elle détestait ça, c’était bien trop agaçant. Elle ne pouvait pas respirer, elle transpirait, et elle avait toujours envie de se gratter. C’était maladif. Donc elle pouvait aller partout, sauf à un endroit où elle devait porter un masque. Elle n’était pas sortie de chez elle pour aller s’enfermer à nouveau ! Elle voulait voir la nature, la sentir, la toucher. Elle voulait, pour une fois, voir autre chose que ces quatre murs et ses meubles. Elle voulait voir les arbres, les fleurs, même les mauvaises herbes. Elle était restée enfermée trop longtemps. Elle sortit donc, prenant sa voiture. Si elle partait à pieds, elle ne serait jamais sortie de la ville, elle était bien trop étendue. Elle voulait donc prendre la voiture pour pouvoir aller plus loin. Beaucoup plus loin, là où elle ne risquerait pas de croiser des personnes.

C’était amusant, quand même, de vouloir sortir pour n’aller voir personne, pour éviter de voir des gens. C’était assez contraire à la logique humaine, non ? Mais ces derniers temps, tout avait changé. Vraiment tout. Rien ne serait plus jamais pareil, de toute manière. Les interactions entre êtres humains allaient changer, c’était même déjà fait. Et elle ne pouvait rien y changer. Elle avait juste à suivre la marche et à constater qu’elle ne ferait jamais certaines choses de la même manière. Jamais. Elle démarra la voiture, se forçant à ne pas penser où elle allait. Elle fit quand même attention à ne pas rentrer dans les trottoirs. Elle suivit les rues, tournant chaque fois au hasard. Elle finir par sortir de la ville.

Elle se retrouva entre deux villes. Elle regarda la nature réapparaître, fascinée. C’était comme si la nature était en train de revenir à la vie. Ces longs mois lui avaient fait du bien, apparemment. Elle roula pendant encore plusieurs minutes, tournant plusieurs fois au hasard. Elle finit par arriver à un endroit où un panneau lui indiquait une forêt. Curieuse, elle y tourna. Elle ne connaissait pas. Elle ne savait même pas où elle était. Elle utiliserait sans doute le GPS en revenant. Elle gara la voiture, en descendant d’un bond. Elle respira un grand coup. Elle avait quand même pris un masque au cas où elle croiserait quelqu’un. Ce confinement l’avait rendue très méfiante. Elle ferma la voiture, s’éloignant bientôt du parking. C’était le début de l’après midi. Elle entra dans les bois, respirant à fond.

Elle regarda les arbres, se réjouissant d’avoir eu cette idée. Elle alla prendre les fleurs en photo, inventant une histoire à chacune d’elles. Elle se promena ainsi pendant plusieurs heures. Elle ne répondit pas au téléphone quand une de ses amies essaya de l’appeler. Elle continua à marcher, ne faisant qu’un avec la nature. Elle était arrivée chez elle. Plus de confinement, plus de masques. Elle était bien. Le soleil brillait, il faisait beau. Elle finit par répondre à son amie, lui disant qu’elle était partie se promener, qu’elle reviendrait avant la nuit. Elle ne fit demi tour que quand elle commença à se sentir fatiguée. Elle reprit alors la voiture, rentrant chez elle. Elle ne mit pas très longtemps, car elle avait en fait beaucoup tourné en rond avant d’arriver à ce petit bois sympathique.

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Le destin, ce puzzle

Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°2 (2e édition) Défi sablier 10 min

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

2) Défi sablier : écriture pendant dix minutes chrono

Elle regardait par la fenêtre quand elle le vit. Elle n’en crut tout d’abord pas ses yeux, et puis, après plusieurs minutes d’observation silencieuse, elle dût se rendre à l’évidence : il existait bel et bien. Elle avait vu plusieurs films qui racontaient l’histoire de personnes comme ça, mais là, elle était dans la réalité, et ce n’était absolument pas possible. Peut-être était-elle en train de rêver ? Ce serait après tout une très bonne explication quant à ce qu’elle pouvait voir par cette fenêtre. Lui avait-on fait une blague ? Ce n’était pas très drôle.

Elle regarda à nouveau. Non, il n’avait pas disparu. Il était toujours là. Incroyable. Si on lui avait dit qu’elle verrait cela, elle aurait ri, c’était sûr. Il était juste en face d’elle, en train d’essayer de goûter la neige en tendant la langue pour y recueillir un flocon. Elle n’aurait pas cru en rencontrer un un jour. Et pourtant il était bien là, les deux pieds résolument plantés dans la neige, en train d’essayer d’attraper son sac qui était tombé dans son jardin. Mais il n’allait jamais y arriver, la clôture était beaucoup trop haute !

Il sembla soudain la voir, et elle recula, presque intimidée qu’il ait tourné la tête vers elle. Ce n’était pourtant pas une célébrité, mais ce n’était pas tous les jours qu’on pouvait en voir. Elle n’aurait jamais cru en voir un jour dans son jardin. Dans sa tête, c’était tout à fait impossible, et pourtant, elle l’avait en visuel. Il lui faisait à présent de grands signes, lui montrant la clôture du bras. Elle ne bougea pas, tétanisée. C’était idiot.

Elle aurait bien voulu pouvoir le montrer à quelqu’un, mais personne n’était à la maison. Cette situation ressemblait à un début de film pour enfants sur Noël. Et maintenant, elle allait lui récupérer son sac, et il allait lui offrir de lui exaucer un voeu pour la remercier ? Dans un film, cela se serait passé comme ça. Mais là, elle sortit, les jambes flageolantes, ne incrédule. Allait-elle vraiment aider ce minuscule homme gesticulant à récupérer son sac qu’il avait fait tomber dans son jardin en descendant de l’arbre du voisin ? Elle lui tendit son sac, et il lui sourit, partant ensuite en courant. Non, pas de voeu. Dommage. Ce n’était pas un film, malheureusement.

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