Noël d’un jouet (chapitre 4)

Lorsque l’homme dit que j’étais parfait, je me sentis si heureux que je faillis flotter hors de la boîte. Mais les ours en peluche ne peuvent pas voler. En fait, nous ne pouvons pas faire grand chose, apparemment. Mais bon. L’homme m’attrapa, souriant toujours :

  • – Moi aussi, j’en avais un. Je suis si content de pouvoir continuer la tradition…Le mien avait perdu une oreille et je l’avais rasé sur un côté. Camille va l’adorer, c’est certain.
  • Une oreille en moins, rasé sur un côté…Mais c’était Pépé Jim, non ? La jeune femme dût avoir la même idée que moi, car elle lui parla du vieil ours en peluche qu’elle avait vu non loin de moi. L’homme fit une drôle de tête, puis il referma vivement la boîte après m’avoir remis dedans. Cette fois-ci, la jeune femme emballa la boîte.
  • …Je dus m’endormir, car un bruit de voix me tira de mon sommeil. J’entendis un bruit de déchirure, puis la boîte s’ouvrit. Je me retrouvai face à face avec une petite fille tout sourire. Il lui manquait quelques dents, mais j’avais l’habitude, à la Ressourcerie, certains avaient des parties en moins. Elle m’attrapa :
  • – Oh merci Papa et Maman ! Il est tellement beau ! Je le garderai toute ma vie ! Il est comme dans les livres de contes !

Une fois sorti de la boîte, je pus voir le salon. Tout était décoré avec goût, c’était vraiment magnifique. Et là, dans une autre boîte, se trouvait…Pépé Jim ! Mais que faisait-il là ? L’homme avait les yeux étrangement mouillés, et je crois que Pépé Jim aussi. Il devait être allé le chercher quand la jeune femme lui avait raconté l’avoir vu dans la boutique. Pépé Jim m’avait un jour raconté qu’il était resté longtemps dans une famille avec un petit garçon qui avait beaucoup joué avec lui. Quel Noël ! Ce fut le plus beau de ma vie.

Je revis le vieux train de bois quelques jours après car l’amie de ma nouvelle petite propriétaire l’avait eu pour Noël. Apparemment, la famille qui l’avait acheté quelques jours avant que moi je sois acheté l’avait donné à la petite fille de la famille car le garçonnet n’en voulait plus. Je revis donc souvent le vieux train et je vécus avec Pépé Jim. La petite Camille et son père jouaient souvent à nous faire prendre le thé ensemble. (et oui, la petite me garda vraiment toute sa vie)

Noël d’un jouet (chapitre 3)

Arrivés dans sa maison, elle sortit du papier cadeau d’un placard. Elle me plaça dans une jolie boîte et elle sembla emballer joliment le tout. (je ne sais pas, j’étais dans la boîte et je ne voyais rien.) Mon rêve était-il en train de se réaliser ? Allais-je connaître un véritable Noël ? Un magnifique Noël comme ceux que je m’imaginais du haut de mon étagère, à la Ressourcerie ? Y allait-il y avoir d’autres jouets ? Et si j’en reconnaissais certains qui avaient été mes compagnons d’étagère ? Oh, ce serait parfait ! Mais pour le moment, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Il me faudrait attendre jusqu’à Noël pour me rendre compte de ma situation. Etait-ce un enfant ou un bébé ? Allais-je le voir grandir ? Allais-je passer un bout de ma vie avec lui et ensuite retourner à la Ressourcerie, comme le vieux train et Pépé Jim ? Peut-être, après tout. Tout était possible. Mais je pouvais aussi finir ma vie dans une poubelle, une patte en moins et malheureux comme les pierres. Ah, voilà que mon côté pessimiste ressortait encore. Vite, il fallait l’arrêter ! Non, je n’allais pas forcément avoir une vie horrible, et il me fallait avoir confiance en l’avenir. Mon avenir d’ours en peluche.

Mon esprit (oui, j’en ai un) n’avait de cesse d’imaginer ma future vie. Allais-je jouer tous les jours avec l’enfant ? Avait-il/elle déjà beaucoup de jouets avec lesquels il me faudrait partager son attention ? Oui, je me posais beaucoup trop de questions, mais tout ceux qui disent qu’un ours en peluche devrait rester dans son coffre à jouets peut sérieusement aller se faire voir. Voilà, c’est dit.

J’avais un peu peur de l’inconnu, bien sûr, et j’avais peur de rater mon apparition quand l’enfant ouvrirait la boîte. Mais qu’est-ce que je racontais, moi ? Un ours en peluche est toujours mignon, il n’a rien à faire de particulier pour donner envie à un enfant de jouer avec lui. Sauf quand il grandit, bien sûr. C’est sans doute la pire étape dans la vie d’un ourson comme moi. Mais passons et revenons à mon histoire. J’étais donc dans ma boîte en train de m’imaginer le futur, quand quelqu’un prit ladite boîte et la déplaça. Etais-je sous le sapin ? Que se passait-il ? J’entendis parler. Apparemment, la jeune femme n’avait pas encore emballé toute la boîte, car elle s’ouvrit à nouveau. Un homme me regarda en souriant :

  • Il est parfait.

Noël d’un jouet (chapitre 2)

Quand ils entrèrent dans la boutique, il était tôt. Tôt pour un nounours qui sommeille constamment sur son étagère, je veux dire. Donc il devait être plus ou moins onze heures du matin. Je ne sais pas, je n’ai pas de montre. Un ours en peluche avec l’heure à son poignet, ce serait bizarre, non ? Mais revenons à nos moutons. La famille de mes rêves entra dans la Ressourcerie alors que je dormais encore sur mon étagère. Les voir me réveilla instantanément. Et s’ils venaient pour moi ? Maintenant, je savais ce que ressentaient les animaux qui veulent être adoptés. Le petit garçon courut directement vers l’étagère des jouets, les yeux brillants. Je compris qu’ils venaient lui acheter un cadeau pour son anniversaire. Je mourais d’envie d’être choisi.

Ils tournèrent un moment dans la boutique, discutant de choses et d’autres, pendant que le garçonnet observait tous les jouets autour de lui. Son regard se posa un instant sur moi, puis il sembla voir autre chose. Quand il pointa son doigt vers ce qu’il voulait, mon coeur se serra (je veux dire, mon coeur se serait serré si j’en avait eu un en moi, mais l’émotion que je ressentis à ce moment là est équivalente). L’enfant voulait le train en bois. Il voulait repartir avec mon ami le vieux train. J’étais triste car je ne pourrais plus discuter avec lui, mais aussi parce que je n’avais pas été choisi. Le jouet en bois me fit un clin d’oeil en me disant qu’on se reverrait sûrement un jour, et peut-être même dans ce magasin !

La famille partit de la boutique avec le train. Il avait du goût, ce gamin. Quant à moi, je désespérais d’être choisi un jour. Qui voudrait d’un ours en peluche ? Un train, c’était bien mieux ! Les quelques ventes qui se conclurent dans les jours qui suivirent me confortèrent dans mon idée, et je sombrai dans une déprime intérieure profonde. C’était bientôt Noël, et j’avais espéré connaître enfin le moment des cadeaux, ce moment magique où l’enfant vous découvre avec émerveillement dans la boîte emballée avec du beau papier. Je ne voulus alors plus regarder les autres étagères, je fixai résolument le mur. Mon petit manège dura jusqu’à ce qu’un jour, une jeune femme entre dans la boutique. Je ne l’avais pas vue, je ne voulais plus rien voir. Je ne savais pas que, moi aussi, j’allais avoir mon histoire agrémentée d’un joli Noël. Ce ne fut que quand le vieux Pépé Jim me parla soudainement que je retrouvai mes esprits. Il me dit une phrase que je n’oublierai jamais :

  • – Eh, gamin ! C’est toi qu’elle va ramener chez elle.
  • En effet, la jeune femme s’avança vers moi, arborant un tendre sourire. Je faillis lui sourire en retour avant de me rappeler que les ours en peluche ne peuvent pas sourire, c’est impossible. Mais elle, elle avait presque réussi l’impossible. Je sentis l’espoir renaître en moi. Allais-je connaître une bonne famille ? Elle m’attrapa doucement, et pour la première fois depuis des semaines, je quittai mon étagère. Elle m’examina, semblant chercher quelque chose. Elle dut ne rien trouver à redire, car elle m’emmena à la caisse et paya. Dans sa voiture, elle me posa sur le siège avant. Il n’y avait personne d’autre avec elle. Pas d’enfant. Je me demandai si j’allais finir sur une étagère en tant que décoration. Elle me ramena chez elle. C’était la veille de Noël.

Noël d’un jouet (chapitre 1)

J’étais assis sur la plus haute des étagères de la Ressourcerie. Je n’avais encore jamais rien vécu. Je n’avais vu que ce qui se déroulait dans le magasin. J’avais vu des familles venir acheter des objets de seconde main. Des objets comme moi. Vous allez sans doute vous demander comment je pouvais n’avoir encore rien vu du monde si j’étais un objet qui n’était déjà plus neuf. Mon histoire est un peu particulière, et je vais vous la raconter. Je suis né dans une usine, comme la plupart des jouets sur ces étagères. J’ai effectivement été acheté une première fois, mais je n’ai pas vraiment été offert à un enfant. Je n’ai fait que rester dans un placard poussiéreux sans que personne ne joue avec moi. Je n’étais qu’un objet dans une armoire, voilà tout.

Au bout de plusieurs années, alors qu’une épaisse couche de poussière avait commencé à envahir mon espace de vie sombre et fermé, on m’a sorti de ma prison et j’ai enfin pu respirer. Enfin pas vraiment, car je suis un ours en peluche. Je ne respire pas. Bref. Je n’ai jamais tout à fait compris ce qui m’était arrivé dans ma première maison. Visiblement, on voulait m’offrir à quelqu’un, et quelque chose a empêché mon « adoption » par un enfant. Je ne sais pas quoi. Je ne saurai jamais. En tout cas, c’est la raison pour laquelle je suis un tout nouvel ourson perché sur cette étagère, prêt pour le prochain chapitre de sa vie qui n’avait en fait pas réellement commencé avant.

Alors que je contemplais ce magasin qui était devenu ma deuxième maison, une voix venant de l’étagère en face de la mienne m’interpella :

  • – Eh, toi, le nouveau ! C’est quoi ton histoire ? Pourquoi t’as pas l’air tout défraîchi comme Pépé Jim là-bas ?

Pépé Jim, c’était le nom du doyen des ours en peluche. Il avait l’air très vieux, il était tout rasé sur un côté, il avait perdu une oreille, on sentait qu’il avait vécu une vie bien remplie. Et peut-être angoissante, aussi ? Je discutai avec le vieux train en bois qui m’avait adressé la parole, et j’appris que Pépé Jim avait vécu dans d’innombrables familles, et qu’il finissait immanquablement par revenir ici, à la Ressourcerie. Avec parfois quelque chose en moins. Le train lui aussi avait visité plusieurs familles qui fréquentaient toutes le magasin et qui le rapportaient là quand elles n’en avaient plus besoin. Il me dit qu’il n’y voyait pas d’inconvénients, il préférait voir du pays plutôt que de rester en gare.

Du vocabulaire de trains, apparemment. Le vieux en bois avait bien roulé sa bosse, et il me raconta un peu ses différents « arrêts », comme il les appelait. Apparemment, toutes les familles n’étaient pas gentilles et souriantes, et certains enfants l’avaient jeté contre les murs, cassant une roue ou enlevant sa peinture d’origine. Mais il avait vraiment bien résisté au temps dans l’ensemble, ce qui m’ébahissait, car il avait plus de soixante-dix ans d’âge, ce qui était beaucoup pour un jouet. Il m’expliqua que les jouets en bois avaient la tête dure, et qu’il en fallait beaucoup pour les casser. Il évoqua le feu, et il eut soudain le regard trouble en parlant d’un ami à lui qui avait mal fini. Il changea bien vite de sujet, et il me narra la façon dont un gentil monsieur l’avait repeint et réparé après des années de service. Aujourd’hui, il se sentait comme neuf.

Nouvelle fiction à chapitres pour Noël : « Noël d’un jouet »

Il s’agit d’une histoire qui compte 4 chapitres.

Photo de Suzy Hazelwood sur Pexels.com

Extrait :

« J’étais assis sur la plus haute des étagères de la Ressourcerie. Je n’avais encore jamais rien vécu. Je n’avais vu que ce qui se déroulait dans le magasin. J’avais vu des familles venir acheter des objets de seconde main. Des objets comme moi. Vous allez sans doute vous demander comment je pouvais n’avoir encore rien vu du monde si j’étais un objet qui n’était déjà plus neuf. Mon histoire est un peu particulière, et je vais vous la raconter. »

« La famille partit de la boutique avec le train. Il avait du goût, ce gamin. Quant à moi, je désespérais d’être choisi un jour. Qui voudrait d’un ours en peluche ? »

Photo de Teresa Howes sur Pexels.com

Un Noël pour tous (chapitre 6)

Dans le chapitre précédent

Les enfants font les billets pour la tombola, puis ils les vendent à leur famille et à des commerçants. 

Le lundi, tout le monde revint avec l’argent de la vente des billets. La maîtresse le compta et déclara qu’il y avait largement assez pour organiser la fête. Tout le monde ne parla dès lors plus que de ça. Ils racontaient comment ils allaient bien s’amuser avec les enfants de l’orphelinat, et comment les enfants en question seraient agréablement surpris de découvrir les cadeaux que leur réservait Laura. 

La maîtresse fut contente de constater combien les élèves étaient investis dans ce projet. Cela faisait vraiment plaisir à voir. La fête se déroulerait la semaine suivante. Et bientôt, les vacances seraient là. Comme le temps passait vite ! Ce serait bientôt Noël et ensuite le Nouvel An. Lotin et Lidouine avaient commandé beaucoup de cadeaux qu’ils espéraient avoir. Ils avaient écrit leur liste quelques semaines auparavant, la confiant à leurs parents pour qu’ils la donnent au Père Noël. Ils avaient donc bon espoir que la liste lui soit parvenue. 

Le jour de la fête arriva. Les élèves furent émerveillés par les installations faites par leur maîtresse, Laura et quelques autres enseignants venus aider pour l’occasion. Quand ils arrivèrent sur les lieux, des lumières encadraient l’entrée, une musique de Noël accueillait le visiteur et un plateau de gâteaux de Noël lui tendait les bras. Les enfants, qui avaient été impatients d’aller à cette fête, entrèrent le sourire aux lèvres. Ils allaient de surprise en surprise. Les décorations apportées par la maîtresse et Laura étaient partout. Dans l’esprit des enfants, on aurait dit la maison du Père Noël, ou du moins ce qu’elle était dans leur imagination. Une maison où c’était Noël tous les jours sans interruption, le paradis. 

Ils entrèrent dans la salle où se tenait la fête. Ils poussèrent des cris de surprise : là, au milieu de la pièce, se trouvait un très grand sapin décoré de guirlandes qu’ils avaient fabriquées eux-mêmes quelques jours auparavant. C’était un des sapins de l’école. Des cadeaux attendaient à son pied. L’ensemble était très joli. Les enfants de la classe purent rencontrer les enfants de l’orphelinat. Ils étaient très gentils et éblouis par toute cette décoration. Ils l’étaient tous. Ils eurent donc un premier sujet de conversation. Les enseignants avaient très bien décoré, cela mettait vraiment dans une ambiance festive. 

La maîtresse les fit bientôt chanter un chant de Noël. Les enfants chantèrent le plus fort possible. Ce n’était pas forcément très musical, mais ils le firent tous ensemble, et tout le monde s’amusa bien. Ils mangèrent ensuite, bavardant entre eux. Une grande table avait été apportée de l’une des classes pour l’occasion. La musique de Noël continuait en fond sonore. Lotin et Lidouine se firent deux nouveaux amis : Jacques et Anna. Après un repas de Noël que tout le monde apprécia, ce fut l’heure des cadeaux. Surtout pour les enfants de l’orphelinat, mais les élèves de la classe découvrirent bientôt que les enseignants leur avait fait une petite surprise. 

Alors que les enfants de l’orphelinat allaient chercher leurs cadeaux au pied du sapin, cherchant les étiquettes à leur nom, les enseignants firent signe aux enfants de la classe d’y aller aussi. Lotin, Lidouine et les autres se joignirent donc aux autres sous le sapin. Ils trouvèrent bientôt de petits paquets à leur nom. Ils eurent chacun une carte de Noël et un petit jouet. Ils jouèrent ensuite avec les enfants de l’orphelinat. Lotin et Lidouine jouèrent avec Jacques et Anna. Bientôt, ils inclurent tous les enfants dans leur jeu, et tout le monde joua jusqu’à ce qu’il soit temps de partir. C’était la meilleure soirée qu’ils avaient jamais passé, selon les enfants. 

Le lendemain, la maîtresse sut que Laura avait enfin réussi à faire constater les conditions de vie des enfants de l’orphelinat et qu’elle avait obtenu des aides pour remettre les lieux en état. Les enfants furent très contents de le savoir. Lotin et Lidouine virent Anna, Jacques et quelques autres beaucoup plus souvent, leur rendant visite pour jouer avec eux. 

FIN ! Joyeuses Fêtes !

A venir le 26 décembre : Histoire interactive « Le message »

Photo de Irina Iriser sur Pexels.com

(Dites moi ce que vous pensez de cette histoire en commentaires, cela m’aidera à m’améliorer. Et si vous avez raté les autres chapitres, n’hésitez pas à aller les voir ici).

Chapitre 1

Un Noël pour tous (chapitre 5)

Dans le chapitre précédent

Les enfants sont contents d’organiser la fête, et la maîtresse leur dit qu’ils vont pouvoir faire les billets pour la tombola !


Laura arriva tôt dans l’après-midi, et elle reçut un très bon accueil. Tout le monde avait été très impatient de la voir. Elle sourit en voyant que plus d’élèves étaient là. Elle leur réexpliqua ce qu’elle voulait faire avec les jouets, puis ils se mirent au travail. Chacun prit une feuille et des crayons pour dessiner ce qui allait orner les billets de tombola. Pendant que les enfants travaillaient sur le design, Laura et la maîtresse s’étaient mises à discuter de l’agencement des éléments sur le ticket. Elles se mirent ensuite sur l’ordinateur de Laura qui fut bientôt connecté au réseau de l’école. Elles créèrent ainsi une maquette du futur ticket de tombola. 

Quand les enfants eurent fini leurs dessins, ils le montrèrent à Laura et à la maîtresse. Ils avaient tous bien respecté le thème de Noël. Tous les dessins furent scannés et tout le monde se pressa autour de la table pour voir la version imprimée en fin d’après-midi. Ils la trouvèrent très belle, et la maîtresse déclara qu’elle allait mettre tous les dessins, un sur chaque ticket. L’ensemble constituerait un paquet de tickets. 

Le lendemain, elle avait terminé et elle leur montra le paquet. Elle en imprima autant qu’il y avait d’élèves dans la classe, et elle les distribua aux élèves. Ils furent ravis d’avoir une mission à remplir. Ils allaient devoir vendre les billets de tombola à leurs proches et à qui ils voulaient. 

Lotin et Lidouine rentrèrent chez eux tout excités car ils allaient pouvoir vendre des tickets, chose qu’ils n’avaient vu que dans des films jusqu’ici. Ils vendirent facilement plusieurs tickets à leurs parents, grands-parents, oncles et tantes, et même à la boulangère qui leur sourit en disant que cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas participé à une tombola. Ils vendirent les derniers tickets à diverses personnes qu’ils connaissaient, amis de la famille ou commerçants qu’ils croisaient souvent. 

Ce weekend-là, ils firent le sapin. Ils adoraient accrocher les guirlandes et les boules de Noël. Leur mère mit des chants de Noël, et l’atmosphère fut complète. Ils allèrent aussi marcher un peu dans les rues. Les décorations de Noël installées par la ville étaient là, et ils firent une très belle promenade. Lotin s’amusait à souffler dans l’air glacé. Lidouine comparait ses traces de pas à celles de son papa. Elle en conclut qu’elle avait encore à grandir beaucoup avant de le rattraper…

Chapitre premier

Chapitre 6

Un Noël pour tous (chapitre 4)

Dans le chapitre précédent

La maîtresse appelle la personne à qui appartient la valise. Cette dernière passe la chercher dans l’après-midi et leur raconte que ces jouets sont en fait pour les enfants d’un orphelinat et qu’elle a perdu sa valise en allant chercher une cabine téléphonique alors qu’il neigeait. Les enfants proposent d’organiser une fête pour les enfants de l’orphelinat, afin de pouvoir leur donner les jouets. Ils décident donc de faire une tombola pour payer la fête.


Elle quitta la classe en promettant de revenir le lendemain après-midi pour les aider à faire les billets de tombola et les décorations pour la fête. Une fois qu’elle eut quitté le bâtiment, le peu d’élèves qu’il y avait actuellement dans la pièce à cause de la neige commença à discuter avec animation. Ils étaient très excités d’organiser une fête de Noël et de pouvoir faire eux-mêmes les décorations. Ils étaient surtout impatients de vendre les billets de tombola car ils n’avaient jamais vendu de billets auparavant. La maîtresse leur dit que le lendemain, avec Laura, ils allaient faire les modèles pour les billets de tombola, et qu’elle comptait sur eux pour être créatifs et pour faire de beaux dessins pour le billet. Les enfants, qui adoraient dessiner, furent très contents de pouvoir participer de cette manière. 

La maîtresse et Laura verraient comment agencer les éléments sur le billet pour ensuite imprimer les billets. Ce soir-là, Lotin et Lidouin rentrèrent chez eux le pas léger, de grands sourires aux lèvres. Ils allaient organiser leur propre fête de Noël, comme des grands ! Ils n’arrivaient pas à y croire ! Bien sûr, ce serait très encadré par la maîtresse et Laura, mais ils se sentaient tellement plus grands, en sachant qu’ils allaient organiser cette fête pour les enfants de l’orphelinat ! Ils se sentaient d’autant plus fiers d’avoir découvert cette valise par hasard dans la neige ! Ils furent très agités toute la soirée, racontant encore et encore ce qu’ils allaient faire en classe à leurs parents. 

Le lendemain, la neige avait un peu fondu, et plus d’élèves purent venir à l’école. Ils furent informés du projet. Tout le monde fut content d’y participer et de faire leur propre fête de Noël. Lotin et Lidouin furent les héros du jour quand tout le monde sut qu’ils avaient été ceux qui avaient trouvé la valise qui avait tout démarré. La maîtresse eut toutes les peines du monde à faire la classe ce matin-là, car tout le monde parlait de la fête de Noël, et personne ne voulait l’écouter. Elle fut soulagée de voir l’après-midi et Laura arriver. Elle n’aurait certainement pas réussi à les intéresser plus longtemps à autre chose que la fête.

Chapitre 5

Chapitre premier

Un Noël pour tous (chapitre 3)

Dans le chapitre précédent

Lotin et Lidouine montrent la valise à la maîtresse. Cette dernière trouve des coordonnées dans la valise et décide d’appeler la personne à qui appartient la valise pour qu’elle vienne la récupérer. 


A la récréation, comme promis, la maîtresse appela le numéro. Elle leur raconta ensuite la conversation avec la propriétaire de la valise. Cette dernière se réjouissait que quelqu’un l’ait retrouvée, et elle passerait la chercher dans l’après-midi. Cette valise était apparemment très importante pour elle. La maîtresse ajouta que la dame avait dit qu’elle expliquerait pourquoi elle avait tous ces jouets dans une valise, puisqu’ils la lui avaient rendue. 

La dame à qui la maîtresse avait parlé finit par arriver, à la plus grande joie des élèves qui ne voulaient pas faire des mathématiques et qui préféraient largement que la dame leur explique pourquoi elle avait tous ces jouets dans sa valise. Ce qui était parfaitement compréhensible. 

Elle leur expliqua qu’elle était en fait en route pour un orphelinat quand elle avait été surprise par la neige. Elle avait couru chercher une cabine téléphonique ou un téléphone chez un particulier pour appeler un taxi et la conduire à un hôtel. Elle n’habitait pas dans la ville, elle venait d’un peu plus loin. Ce jour-là, elle avait eu sa valise et cette valise de jouets. Elle avait laissé celle qui était pleine de jouets dans le parc le temps de téléphoner dans la maison d’un habitant du quartier, et le temps qu’elle revienne, la neige tombée avait recouvert la valise, si bien qu’elle n’avait pas pu la retrouver. 

Le jour où Lotin et Lidouine avaient trouvé la valise, la neige avait un peu fondu, et ils l’avaient trouvée en creusant seulement un peu. Elle les remercia d’avoir retrouvé sa valise. Elle leur expliqua ensuite qu’elle voulait donner ces jouets à un orphelinat qu’elle avait eu l’occasion de voir en passant quelques mois plus tôt dans la ville. Elle avait appris depuis qu’il allait bientôt être fermé et les enfants à l’intérieur dispersés ailleurs par manque de moyens pour l’entretenir. Elle n’avait pas assez d’argent pour les aider à garder l’orphelinat, mais elle avait voulu que les enfants aient un vrai Noël cette année, avec des cadeaux. 

Un des élèves de la classe proposa qu’ils aident à organiser une fête pour ces enfants, et qu’ils leur donnent les jouets à l’occasion de cette fête de Noël. La maîtresse trouva que c’était une bonne idée. Mais il fallait trouver un moyen de financer la fête, car elle voulait inclure à la fois les enfants de l’orphelinat et les élèves de la classe. Lotin proposa que l’on fasse une tombola, il avait vu ça dans un film à la télévision. Ils vendraient des billets à des gens et récolteraient ainsi des fonds pour la fête. La maîtresse déclara que c’était une bonne idée, et qu’elle allait en parler avec la directrice de l’école car il fallait décider des prix de la tombola et de l’endroit où organiser la fête ensuite. 

La dame à la valise, qui s’appelait Laura Buronnel, fut très contente que la classe débute ce projet. Elle déclara qu’elle allait les aider. Elle dit :

– Merci beaucoup de vous intéresser à cet orphelinat, Mademoiselle Lerrer (la maîtresse), et vous aussi, les enfants, merci pour vos bonnes idées. Je suis certaine que nous allons y arriver.

Chapitre 4

Chapitre premier

Un Noël pour tous (chapitre 2)

Dans le chapitre précédent

Lotin et Lidouine trouvent une valise pleine de jouets enterrée dans la neige. Ils se demandent si le Père Noël est passé par là…Ils décident de le montrer à leur maîtresse d’école.


Le lendemain, ils se préparèrent pour aller à l’école. Ils se réjouirent car ils savaient que la maîtresse allait encore les laisser jouer dehors plus longtemps que d’habitude à cause de la neige. Elle savait que personne n’était vraiment concentré quand les vacances de Noël étaient dans quelques semaines à peine. Lotin et Lidouine n’avaient pas beaucoup pu dormir cette nuit-là, car trop de pensées à propos de la valise trouvée tourbillonnaient dans leurs têtes. Etait-ce vraiment celle du Père Noël ? Si c’était le cas, allait-il venir la récupérer ? Pourraient-ils enfin le rencontrer ? Après toutes ces années, ils auraient aimé le rencontrer au moins une fois. Il était bien sûr très occupé et ne pouvait pas rencontrer tous les enfants du monde, mais ils pouvaient toujours espérer ! Cette valise était peut-être leur seule chance de le rencontrer ! Ils ne pouvaient pas la laisser passer ! Ils prirent donc la valise cachée sous la neige dans leur jardin avant de partir à l’école, pressés pour une fois de se rendre dans leur classe pour montrer leur trouvaille à la maîtresse. 

Ils portèrent la valise à deux, car elle était un peu lourde. Pour une fois, ils étaient vraiment contents de partir à l’école, mais pas pour y suivre les cours. Ils arrivèrent un peu plus vite que d’habitude, même avec leur charge, et ils furent surpris de trouver la cour presque vide. Ils trouvèrent bientôt la maîtresse dans sa classe. Cette dernière leur expliqua que beaucoup de personnes avaient choisi de ne pas mettre leurs enfants à l’école à cause de la neige qui bloquait les routes. Les jumeaux furent déçus, car ils avaient espéré jouer avec leurs amis. Ce ne serait pas possible s’ils étaient tous restés à la maison. Les batailles de boules de neige à l’école, ce n’était drôle que s’il y avait beaucoup de participants ! La maîtresse leur dit que ce n’était pas grave, qu’ils allaient quand même bien s’amuser avec le cours de mathématiques qu’elle leur avait préparé rien que pour eux ! Elle éclata de rire en voyant leurs mines déconfites, les rassurant aussitôt en leur disant que c’était une blague, qu’elle n’avait pas vraiment préparé quelque chose de précis pour cette journée. Mais qu’ils allaient quand même travailler, car ils étaient venus, donc mieux valait faire quelque chose, non ?

Elle leur proposa de travailler sur de la géographie et de l’orthographe, et ensuite de faire des activités créatives sur le thème de Noël. Seuls 6 élèves de la classe étaient venus, et l’appel fut vite fait. La maîtresse finit par remarquer la valise près de Lotin et Lidouine. Elle leur demanda d’où elle venait. Ils lui expliquèrent qu’ils l’avaient trouvée dans le parc près de chez eux, enterrée sous la neige. Ils l’ouvrirent pour lui montrer les jouets qu’elle contenait, et la maîtresse eut l’air ébahi. Elle leur demanda de lui raconter l’histoire dans les moindres détails. Ils terminèrent leur récit en lui disant qu’il s’agissait peut-être de la valise du Père Noël, non ? Elle commença par leur dire qu’à son avis, ce n’était pas la valise du Père Noël. Il ne l’aurait certainement pas laissée là sans surveillance. Lidouine et Lotin furent déçus par cette réponse, mais elle avait raison : le Père Noël n’aurait pas laissé sa valise dans un parc comme ça. Il n’aurait pas perdu sa valise du tout. 

Après quelques instants de réflexion, la maîtresse inspecta minutieusement la valise. Les jumeaux se demandèrent ce qu’elle espérait y trouver, car ils voulaient l’aider pour qu’elle ne cherche pas trop longtemps, mais elle finit par trouver. Elle leur montra bientôt une étiquette à l’intérieur de la valise, une étiquette qu’ils n’avaient pas vue car ils avaient été obnubilés par les jouets, ce qui était tout à fait compréhensible. Un numéro de téléphone et une adresse figuraient sur l’étiquette. La maîtresse leur dit qu’elle essaierait d’appeler le numéro pendant la récréation, car elle était curieuse de savoir à qui appartenait cette valise, et puis l’objet allait finir par manquer au propriétaire, c’était certain. Lotin et Lidouine se sentirent importants : ils avaient aidé à rendre un objet à son propriétaire. C’était une bonne action ! Leurs parents seraient fiers d’eux. 

Chapitre 3

Chapitre premier