En ligne, on perd le fil ch8

Quand la classe était « entrée » dans la « salle » ce matin là, le prof avait annoncé qu’il y avait une nouvelle règle : ils devaient couper leurs caméras. C’était un essai, et les caméras resteraient coupées si tout se passait bien. Donc cela dépendrait de leur comportement. La plupart des élèves étaient contents de pouvoir couper la caméra. Ils devaient penser pouvoir faire ce qu’ils voulaient. C’était vrai qu’avec à la fois la caméra et le micro coupé, c’était un peu comme si l’appel vidéo n’en était pas un. Le prof s’en rendait compte, à présent. Mais il ne voulait pas risquer que d’autres petits plaisantins mettent leurs chats à leur place. Comme c’était difficile de faire des cours en ligne !

Sans la caméra, il était assez difficile de savoir d’où venait tel ou tel bruit. Comme ce bruit incessant de chips, par exemple. L’un des élèves avait ouvert un paquet de chips en profitant du fait que le prof ne les voyait pas. Il ou elle était en train de les manger, et le prof était bien incapable de dire de qui il s’agissait. Bizarrement, plusieurs élèves avaient leurs micros allumés. Étaient-ils plusieurs à manger des chips ? Décidément, rien n’allait plus !

Le dernier incident du cours fut un élève qui laissa son micro allumé, et qui , oubliant que le prof pouvait l’entendre, se mit à critiquer ce dernier. Le prof lui dit alors qu’il l’entendait très bien, et qu’il avait identifié la voix. Quand il le retrouverait en cours présentiels, il s’en souviendrait. Il y eut un petit cri de surprise, puis le micro de l’élève fut coupé.

Premier chapitre

En ligne, on perd le fil ch7

Tout le monde parlait en même temps. Dans un cours normal, cela aurait fait du bruit, certes, mais vraiment pas autant que le brouhaha que cela faisait à ce moment là. Le prof semblait être entré en transe. Ou peut-être était-il en état de choc ? C’était possible, il avait l’air un peu dépassé par les événements. Il avait bien essayé de les faire taire, mais sans succès. Visiblement, son autorité s’était envolée, dans ce monde virtuel. Il n’avait que très peu de moyens pour les obliger à se taire. Il ne pouvait pas leur donner des lignes à copier car il savait pertinemment que personne ne le ferait.

Le bruit céda soudain la place au silence quand un son de trompette fit sursauter tout le monde. On ne sut jamais qui avait fait ça, mais le prof put enfin commencer le cours, alors il ne fit aucune remarque. Il commença à parler du sujet du jour. Au début, tout était silencieux. Mais tout à coup, il se rendit compte que plusieurs élèves avaient la tête penchée en avant, ou bien l’avaient appuyée contre leur main. Il interrompit soudain son cours pour leur demander de ranger leurs portables, car visiblement, ils ne l’écoutaient pas. Quand il eut l’impression qu’on l’écoutait à nouveau, il reprit.

Mais au moment où il posait une question à un élève, et au moment où ce dernier réactivait son micro, la classe entière entendit la mère de l’élève en question lui hurler de « ramener ses fesses et de venir à table ». Tout le monde se mit à rire. Le silence fut anéanti. Le prof maudit la mère de cet élève qui avait bouleversé le peu d’ordre qui avait été obtenu.

Il reprit une nouvelle fois son cours, et il fut arrêté une nouvelle fois. Non pas par une mère qui criait, mais cette fois-ci par ce qu’il venait de voir à la place d’un de ses élèves. En balayant la classe ( les petits carrés contentant chacun un habitant) , il vit soudain quelque chose qui le fit sursauter. Car l’habitant de ce petit carré avait changé. Il avait deux oreilles, des moustaches et quatre pattes. Et il regardait fixement l’écran. A moins qu’il ne dorme avec les yeux ouverts? En tout cas, ce n’était pas un élève de la classe. C’était un chat. Un chat au regard perçant qui était assis à la place de l’élève, se léchant l’arrière-train face à la caméra. Le prof se demanda si il était trop tard pour changer de métier….

Chapitre 8

Premier chapitre

En ligne, on perd le fil ch6

Le son était mauvais. Très mauvais. Elle avait déjà eu beaucoup d’appels audio, et elle n’avait encore jamais vu ça. Ils étaient quatre, dans cette réunion virtuelle, et aucun des trois autres ne parvint à comprendre ce que voulait dire leur collègue. Parce qu’il ne parlait pas assez fort ? Non. Parce qu’il marmonnait ? Non plus. Parce qu’il était trop loin du micro ? Encore pas. Même si cela aurait pu être ça. Parce qu’il y avait du bruit autour de lui ? Ou bien peut-être que l’écho s’était invité dans cette réunion. Eh bien non. C’était un problème de micro. La voix de leur collègue leur parvenait à peine, et ils entendaient la moitié des mots qu’il prononçait, comme s’ils étaient en train d’écouter une radio mal réglée.

– …lors ….pris ? J…terai….as. …ous av…rêt à….er.

Ils se regardèrent, enfin ils essayèrent car avec un appel vidéo, il était difficile de se regarder avec perplexité comme on pouvait en principe le faire quand on était en face de la personne.

Ils hochèrent la tête pour faire signe qu’ils avaient compris même si ce n’était pas du tout le cas. Peu après, le micro du collègue rendit définitivement l’âme, et ils durent utliser la messagerie pour communiquer avec lui.

Chapitre 7

Premier chapitre

En ligne, on perd le fil ch5

La réunion se passait bien, se réjouit le chef d’équipe du projet. Il n’y avait pas encore eu d’ennuis techniques. Ses collègues lui avaient déjà parlé de leurs déboires avec les nouvelles technologies. Les réunions en ligne, cela n’avait pas que du bon, apparemment. Mais cela semblait dépendre des personnes, visiblement. Il n’avait pas eu de problèmes. (jusque là) Il devait faire partie de ceux qui avaient des atomes crochus avec la technologie. Ses collègues avaient juste cru être doués en informatique, et ils ne l’étaient en fait pas du tout, chose qu’ils avaient pu remarquer en essayant de faire des réunions en lignes qui s’étaient finalement mal déroulées. Ils lui avaient dit avoir imaginé tout autre chose, bien sûr. Les réunions étaient censées se passer très bien, sans le moindre souci à l’horizon. Mais ils avaient oublié que la technologie jouait très souvent des tours à qui voulait croire qu’elle était de son côté.

Un peu plus tard dans la réunion, il eut son moment de problème d’appel vidéo. Il avait cru y échapper, mais personne n’y échappait jamais vraiment. Tout le monde passait par là, il y avait forcément au moins un petit incident pendant chaque appel. Les autres le savaient d’expérience, il ne l’avait juste pas encore vécu pour cet appel. C’était son premier appel, et il avait encore une confiance incroyable en la technologie et les appels vidéos. L’incident se produisit quand il eut passé la parole à un de ses collaborateurs, pensant ainsi être tranquille pour un bon moment. Il avait coupé son micro et sa caméra avait toujours été coupée puisque personne ne l’allumait en général, et il avait commencé à mâcher son sandwich, il se sentait très bien. Mais cela allait être de courte durée. Il fut soudain interpellé par un de ses collaborateurs, et il se mit à répondre à la question, reposant son sandwich. Mais il avait oublié un détail important. Ce furent ses collègues qui lui dirent. Il avait oublié de remettre son micro en marche. Cela faisait donc cinq minutes qu’il parlait sans que personne ne l’entende. Entendant cela, il soupira. Il venait de perdre sa confiance en les appels vidéos. Cela avait pourtant paru être si bien ! Mais il avait fallu un appel pour qu’il change d’avis.

Il ralluma son micro, et il recommença du début, faisant comme s’il ne s’était rien passé. Il avait quand même passé cinq minutes à parler tout seul….Pendant cette partie de la réunion, il demanda à ses collaborateurs de rallumer leur caméras et écrans, car il se sentait seul, à parler en face d’écrans vides. Mais il regretta vite de leur avoir demandé cela, car il vit quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir, quelque chose qu’aucun des participants n’aurait dû voir. Quelqu’un venait de passer en courant devant la caméra d’un des participants, presque nu. Le chef d’équipe se prit la tête entre les mains. Il allait être traumatisé par cette histoire d’appel vidéo. Et pourquoi leur avait-il demandé d’allumer leurs caméras, hein, pourquoi ?! Il aurait mieux fait de se taire.

Chapitre 6

Premier chapitre

En ligne, on perd le fil ch4

Les réunions en ligne, il l’avait appris il y a un moment déjà, ce n’était jamais vraiment aussi calme qu’il y paraissait. Même si on voulait être calme, on ne pouvait pas toujours l’être. Il avait déjà testé plusieurs problèmes techniques différents, comme par exemple l’écho qui avait fait des siennes pendant une conférence vidéo d’une heure et demie, et il avait eu beaucoup de mal à retenir son fou rire à cause de la voix que cela faisait à l’organisateur. En regardant autour de lui, il avait constaté que les autres participants étaient dans le même état que lui. Les problèmes de son, il connaissait donc déjà. Et il attendait de voir ce que cette réunion allait lui apprendre de nouveau sur les appels vidéos et leurs problèmes techniques. En cinq réunions, il avait l’impression d’avoir tout vécu. Que pouvait-il vivre de plus ? Il avait dû déjà passer par toutes les possibilités d’échec de connection, de perte de son, de perte d’image…Il attendait donc de voir ce qui allait se passer. Le début de la réunion se passa bien, il se détendit donc un peu. Erreur ! Une seconde suffit pour que tout bascule. Un des participants posa une question, et, pour une raison ou pour une autre, sa phrase réveilla l’assistant vocal qui se trouvait dans le salon. Il avait oublié de le débrancher, et il le regretta bien vite.

La question déclencha l’assistant vocal qui essaya d’y répondre à sa manière. Mais comme il s’agissait d’une question rhétorique, il ne put pas vraiment y répondre de façon claire. Le résultat fut plutôt drôle, et après une seconde de silence complet du côté de l’appel vidéo, la réponse de l’assistant fut saluée par des rires.

Quand le calme revint, tout le monde avait coupé son micro et était très certainement encore en train de rire de l’absurdité de la situation, en train de se dire qu’il ou elle allait raconter ça ce soir à table, pendant le dîner, car c’était trop drôle. Donc le calme n’était pas exactement revenu, mais en apparence, oui. Soudain, le chef posa une question, et là, le calme apparent se transforma bien vite en une tempête de mots. L’écho n’était miraculeusement pas revenu, mais comme tout le monde essayait de parler en même temps, personne ne s’entendait. Cela dura cinq minutes, et tout à coup, tout redevint silencieux, tout le monde s’étant tu en même temps. Le chef n’avait même pas pu avoir la réponse à sa question. Cet appel vidéo allait encore entrer dans les annales….

La réunion reprit, et chacun fit comme s’il ne s’était rien passé, c’était une habitude qu’ils avaient pris pour éviter de perdre trop de temps. Déjà que les problèmes techniques n’avaient de cesse de les ralentir dans l’avancée de leur travail, ils n’allaient pas en plus en discuter pendant des heures. La réunion reprit donc, et tout le monde crut que ce serait calme ensuite, et qu’il n’y aurait pas besoin de prolongation comme la dernière fois à cause d’un incident qui avait empêché tout le monde de s’exprimer sur son avancée dans le travail. Mais généralement, dans ces réunion, les incidents arrivaient sans prévenir, et donc ils pouvaient arriver les uns à la suite des autres. Là, ce fut un collègue qui avait oublié de couper son micro après son intervention. Il le regretta ensuite, car sa fille passa apparemment dans le couloir, se mettant à chanter très fort (et très faux) une chanson à la mode quelconque. Bien évidemment, il s’empressa de couper. Mais le mal était fait. Il eut d’ailleurs bien du mal à retrouver le bouton qui retirait le son, dans son trouble. La réunion reprit tant bien que mal après cinq minutes de flottement, à savoir de collègues qui discutaient de l’interruption soudaine en riant. Non, vraiment, cet appel vidéo allait recevoir la palme de l’appel le plus perturbé qu’ils aient jamais eu à ce jour.

Chapitre 5

Premier chapitre

En ligne, on perd le fil ch3

Quand le chef n’était pas là, les souris dansaient. Non, les collègues dansaient. Il s’en passait, des choses, lorsque le chef n’était pas dans la réunion. Un appel vidéo était une bien trop bonne occasion de faire n’importe quoi, même si toutes les personnes présentes (virtuellement) étaient adultes. Enfin on pouvait se demander si elles l’étaient vraiment, étant donné l’agitation qui régnait simplement parce que le chef tardait à arriver. Il avait annoncé avoir dix minutes de retard, et donc l’appel avait perdu toute l’ambiance studieuse du début. Certains collègues s’étaient mis à essayer des filtres par jeu, et l’un d’entre eux n’arrivait plus à retirer le sien. Et donc lorsque le chef finit par arriver dans l’appel, le collègue en question avait de grands yeux et un tout petit menton. Tous les autres collègues se mordaient les lèvres pour le pas rire. Mais le fou rire les atteignit bientôt tous et le chef dût leur dire de couper leur caméra pour se calmer un peu. Mais ce ne fut pas le seul problème technique durant cet appel.

Après une demi heure de calme (relatif), le second incident survint. Il s’agissait alors du plus grand ennemi d’un appel vocal à plusieurs : l’écho. Apparemment, quelqu’un avait laissé le son allumé ( alors qu’il fallait le couper pour éviter les problèmes d’écho, justement), causant ainsi un écho fantastique, et le chef perdit encore une demi heure à chercher qui avait mis le son. Il ne put pas repérer la personne tout de suite car l’appel comptait beaucoup de personnes. C’était peut-être là le problème. La voix du chef se multiplia donc pendant plusieurs minutes, déclenchant à nouveau un fou rire chez certains collègues. Comme quoi, l’absence d’image ne les avait pas calmés.

L’incident final qui clôtura cet appel vidéo déjà très perturbé fut l’arrivée du chat d’un des participants. Lorsque ce dernier eut le dos tourné pour attraper un dossier, l’animal fit tomber l’ordinateur. Juste après, la connexion se coupa. La dernière chose que les participants de la vidéo virent, ce fut la tête du chat qui se rapprochait de l’écran. Puis plus rien.

– Game over ! , plaisanta soudain l’un d’entre-eux en prenant une voix d’outre-tombe.

Chapitre 4

Premier chapitre

En ligne, on perd le fil ch2

Elle avait déjà fait des appels vidéos. Mais elle n’apprenait jamais. Toutes les erreurs qu’elle avait faites auparavant quant à ces réunions en ligne, elle les oubliait systématiquement dès qu’elle se préparait pour un nouvel appel. Elle ne savait pas comment elle faisait pour oublier. C’était un mystère. Pourtant, ces erreurs n’étaient pas très faciles à oublier. La fois où elle avait eu la flemme de mettre un pantalon correct, ayant mis un jogging rouge vif, car « de toute manière, elle n’avait jamais besoin de se lever pendant un appel vidéo « , elle ne l’oublierait pas de sitôt.

Cette fois-ci, donc, elle s’était mise sur son ordinateur, essayant de trouver un bon angle pour la caméra de l’appel. Car c’était quelque chose qu’elle oubliait souvent. Elle la positionna là où elle pensait que c’était le meilleur angle. En rejoignant l’appel, elle eut droit à des « Ah, c’est donc là que tu vis », de la part de plusieurs de ses collègues qui n’avaient encore jamais vu son appartement. C’était la remarque que chacun se faisait à chaque appel et à chaque nouvelle personne sur l’écran. Sauf que certains collègues le disaient tout haut. La curiosité était humaine, après tout. Mais mieux valait placer la caméra correctement de manière à ne pas montrer tout l’appartement non plus. Cette fois-ci, elle avait choisi ce qu’elle pensait être un bon angle, mais qui se révéla être le pire angle possible.

Elle s’en rendit compte quand un collègue lui demanda avec un demi sourire où elle avait eu le joli tableau derrière elle. Elle se retourna et vit avec stupeur qu’elle s’était placée sans faire exprès de manière à ce que le tableau douteux que lui avait offert un ami le mois dernier soit en plein dans le champ de vision de la caméra. Elle déclara avec aplomb qu’elle s’était juste trompée en mettant le filtre. Elle mit un filtre qui representait un bureau pour cacher le tableau problématique, évitant le sujet pour tenter de le faire oublier.

Elle dût ensuite partager son écran pour montrer quelque chose à ses collègues. Elle eut tout d’abord quelques problèmes avec l’affichage de l’écran, ne parvenant pas à leur faire voir ce qu’elle voulait vraiment leur montrer. Puis, mystérieusement, la page où elle avait cherché sa future paire de baskets roses apparut à la vue de tous. Elle se racla la gorge, eut un rire nerveux, puis elle changea vite de page, leur montrant enfin ce qu’elle voulait. Et voilà, elle recommençait à avoir des problèmes en plein milieu des appels vidéos ! C’était mortifiant. Elle se réconforta ensuite en se disant que des baskets, ce n’était pas très grave. Cela aurait pu être autre chose de plus gênant encore….

Chapitre 3

Premier chapitre

En ligne, on perd le fil ch1

Il n’avait encore jamais fait ça. D’habitude, les réunions, il les faisait dans une salle, avec des gens en face de lui, et un café à la main. Là, il allait le faire sur son canapé, avec des gens en face certes, mais des gens qu’il verrait sur son écran, et sans café car il venait de remplacer son canapé, et il ne voulait pas risquer de renverser son café dessus. Alors le café, ce serait pour plus tard.

Il partit se préparer. Oui, car même pour une réunion en ligne, il se préparait pendant de longues minutes. Il valait mieux être présentable, même de derrière son écran, s’était-il dit. Il avait donc mis ses vêtements de réunion habituels, à savoir un blazer chic et un pantalon bien repassé. Sa chemise blanche sans plis sous le blazer, le look « réunion » était complet.

Il partit s’assoir devant son ordinateur, s’assurant que le son était bon, que la vidéo fonctionnait, et que l’angle allait. Il ne voulait pas que ses collègues voient plus que le mur de son salon. Il tira un peu le rideau, de manière à ce que la lumière soit excellente. Il n’aurait ainsi pas l’air d’un fantôme ( trop de lumière) ou d’un loup garou ( trop sombre). Il se posta devant son écran, dossiers et carnet à proximité, attendant l’heure de l’appel. Il avait cinq minutes d’avance. Il se prépara donc un café, finalement. Il voulait arriver pile à l’heure. Il s’installa donc, son café sur la table basse, l’ordinateur sur les genoux, tous ses outils de travail autour de lui. Tous ? Peut-être pas. Il avait oublié de prendre un stylo ! Il en vit un, posé sur la table de la cuisine. C’était celui qu’il avait prévu pour la réunion. Zut ! Il allait devoir enjamber toute son installation. Il posa l’ordinateur sur le côté, et il partit chercher son stylo. A mi chemin, il se rendit compte que l’heure pile était imminente ! Il attrapa vite son stylo et il courut vers le canapé, s’y effondrant.

Lorsqu’il se connecta, il avait une minute de retard, les cheveux un peu en bataille, la chemise légèrement plissée à un endroit qui se voyait sûrement, et son pantalon n’était vraiment plus repassé comme cinq minutes avant. Tout ça pour un stylo ! Il salua ses collègues, puis il s’arma de son stylo ( le fameux stylo) et de son carnet.

Mais soudain, alors que le chef arrivait dans l’appel vidéo, il y eut un bruit strident qui le fit sursauter, et son café se renversa. Au même moment, la fenêtre de l’appel se ferma. Il se figea. Sa chemise blanche était à présent couleur café. Heureusement, ses collègues n’avaient rien dû voir, puisque l’appel s’était figé à ce moment précis.

Cinq minutes plus tard, alors qu’il essayait de se reconnecter sans succès tout en essuyant vainement le café de sa chemise, il reçut un sms d’un de ses collègues, une photo suivie de plusieurs émoticônes qui riaient. Apparemment, quand il avait été « éjecté » de l’appel, l’écran s’était figé sur la dernière image qu’il y avait de lui , c’est à dire arborant un air ahuri, et la chemise dégoulinante de café…..

Chapitre 2