(Une seconde pour tout changer) chapitre 3

Les pas se rapprochèrent. Céleste et Eliot ne bougèrent pas, ne sachant pas du tout à quoi s’attendre. La personne pouvait aussi bien leur vouloir du bien qu’avoir de très mauvaises intentions. Des bruits de pas ne renseignaient généralement pas quant à ce que quelqu’un venait faire. Et c’était bien dommage. Ils virent bientôt une silhouette s’avancer à grands pas. Quand elle se fut suffisamment approchée, Eliot sursauta :

– Encore vous ? Je croyais vous avoir dit que je ne voulais rien avoir à faire avec vous ! Pourquoi êtes-vous venu ici ? Qu’est ce que vous voulez encore ?

L’homme qui avait failli lui attirer de gros ennuis peu de temps auparavant se tenait sur le seuil de leur refuge, l’air amical. Céleste le salua, comprenant qu’il s’agissait du monsieur riche dont son frère venait de lui parler. Elle ne voyait pas pourquoi Eliot réagissait de la sorte face à lui. Ce dernier s’écarta un peu, laissant ainsi entrer Tony, le plus jeune de la petite famille d’Eliot. Ce dernier se précipita pour prendre le garçon dans ses bras, le serrant fort contre lui :

– Mais où étais-tu passé ? On s’est inquiétés ! Pourquoi est-tu avec lui ?

Le petit expliqua que, juste avant de rentrer à la maison, il avait rencontré des problèmes. Et le monsieur riche avait été là pour le sauver. Visiblement, l’inconnu qu’Eliot détestait déjà sans même connaître son nom avait déjà beaucoup de succès auprès de ses jeunes frères et soeurs. Tony l’aimait déjà alors qu’il l’avait rencontré une vingtaine de minutes auparavant. Le jeune garçon raconta donc que son sauveur avait fait fuir une bande de jeunes qui étaient venus voir Tony pour lui prendre son argent et le menacer. Ce n’était pas la première fois que cela lui arrivait, mais cette fois-ci, il avait pu repartir avec son argent. Le riche inconnu compléta l’histoire en disant qu’il était arrivé in extremis. Une seconde plus tard et l’argent aurait changé de mains. Il les avait menacés d’appeler la police et de témoigner contre eux lors du procès. Eliot écouta le récit que lui firent les nouveaux arrivants sans mot dire. L’homme continua en disant que ce qu’il avait vu l’inquiétait beaucoup. Vivre ici était dangereux pour eux. Ils n’étaient que des enfants. Il ne pouvait pas les laisser seuls ici. Il voulait faire quelque chose. De but en blanc, il leur proposa l’adoption. Les visages des jeunes frères et soeurs d’Eliot s’eclairèrent de joie. Mais Eliot n’était pas dupe. Cet homme ne pourrait pas les prendre tous les trois avec lui. Il n’en avait pas le droit. La loi interdisait d’adopter plus d’un enfant de la ville. Apparemment, une adoption de multiples enfants avait posé beaucoup de problèmes par le passé. Donc l’homme ne pourrait en adopter qu’un sur les trois. Eliot expliqua rapidement aux deux autres enfants qu’il ne fallait pas se bercer d’illusions, qu’ils ne resteraient certainement pas ensemble en acceptant cette proposition. Ils seraient dans des familles différentes. Céleste et Tony demandèrent au riche inconnu si ce que leur frère avait dit était vrai, et ils eurent l’air très déçus quand l’homme leur confirma la théorie. Il ne pouvait en adopter qu’un, et ils ne seraient donc pas dans la même famille. En revanche, un autre de ses amis était lui aussi en mesure d’adopter, et ils habitaient dans la même rue. Céleste et Tony eurent l’air réjoui à nouveau. Mais il restait un sérieux problème dans cette histoire idyllique : seuls deux des enfants pouvaient partir. A moins que le mystérieux homme riche ait un autre ami qui veuille adopter. Ils allaient quand même être séparés. Eliot décréta soudain qu’il était hors de question qu’ils acceptent quoi que ce soit venant de lui. D’autant plus s’ils allaient forcément être séparés. Ils étaient bien mieux ici. Pauvres mais ensemble. Et non pas riches mais malheureux.

Il fallut pas loin d’une heure entière peuplée peuplé d’arguments pour convaincre Eliot que ce n’était pas une mauvaise chose. Il céda en voyant l’espoir de pouvoir quitter cette vie difficile dans les yeux de Céleste et Tony. Il se proposa même pour être celui qui allait rester là. Il ne pouvait pas les forcer à rester avec lui dans cette vie de misère alors qu’ils avaient une possibilité de vivre beaucoup mieux qui leur était offerte. Ce fut donc ainsi qu’il se retrouva à les regarder partir, regrettant déjà amèrement sa décision. La mort dans l’âme, il avait décidé de les accompagner jusqu’au parking de l’aéroport pour leur dire au revoir. Il ne savait pas pourquoi il avait accepté l’offre du monsieur riche. En tout cas, alors qu’il les regardait décoller, il ressentit pleinement les conséquences de son choix. A présent, il était seul. Tout seul. Il avait envoyé ses seuls compagnons, sa seule famille, très loin de lui. Il regarda l’avion s’éloigner jusqu’à ce qu’il devienne un petit point dans le ciel. Au moment où il disparut, Eliot fondit en larmes, seul sur le parking.

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