NoĂ«l dans la cheminĂ©e : chapitre 4

S’approchant de la source du bruit (la cheminée, apparemment), il entendit les lutins parler de faire couler de l’huile dans la cheminée ou encore d’aller acheter un chausse-pieds géant sur un de ces sites en ligne qui ne fournissent jamais les objets à la bonne taille. L’enfant leva les yeux et fut très étonné de constater que quelqu’un était coincé dans la cheminée de sa maison ! Voyant l’habit rouge, il fut encore plus surpris de voir que c’était le Père Noël qui était coincé là !

L’enfant cria :

  • – OhĂ© ! Père NoĂ«l ! Prends ma main, je vais t’aider Ă  descendre ! 

Il n’entendit pas la voix du Père Noël qui disait :

  • – Mais c’est que je voudrais monter, moi….

Il tira sur la main qui finit par se tendre vers lui, et bientĂ´t, le Père NoĂ«l fut dĂ©coincĂ© et atterrit lourdement dans le salon du jeune garçon, plus ou moins Ă©chevelĂ©, son paquet Ă  la main. Le Père NoĂ«l lui fit signe de ne rien dire, puis il alla poser le paquet sous l’arbre. L’enfant alla ouvrir la porte de sa maison pour Ă©viter au Père NoĂ«l d’avoir Ă  repasser par la fameuse cheminĂ©e qui l’avait coincĂ©. Les lutins se tenaient sur le pas de la porte. Apparemment, ils avaient tout entendu, et ils avaient cherchĂ© un moyen de se sortir du problème. Un enfant avait vu le Père NoĂ«l ! Personne ne devait le voir. 

Ils lui racontèrent que le vieux bonhomme rouge qu’il venait de voir était en fait un acteur déguisé payé par la mairie pour venir déposer des cadeaux. L’enfant paru trouver cela bizarre, mais il ne dit rien. Les lutins lui firent promettre de ne rien dire à personne sur ce qu’il avait vu ce soir là, pas même à ses parents. Le garçonnet promit. Ouf ! Mais de toute manière, qui le croirait s’il racontait avoir vu le Père Noël ?

NoĂ«l dans la cheminĂ©e : chapitre 3

Dans le traîneau, c’était la consternation. Mais où était passé le Père Noël ? En règle générale, il mettait entre deux à trois minutes pour donner chaque cadeau. Mais là, cela faisait quatre minutes et demie ! Où était-il ? S’était-il fait prendre ? A cinq minutes, un lutin descendit en rappel dans la cheminée pour voir (et je cite) ce qu’était devenu ce vieux barbu. Il remonta en riant si fort que les enfants du monde entier durent l’entendre.

Il expliqua aux autres (qui se réunirent autour de lui sur le toit de la maison) que le Père Noël était resté coincé dans la cheminée ! Il existait beaucoup d’histoires dans lesquelles le Père Noël restait coincé de la sorte, mais ce n’étaient que des histoires pour enfants ! Le Père Noël était d’ailleurs très friand de ce genre de récits, et il en achetait régulièrement pour rigoler un peu. Malheureusement, un de ces scénarios typiques venait de lui arriver ! Ah, il riait moins, tout d’un coup !

Un conseil des lutins se tint sur le toit de la maison qui serait bientĂ´t tristement cĂ©lèbre chez les lutins comme Ă©tant celle oĂą le Père NoĂ«l resta coincĂ©. Ils cherchèrent vainement une solution pour faire sortir le Père NoĂ«l de la cheminĂ©e. Ils furent vite Ă  cours d’idĂ©es. L’un d’entre eux cria au Père Nöel qu’il ferait mieux de manger un peu moins de gâteaux au chocolat, que ce serait mieux pour sa ligne et pour les cheminĂ©es du monde entier. 

Pendant ce temps, l’enfant de la maison s’était rĂ©veillĂ©. Il avait entendu du bruit. 

NoĂ«l dans la cheminĂ©e : chapitre 2

Le traĂ®neau volait au dessus des nuages, pilotĂ© par le Père NoĂ«l. Il Ă©tait content de pouvoir se promener un peu. Ces longs mois sans pouvoir utiliser son traĂ®neau l’ennuyaient. Ce soir Ă©tait le seul soir oĂą il pouvait se promener. Il fallait aussi qu’il donne ses paquets, bien sĂ»r, mais il apprĂ©ciait tout de mĂŞme la balade. Pendant le reste de l’annĂ©e, il ne pouvait pas sortir sans ĂŞtre reconnu. C’était donc imprudent de se montrer. 

Voyant une première maison, il fit descendre le traĂ®neau vers son toit. Se posant sans bruit (il avait l’habitude d’être discret, avec toutes ces annĂ©es d’expĂ©rience de conduite de traĂ®neau…), il prit le paquet correspondant Ă  l’enfant qui habitait la maison (il savait toujours d’instinct retrouver LE paquet qu’il fallait au bon moment, il n’était pas Père NoĂ«l pour rien) et il descendit prestement par la cheminĂ©e pour aller le dĂ©poser au pied du sapin. Ce petit Tristan serait content de trouver sa console dernier cri sous le sapin le lendemain en se levant…. Le Père NoĂ«l ne comprenait pas toujours bien la technologie, c’était la raison pour laquelle il ne voulait pas de listes de cadeaux par mail, mais il savait toujours ce qui ferait vraiment plaisir Ă  ces chers garnements. 

Il ressortit de la première maison et enchaîna directement sur les suivantes, prenant assez vite sa vitesse de croisière. Parfois, il s’arrêtait cinq secondes de plus pour boire le lait et manger le gâteau au chocolat. Il avait souvent un peu mal au ventre à la fin de sa tournée, mais cela en valait la peine, car les gâteaux étaient fameux. 

Cela se passait bien, et cela aurait pu continuer ainsi si le Père Noël n’était pas resté coincé dans une cheminée…

NoĂ«l dans la cheminĂ©e : chapitre 1

C’était Noël. Tout était prêt pour une nuit de distribution de cadeaux ! Tout était prêt, mais en même temps, tout restait à faire pour les lutins. Ils étaient en train de charger les innombrables paquets sur le traîneau du Père Noël. Des rouges, des jaunes, des bleus, des dorés, des pailletés, il y en avait pour tous les goûts. Les cadeaux étaient certes emballés, mais ils devaient d’une manière ou d’une autre rejoindre le moyen de transport du Père Noël. Et tous contenir dedans ! D’ailleurs, les paquets débordaient du traîneau chaque année, mais personne n’en avait jamais vu tomber. Magie de Noël ou simple chance ? Nul ne le savait. En tout cas, les lutins n’avaient jamais eu à gérer de problèmes de place, car tout rentrait toujours, bien que de justesse. 

Pendant que les lutins chargeaient le traĂ®neau, le Père NoĂ«l, lui, prenait son jus de mangue assis sur son lit. C’était son petit rituel, avant de partir distribuer les cadeaux. Il ne pouvait pas dĂ©coller dans son traĂ®neau sans avoir bu son verre habituel. Il posa ensuite son verre sur la table de nuit, regardant une photo qui le reprĂ©sentait ainsi que tous ses lutins. Il pensait aux belles annĂ©es qu’ils avaient dĂ©jĂ  passĂ© ensemble Ă  travailler dans ce secteur, et aux magnifiques annĂ©es qui les attendaient encore. L’atelier du Père NoĂ«l, c’était comme une grande famille ! 

Il finit par quitter le confort de sa chambre pour aller enfiler son manteau de distribution, celui qui lui tenait bien chaud tout lĂ  haut, dans son traĂ®neau. Il sortit dans le froid. Ses lutins avaient terminĂ© leur tâche ardue. Tous le saluèrent. Puis ils firent leur cri de ralliement habituel avant que le Père NoĂ«l ne doive partir. Les lutins qui avaient fini leurs tâches rentrèrent dans l’atelier, et ceux qui devaient accompagner le Père NoĂ«l pendant sa tournĂ©e montèrent sur le traĂ®neau. On donna le signal du dĂ©part. 

Nouvelle fiction Ă  chapitres « NoĂ«l dans la cheminĂ©e »

Il s’agit d’une histoire de NoĂ«l comportant 4 chapitres.

Extrait :

« C’était NoĂ«l. Tout Ă©tait prĂŞt pour une nuit de distribution de cadeaux ! Tout Ă©tait prĂŞt, mais en mĂŞme temps, tout restait Ă  faire pour les lutins. Ils Ă©taient en train de charger les innombrables paquets sur le traĂ®neau du Père NoĂ«l. Des rouges, des jaunes, des bleus, des dorĂ©s, des pailletĂ©s, il y en avait pour tous les goĂ»ts. Les cadeaux Ă©taient certes emballĂ©s, mais ils devaient d’une manière ou d’une autre rejoindre le moyen de transport du Père NoĂ«l. Et tous contenir dedans ! »

Photo de Brett Sayles sur Pexels.com

Liste 5 mots : 37

Documents, Parasol, Hier, Sol, Mois

Il avait d’importants documents dans sa serviette. Il marchait d’un pas rapide, comme le faisaient en gĂ©nĂ©ral les hommes d’affaires ayant un air occupĂ©. Il regardait constamment sa montre, visiblement prĂ©occupĂ© par quelque chose. Il regardait aussi les rails depuis le quai de la gare. Il avait apparemment peur de manquer son train. 

Lorsque la locomotive pointa enfin le bout de son nez, il voulut se prĂ©cipiter dans son wagon, tout nerveux. Mais un parasol lui bloqua le passage. Pour le commun des mortels, c’étaient les vacances d’étĂ©, et les voyageurs autour de lui allaient presque tous Ă  la mer pour se dĂ©tendre et prendre du bon temps. Lui, il n’allait pas Ă  la mer. Il transportait quelque chose d’important, quelque chose qui ne pouvait pas ĂŞtre divulguĂ© Ă  n’importe qui.

Il s’écria en s’asseyant «  Comme c’était long ! Mon patron m’a dit que je devais ĂŞtre arrivĂ© hier ! Â» Dans le train, tout le monde le regarda bizarrement, ignorant que son patron voulait dire qu’il devait se rendre oĂą il lui avait demandĂ© en très peu de temps, et que cela ne signifiait pas rĂ©ellement qu’il devait arriver la veille. 

Il se plaignit ensuite du sol du train. A ce moment-lĂ , personne ne l’écoutait plus. Ils en avaient dĂ©jĂ  assez, ils n’allaient pas laisser cet idiot leur gâcher leur mois de vacances !

Neige/soleil

Il ouvrit les yeux. Mais oĂą Ă©tait-il donc ? Il ne voyant que le soleil briller juste au dessus de lui, comme si ce dernier cherchait Ă  le rassurer. Mais le rassurer de quoi ? Y avait-il un danger ? Car pour que quelqu’un veuille le rassurer, il fallait qu’il se passe quelque chose. Soudain, il s’arrĂŞta de bouger, stupĂ©fait. S’Ă©tait-il cognĂ© la tĂŞte ? Pourquoi pensait-il que le soleil voulait le rĂ©conforter ? Le soleil n’Ă©tait qu’une boule de feu dont il ne fallait pas trop s’approcher. Car on pouvait ĂŞtre brĂ»lĂ© si on restait trop longtemps dessous. C’Ă©tait d’ailleurs dĂ©fendu, de rester sous le soleil. Le regarder, aussi. On pouvait avoir les yeux brĂ»lĂ©s. Le soleil Ă©tait dangereux. Il le savait. Il en Ă©tait sĂ»r. Alors pourquoi avait-il pensĂ© que le soleil voulait le rĂ©conforter ? Peu-ĂŞtre s’Ă©tait-il effectivement cognĂ© la tĂŞte. Il ne savait pas. Il ne savait plus. Au fond, cela importait peu. Il Ă©tait lĂ , Ă  prĂ©sent, et il avait cru que le soleil allait le rĂ©conforter. Complètement ridicule ! Comment avait-il pu croire une chose pareille ? Le soleil Ă©tait un ennemi de son peuple. On le lui avait toujours dit. Maman le lui avait toujours dit. Toujours dit. Enfin, les fois oĂą il avait Ă©coutĂ©. Mais ce n’Ă©tait pas le moment de penser Ă  maman. Elle n’Ă©tait pas lĂ , elle ne pouvait pas l’aider. Elle Ă©tait loin. Elle Ă©tait bien trop loin. Elle ne pourrait pas l’aider. De toute façon, il ne savait mĂŞme pas oĂą il Ă©tait.  Relevant les yeux vers le soleil sans toutefois le regarder vraiment dans les yeux de peut de perdre la vue, il s’aperçut que ce dernier Ă©tait entourĂ© de nuages. Des nuages qui formaient une spirale en hauteur allant droit vers le soleil. Et il Ă©tait dans une sorte de pièce faite en nuages. Une pièce blanche, bien sĂ»r. Mais tout ceci ne rĂ©pondait pas Ă  sa question. OĂą se trouvait-il, au juste ? Dans une maison ? Une maison oĂą habitaient les ĂŞtres des nuages ? Oui, ce devait ĂŞtre cela. Les ĂŞtres des nuages. Leurs voisins. Il avait dĂ» se perdre dans la forĂŞt, et les ĂŞtres des nuages l’avaient gentiment hĂ©bergĂ© pour la nuit. Mais il faisait grand jour, Ă  prĂ©sent. Et il Ă©tait tout seul dans cette pièce toute blanche. Il commençait Ă  avoir un peu froid. Et maintenant qu’il y pensait, il Ă©tait possible qu’il n’ait pas mangĂ© depuis quelques jours. Il interrogea son estomac, qui lui rĂ©pondit en gargouillant. Il se sentait seul, aussi. Les larmes lui montèrent aux yeux. Mais oĂą Ă©taient les ĂŞtres des nuages ? N’avaient-ils pas de quoi se chauffer, dans leurs maisons ? Sans doute que non. De toute façon, il Ă©tait seul ici, et il n’avait personne Ă  qui parler. Il aurait aimĂ© se plaindre des conditions de vie dans cette pièce blanche, mais il ne pouvait pas. Et puis il devait rester fort. Sa maman serait fier de lui. Il ne se plaindrait pas. Jamais. Il «était très courageux. Il avait faim, mais il allait ignorer les gargouillis de son ventre. Il allait penser Ă  autre chose. Il avait froid mais il n’allait rien dire. Il n’aurait pas Ă©tĂ© poli d’aller se plaindre Ă  des gens qui l’avaient hĂ©bergĂ©s pour la nuit si gentiment. Il Ă©tait seul, mais il pouvait tenter de se rassurer lui mĂŞme. A moins que le soleil ne le fasse avant. Non ! Cette histoire de soleil qui console Ă©tait absolument ridicule. Il tapa du pied sur le sol, avant de se rappeler que sa mère n’apprĂ©ciait pas ce genre de comportement. Il allait ĂŞtre courageux, il ne dirait rien. Il ne se plaindrait pas. Pas une seule fois. Il allait ĂŞtre courageux….Tout de mĂŞme, il faisait froid, lĂ  dedans. Les maisons en nuages Ă©taient loin d’ĂŞtre un endroit confortable, en plus. Non ! Il Ă©tait dĂ©jĂ  en train de se plaindre, ça n’allait pas du tout ! Mais pas du tout du tout ! Pour se changer les idĂ©es, il observa Ă  nouveau la colonne de nuages montant vers le soleil. Elle Ă©tait jolie. Le soleil brillait, et sa lumière se projetait sur les parois de l’Ă©trange tunnel de nuages. Était-ce une sortie ? Peut-ĂŞtre pouvait-il sortir de cette affreuse pièce toute blanche et dĂ©primante ? Il se releva, se tenant debout pour la première fois depuis qu’il s’Ă©tait rĂ©veillĂ© ici. Cela semblait bien trop haut. Il Ă©tait bien trop petit. Il aurait fallu une Ă©chelle, or il n’en avait pas. Il contempla alors le tunnel blanc, son espoir de sortie. Ce n’Ă©tait plus trop un espoir, maintenant qu’il avait analysĂ© la situation et qu’il avait constatĂ© qu’il ne pourrait pas passer par lĂ . Il se laissa retomber au sol, dĂ©sespĂ©rĂ©. Mais que pouvait-il faire ? Il se pelotonna le long du mur en nuage. Il se demanda comment il pouvait arriver Ă  tenir sur un nuage sans passer au travers, mais cette pensĂ©e fut vite oubliĂ©e car il s’endormit. Toutes ces rĂ©flexions l’avaient Ă©puisĂ©es. Après ce qui lui parut ĂŞtre des heures, une main se posa sur  son Ă©paule. On venait le chercher ! Il saurait enfin oĂą il Ă©tait, et si les ĂŞtres des nuages l’avaient hĂ©bergĂ© ou non ! Il se tourna et tomba nez Ă  nez avec une femme :

  • – Marc ! Tu as fini de jouer ? Ne dis pas non, je vois que tu es fatiguĂ©. Tu vas aller faire ta sieste, mon chĂ©ri. Tu as passĂ© suffisamment de temps dans ta caverne de neige !

Machine à écrire

Je me demandais quoi Ă©crire, et je me suis mise Ă  penser Ă  une de ces machines Ă  Ă©crire anciennes qu’utilisaient les auteurs autrefois. Elles Ă©taient sĂ»rement gĂ©niales ! Bon, par contre, il fallait faire attention ne pas se tromper quand on Ă©crivait avec. On m’a racontĂ© qu’il n’y avait pas de correcteur orthographique, pas de moyen de revenir en arrière pour Ă©viter de faire la faute de frappe que l’on regrette Ă  prĂ©sent amèrement. Sauf peut-ĂŞtre un espèce de blanco qui n’était pas très pratique. Ce qui fait qu’on a pas le droit Ă  l’erreur, avec ce genre de machine.  Si on se trompe, on n’a plus qu’Ă  recommencer du dĂ©but. Un autre inconvĂ©nient : la taille de cette chose. Et son poids, aussi ! Ce n’était certainement pas l’instrument d’écriture le plus facile Ă  transporter. 

Quand je pense qu’aujourd’hui les tablettes sont de moins en moins Ă©paisses ! Mais en dĂ©pit de ces problèmes qui se poseraient si on avait ce genre d’engins  au 21ème siècle, je suis certaine que ce doit ĂŞtre une expĂ©rience extraordinaire que d’Ă©crire avec une de ces machines.  C’est en tout cas mon point de vue. En rĂ©alitĂ©, j’ai dĂ©jĂ  essayĂ© d’Ă©crire sur une telle machine. Et c’est difficile. Sans doute parce qu’on a l’habitude d’avoir le correcteur orthographique qui corrige automatiquement les mots que l’on Ă©crit. On ne fait mĂŞme plus attention. 

En tout cas, cela fait bizarre de se dire que les auteurs du dĂ©but du siècle dernier Ă©crivaient avec des machines Ă  Ă©crire. Car aujourd’hui, les ordinateurs et les portables ont pris toute la place. Et les Ă©crivains Ă©crivent bien souvent dessus, et pas Ă  la main. 

Tradition, chapitre 5

Lucile parut reprendre un peu ses esprits après quelques minutes passĂ©es sur le canapĂ© de la maison de Louise Ă  contempler le plafond. Louise Ă©tait très inquiète. Pourquoi sa locataire et nouvelle amie s’était-elle Ă©vanouie de la sorte ? Quand elle apprit que ses frères Ă©taient repartis dans le manoir, Lucile dĂ©clara qu’ils Ă©taient en danger. Elle commença Ă  s’agiter nerveusement, disant qu’il fallait qu’elle y retourne pour les sauver. Louise, qui n’avait aucune envie d’aller lĂ  bas alors qu’il y avait semblait-il des manifestations surnaturelles, tenta de la dissuader d’y revenir. En vain. Elle ne voulait rien entendre, rĂ©pĂ©tant seulement avec conviction que ses frères Ă©taient en danger. 

Louise l’accompagna donc au manoir, peu rassurée. Elle n’avait pas envie de laisser Lucile se rendre seule dans le sinistre bâtiment, mais elle avait peur. Elles entrèrent. La porte grinça. Où étaient les deux frères de Lucile ? Elles finirent par les trouver cachés derrière le canapé, armés de lampes de chevet. Louise faillit pouffer de rire en les voyant. Que comptaient-ils faire avec ça ?! S’il y avait vraiment un fantôme, une lampe ne pourrait rien contre lui ! Elle leur dit :

  • – Bon alors, que se passe-t-il ? Est-ce une blague pour nous rendre la pareille ? Eh bien elle est rĂ©ussie. FĂ©licitations. Mais je crois que maintenant, vous pouvez reprendre votre soirĂ©e. 

Les deux frères ne lui rĂ©pondirent pas, pointant frĂ©nĂ©tiquement leurs doigts vers quelque chose derrière elle. D’abord figĂ©e, elle se retourna lentement. LĂ , devant elle, se trouvait Lucile. Mais ce n’était pas vraiment Lucile, car elle avait des yeux rouges et un sourire cruel. Les cheveux de Louise se dressèrent sur sa tĂŞte. Lucile leur faisait-elle une blague ? Elle espĂ©rait que c’était le cas, elle l’espĂ©rait très fort, mais cela avait l’air si rĂ©el ! Les deux frères firent diversion en criant depuis l’arrière du canapĂ©. Louise sortit en courant de la pièce. Elle savait que son grand-père lui avait parlĂ© d’une situation comme celle-ci. Bien sĂ»r, elle ne l’avait jamais vraiment pris au sĂ©rieux, car toute cette histoire avait l’air complètement irrĂ©elle. Mais aujourd’hui, ses conseils allaient peut-ĂŞtre pouvoir lui servir. Elle courut voir dans le placard sous l’escalier. Mais oĂą Ă©tait-il ? Elle finit par trouver un tout petit bouton qui, une fois pressĂ©, dĂ©voila une cache secrète contenant une fiole avec un pulvĂ©risateur. 

Elle courut à nouveau jusqu’au salon. Lucile, ou plutôt ce qui avait pris le contrôle du corps de Lucile, était en train d’essayer de tuer un de ses frères. Louise poussa un cri en voyant ça, attirant l’attention du monstre qui se mit à courir vers elle. Louise lui envoya alors une giclée du liquide de la fiole dans la figure. Lucile se mit alors à crier, à se contorsionner bizarrement, pour finalement tomber à terre, tremblante. Une sorte de fumée rouge s’échappa de son corps. Louise pulvérisa encore un peu de liquide dessus, et la chose rouge disparut en hurlant. Lucile avait perdu ses yeux rouges. Elle dit :

  • – Que…Que s’est-il passĂ© ? Qu’est-ce que je fais lĂ  ? J’étais chez Louise, non ? 

Louise lui expliqua ce qui Ă©tait arrivĂ©, expliquant aux trois frères et sĹ“urs les conseils de son grand-père. Elle dĂ©clara qu’elle ne louerait plus jamais ce manoir car il Ă©tait bien trop dangereux. Elle les invita Ă  terminer leur sĂ©jour chez elle, loin du lieu maudit. 

Et c’est ainsi que les frères purent regarder leurs films d’horreur sur le canapĂ© de Louise, pendant que leur sĹ“ur et Louise jouaient aux petits chevaux dans la cuisine en mangeant des bonbons et de la pizza. 

Tradition, chapitre 4

Louise dit au revoir Ă  Lucile. Elle riait encore de la blague qu’elles venaient de faire aux deux frères “sans peur” de la jeune femme. Elle s’était beaucoup amusĂ©e Ă  faire semblant d’être possĂ©dĂ©e par un esprit. Elle prĂ©fĂ©rait que ce soit faux, bien sĂ»r. Toutes ces histoires que son grand-père lui avait racontĂ©es sur le manoir…Elle espĂ©rait sincèrement qu’elles Ă©taient fausses. Mais le sĂ©rieux avec lequel il racontait tout ceci l’avait toujours un peu angoissĂ©e. Il donnait l’impression de croire Ă  tout ce qu’il disait, et il n’avait jamais plaisantĂ© de sa vie. Certains de ses locataires s’étaient dĂ©jĂ  plaints de bruits bizarres ou de lueurs Ă©tranges, mais elle-mĂŞme n’en avait jamais Ă©tĂ© le tĂ©moin direct. Elle ne savait donc pas trop quoi en penser, et elle prĂ©fĂ©rait mettre en garde ses locataires, au cas oĂą il se passerait vraiment quelque chose. 

Lucile avait eu l’air de prendre ses histoires au sĂ©rieux. Mais ses deux frères avaient ri comme si elle avait racontĂ© une bonne blague. Vraiment ? Pouvait-on vraiment n’avoir peur de rien ? Eh bien elle avait sa rĂ©ponse, maintenant. Il leur arrivait d’avoir peur, bien qu’ils affirment le contraire. 

Une fois rentrĂ©e chez elle, elle se demanda comment se passait la soirĂ©e de ses locataires. Elle espĂ©rait qu’ils ne seraient pas dĂ©rangĂ©s par quoi que ce soit. Elle prit un livre. Elle n’était invitĂ©e Ă  aucune fĂŞte pour Halloween, et cela tombait plutĂ´t bien, car elle n’aimait vraiment pas jouer Ă  se faire peur. Elle plaignait sincèrement Lucile, qui n’avait pas l’air d’apprĂ©cier les films d’horreur davantage qu’elle, et qui allait ĂŞtre forcĂ©e par ses frères Ă  en regarder. Elle aurait tout Ă  fait pu l’inviter Ă  passer la soirĂ©e chez elle, mais cela aurait Ă©tĂ© très bizarre, Ă©tant donnĂ© que le trio Ă©tait venu pour fĂŞter Halloween au manoir. Elle n’aurait donc rien pu faire pour sauver Lucile des films d’horreur. Elle se plongea dans son livre, oubliant le monde extĂ©rieur. 

Des coups prĂ©cipitĂ©s frappĂ©s Ă  sa porte la sortirent de l’histoire. Se demandant de qui il s’agissait Ă  cette heure-ci, un peu effrayĂ©e car ce pouvait-ĂŞtre quelqu’un de dangereux, elle alla tout de mĂŞme ouvrir car c’était peut-ĂŞtre une urgence. Elle eut la surprise de trouver le trio de frères et sĹ“urs sur le pas de sa porte. DĂ©cidĂ©ment, ils allaient finir par l’inviter Ă  passer la soirĂ©e avec eux, ou quoi ? Elle remarqua alors que Lucile avait l’air un peu bizarre. Elle Ă©tait toute pâle, elle avait l’air malade. Trop de bonbons ? Non, pas aussi rapidement, quand mĂŞme…Les deux frères lui expliquèrent qu’ils avaient vu des ombres Ă©tranges dans le manoir juste avant que Lucile ne s’évanouisse. Ils voulaient la lui confier car visiblement, les lieux la faisaient se sentir mal Ă  l’aise. Louise accepta de l’hĂ©berger chez elle, et ils repartirent dans le manoir. Apparemment, ils voulaient percer le mystère de ce manoir. Ils Ă©taient fous, pensa Louise. Fou ou inconscients. 

Mais elle ne pouvait pas exactement leur dire quoi faire, alors elle emmena Lucile dans son salon, l’étendant dans son canapé. Qu’allait-il se passer, maintenant ? Qu’avait donc Lucile ?