Ce soir-là, c’était Halloween : Chapitre 1

C’était le soir. Une ambiance particulière régnait déjà dans les rues. Une excitation collective, une appréhension certaine, de la joie, les sentiments se rejoignaient en ce soir spécial. La nuit pointait à peine le bout de son nez, et les premières lumières apparaissaient. Les bougies allumées dans les lanternes commençaient leur spectacle glaçant. Elles ne tiendraient sans doute pas toute la nuit, mais leur lueur tremblotante ferait son petit effet. Les stands s’installaient sur la grand-place de ce petit village. Ce soir, c’était Halloween. Tout le monde allait se déguiser, tout le monde s’amuserait, et à minuit, ils attendraient de voir si, comme dans la légende, les monstres sortiraient de leur cachette pour semer le trouble dans le monde des humains. En principe, il ne se passait jamais rien, mais de vieilles histoires sur le village ramenaient chaque année cette peur, ce mystère, cette excitation de peut-être voir quelque chose d’extraordinaire ou d’effrayant. Les gens du coin adoraient Halloween, et c’était l’occasion pour eux de se retrouver, de deviner qui était déguisé en quoi, et de se faire une belle peur.

Ils étaient quatre. Ils traînaient toujours ensemble. Ils étaient inséparables. Et c’étaient les seuls adolescents dans ce village. L’an prochain, ils partiraient à la fac dans une autre ville, comme tous les autres avant eux. Ce village était trop éloigné de tout pour être attractif à leurs yeux. Et puis une fois qu’ils étaient allés à la fac, les enfants du village découvraient une vie excitante et si différente de ce qu’ils avaient toujours connu. Ils n’avaient plus du tout envie de rentrer au village. Il en serait sûrement de même pour ces quatre-là, oui, ces quatre jeunes qui marchaient dans la rue. Ils étaient en route pour le festival du village. Ils conversaient en avançant lentement. Le village était très petit, il ne comportait que quelques rues. Le petit groupe ne tenait pas à arriver trop tôt, ils voulaient se balader un peu avant.

Sonia marchait devant avec Arthus. Ils étaient meilleurs amis depuis la maternelle, et ils avaient les mêmes goûts pour beaucoup de choses. Ils aimaient tous deux Halloween, mais pas pour les mêmes raisons. Sonia aimait réaliser de petits films d’horreur, c’était sa passion. Arthus aimait choisir son costume longuement et ensuite parader devant les autres. Il avait très bon goût, et ses déguisements étaient souvent magnifiques.

Lilou souriait de toutes ses dents. Elle avait hâte que la fête commence. Ghislaine traînait un peu les pieds parce qu’elle pensait encore à la mauvaise note qu’elle avait eue en histoire quelques heures plus tôt. Elle avait peur de ne pas avoir son bac et de ne pas pouvoir aller à la fac. Elle rêvait de pouvoir partir du village, et ne pas avoir son bac signifierait rester encore un an dans ce trou perdu.

Ils marchaient tous vers le festival d’Halloween. Sonia, Arthus, Lilou et Ghislaine. Ils iraient dans des facs différentes, l’an prochain. Leur amitié survivrait-elle ? Ils étaient persuadés que ce serait le cas. Seul le futur le dirait. En attendant, ils étaient en train d’arriver à la fête. Ils portaient chacun un costume. Sonia était une magnifique sorcière, Arthus un splendide vampire, Lilou portait un très convaincant déguisement d’Annabelle qui avait fait sursauter ses parents quand ils l’avaient vu, et Ghislaine était venue en Harley Queen. Alors qu’ils entraient dans le festival, le téléphone de Sonia sonna. Elle s’excusa, puis elle s’éloigna du groupe en décrochant. Les autres décidèrent de partir explorer le festival, elle les rejoindrait bien plus tard. Ils passèrent devant la boutique de la vieille Denise, dite Dents pointues le soir d’Halloween. Elle portait des dents de vampire très réalistes chaque année, et elle tenait une boutique d’objets effrayants qui avait toujours beaucoup de succès.

Nouvelle fiction à chapitres pour Halloween : « Ce soir-là, c’était Halloween »

Il s’agit d’une histoire qui compte 4 chapitres.

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Extrait :

« C’était le soir. Une ambiance particulière régnait déjà dans les rues. Une excitation collective, une appréhension certaine, de la joie, les sentiments se rejoignaient en ce soir spécial. La nuit pointait à peine le bout de son nez, et les premières lumières apparaissaient. Les bougies allumées dans les lanternes commençaient leur spectacle glaçant. Elles ne tiendraient sans doute pas toute la nuit, mais leur lueur tremblotante ferait son petit effet. Les stands s’installaient sur la grand-place de ce petit village. Ce soir, c’était Halloween. Tout le monde allait se déguiser, tout le monde s’amuserait, et à minuit, ils attendraient de voir si, comme dans la légende, les monstres sortiraient de leur cachette pour semer le trouble dans le monde des humains. »

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Liste 5 mots : 32

Perles, Récolte, Pizza, Pompe, Anatomie

Elle avait beaucoup de perles dans son sac. Elle aimait les montrer à ses amis. C’était sa fierté. Elle les gardait tout le temps sur elle, les admirant de temps à autres, ne se lassant jamais de leur beauté. Elle avait même des photos de ces « admirables bijoux », comme elle les appelait. C’était vraiment la prunelle de ses yeux. 

Mais ce qu’elle ne disait pas aux autres, quand elle leur montrait, ce qu’elle omettait de préciser aux admirateurs des magnifiques petites pierres, c’était qu’elles n’étaient pas exactement à elle. Disons même qu’elle les avait…empruntées. Pour assez longtemps. C’était en fait une voleuse professionnelle qui cachait bien son jeu. Sa récolte était bonne à chaque fois. 

Chaque fois qu’elle réussissait un coup, elle se récompensait en s’offrant une pizza. Et elle prétextait quelque chose d’autre pour célébrer la chose avec ses proches sans qu’ils sachent ce qu’elle fêtait vraiment. Et elle continuait à montrer ses pierres qui n’étaient pas à elle sans sourciller. 

Une fois, elle avait même pris quelque chose dans un jardin. Elle en avait besoin pour son vélo, et elle l’avait vue en entrant. Elle ne s’était pas posé de questions, elle l’avait prise sous son bras et avait quitté la maison avec un peu plus que son butin habituel. Une pompe à vélo toute neuve accompagnait les pierres, cette fois-ci. Un modèle d’anatomie avait également disparu de l’habitation…

Liste 5 mots : 31

Empreinte, Hier, Pilule, Avion, Bourse

L’empreinte dans la neige l’avait laissé perplexe. Elle n’y était pas quand il était parti le matin, et dans ces contrées désertes, il n’y avait presque pas d’humains. Du moins pas à sa connaissance. C’était visiblement une personne ayant de grands pieds, et cela lui faisait un peu peur. Il était seul dans cet endroit, seul avec cet humain très grand qui était venu jusqu’à sa porte et avait rebroussé chemin. Mais était-ce vraiment un humain ? Il n’en était même pas certain. La simple vue de cette trace dans la poudreuse le faisait frémir. Il ne savait pas vraiment pourquoi. 

Hier encore il se sentait en sécurité, justement parce qu’il se pensait loin des autres humains. Mais l’était-il vraiment ? Il entra dans le petit bâtiment qui était sa maison depuis seulement quelques jours. Cette expédition allait tourner au cauchemar, il le sentait. Un malaise s’était installé en lui. Il alla dans la cuisine. Il allait encore devoir prendre une pilule pour dormir, pour calmer ses nerfs. Les environs, dépourvus de vie humaine, étaient déjà menaçants avant qu’il ne découvre les empreintes, mais à présent, il avait une folle envie de repartir en terrain connu, et il regrettait d’avoir accepté ce travail. Il entendit bientôt un avion passer au dessus de sa maison provisoire. Personne ne passait jamais, lui avait-on dit. Il y serait seul. Les lieux étaient fréquentés, pour un endroit soit-disant désert ! Il serra sa bourse contre lui, bien qu’il sache que dans ce pays, elle ne lui servirait à rien. Elle était vide, de toute manière. Elle avait appartenu à son père, elle le rassurait. 

Liste 5 mots : 30

Album, Oreille, Saphir, Ponctuel, Glace

L’album était sorti la semaine passée. Je ne voyais vraiment pas pourquoi tout le monde était si dingue de ce chanteur, il n’avait vraiment rien de spécial. Je n’avais pas l’oreille particulièrement musicale, mais j’avais en plus l’impression qu’il chantait assez faux. Mais c’était sans doute parce que je le détestais. Chaque fois qu’un de mes amis en parlait, toutes les autres conversations s’arrêtaient et tout le monde exprimait son admiration pour ce « fascinant » chanteur qui me laissait de marbre. Non, vraiment, je ne voyais pas pourquoi tout le monde l’aimait bien. Peut-être était-ce sa boucle d’oreille ornée d’un saphir, ou encore sa mèche rebelle qui lui recouvrait toujours un œil. Ce n’était sûrement pas un hasard, d’ailleurs, qu’elle retombe de la sorte. Il passait sûrement beaucoup de temps chez un coiffeur pour l’avoir exactement placée comme ça. Il était aussi incroyablement ponctuel, et ne faisait jamais attendre ses fans. C’était donc un chanteur merveilleux ! (notez mon ironie…) Je m’achetai une glace, butant aussitôt après dans quelqu’un, tâchant son t-shirt avec ma crème glacée. C’était lui. C’était le chanteur. Il me sourit, m’assurant que ce n’était rien. Zut, il m’avait eu. Son charme était en train de marcher sur moi. Non !

Liste 5 mots : 29

Cymbales, Angle, Dame, Treuil, Spécial

Les cymbales la réveillèrent de bon matin. Mais que se passait-il… ? Elle ouvrit difficilement les yeux. Elle s’était couchée tard la veille, elle le payait maintenant. Elle sortit de son lit, non, pardon, elle se laissa tomber hors du lit, voulant aller voir la cause de tout ce tintamarre. Elle atterrit sur le tapis, remerciant tous les dieux qui existaient que sa sœur lui ait acheté cette horreur pleine de fils de toutes les couleurs pour son dernier anniversaire. Elle se releva tant bien que mal. Le concert de cymbales continuait. Mais qui faisait autant de bruit à cette heure ? Les voisins étaient-ils devenus mélomanes ? Enfin, non, plutôt : étaient-ils devenus sourds ? 

Elle alla à la fenêtre, se figeant lorsqu’elle vit la source de la cacophonie. Non, même en regardant la scène sous un autre angle, c’était toujours aussi alarmant. Elle détourna les yeux, horrifiée. Non, ce n’était pas possible…Il n’avait pas fait ça….

Elle était sûre que toutes les dames n’avaient pas cette « chance » dans leur vie. Celle de pouvoir entendre une sérénade faite avec des cymbales. Mais quelle mouche avait piqué Virgile, son admirateur pas si secret ? Etait-il devenu fou ? Les voisins étaient sans doute en train de la maudire. Elle n’était arrivée que depuis peu de temps dans le quartier, et déjà, elle allait avoir une sacrée réputation…

Il avait parfois de drôles d’idées, le Virgile. La dernière fois, il avait installé un treuil dans son jardin et il l’avait montré à tout le monde comme si c’était un joyau royal. Il avait même tenté de s’en servir, une fois, mais l’expérience s’était mal terminée. Elle ne voyait donc pas pourquoi elle était encore surprise par cet énergumène. 

Elle ouvrit la fenêtre, très gênée, lui criant d’arrêter. Il lui répondit entre deux coups de cymbales, que c’était un cadeau très spécial de sa part, qu’il fallait qu’elle en profite ! Oui, elle allait en profiter…Elle referma sa fenêtre, souhaitant plus que jamais se téléporter loin, très loin d’ici et de cet hurluberlu.

Liste 5 mots : 28

Sourd, Larve, Silhouette, Libération, Partenariat

Pour quelqu’un de sourd, la vie n’était déjà pas facile tous les jours. Il fallait sans cesse s’adapter à un monde qui était plein de bruits, des bruits qui aidaient les personnes qui entendaient à faire beaucoup de choses. A savoir si une voiture arrivait dans la rue, par exemple. C’était aussi utile en intérieur, pour savoir si le chat était à nouveau coincé dans le garage car quelqu’un lui avait fermé la porte au nez. Situation assez rare, mais qui pouvait arriver à tout moment. 

La vie ne lui avait donc pas fait de cadeaux jusqu’ici, mais là, il trouvait qu’elle exagérait. Il était en train de manger dans un restaurant, et il venait de trouver une larve dans son déjeuner. Il avait d’abord été surpris, puis il avait choisi d’en rire. Jusqu’à ce qu’il se rendre compte que cette larve était dans ce qu’il devait manger. Il appela donc le serveur, énervé. Il lui montra l’insecte, faisant de grands gestes pour lui faire comprendre que cette chose n’avait rien à faire là. 

Une silhouette s’approcha alors de la table de l’infortuné. C’était le patron du restaurant. Il venait s’excuser personnellement pour la larve dans l’assiette. Il écouta cet important bonhomme se confondre en excuses pendant au moins cinq minutes, ou du moins il fit mine d’écouter, car il pointa son doigt vers une de ses oreilles en secouant la tête pour faire comprendre au directeur du lieu qu’il était parfaitement inutile de dire tout ça puisqu’il ne l’entendait pas. 

Il n’en voulait pas, de ces excuses. Il attendait juste de pouvoir manger. Il se sentait oppressé par cet homme qui tenait à lui faire une heure d’excuses, il voulait sa libération

Quand le patron du restaurant eut enfin fini de parler dans le vide, il s’en alla, tout penaud, lui promettant (à grands renforts de gestes) de revenir et de lui porter personnellement une assiette parfaitement saine. L’homme sourd soupira. Il espérait que l’assiette viendrait vite. Il avait faim ! Et il ne voulait pas « entendre » des promesses à n’en plus finir sur un partenariat avec un fournisseur célèbre. Il voulait partir le plus vite possible pour pouvoir enfin se mettre en week-end. En tant que critique culinaire, il ne mettrait pas cinq étoiles à ce restaurant, cette année. Les plats étaient un peu trop…particuliers à son goût.

Ah, les vacances (chapitre 17) : Épilogue

Dans le chapitre précédent…

Fanny est libérée, et Samantha a dû promettre de faire en sorte que les humains polluent moins les océans, en organisant par exemple des journées de nettoyage de la plage ou en sensibilisant les vacanciers. Fanny vante les mérites de la ville sous-marine dans laquelle elle était.

C’était maintenant la fin des vacances. Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis l’enlèvement de Fanny. Elles reparlaient souvent de la ville sous l’eau, et elles discutaient aussi de l’opération « Plage propre » que Samantha avait proposée et qui semblait enthousiasmer les vacanciers qui prenaient ça comme un jeu. Ils étaient nombreux chaque jour à ramasser les déchets sur la plage, ou à sermonner d’autres vacanciers qui jetaient encore leurs déchets là où ils se trouvaient. Parfois, Samantha se demandait si le Roi du peuple de l’eau les regardait du fond de la mer, en souriant.

Elle s’était souvent demandé si elle n’avait pas rêvé de tout ça, car le lendemain, déjà, la soirée lui avait paru irréelle. Fanny, qui avait réellement visité une ville sous-marine et qui donc avait vu plus de choses extraordinaires qu’elle, disait que c’était parfaitement vrai, et qu’elle s’en rappelait très bien. Mais peu à peu, ses souvenirs s’estompaient un peu, et elle oubliait certains détails.

Est-ce qu’à terme, elles allaient oublier toute cette histoire ? Etait-ce la magie du Roi du peuple de l’eau qui était en train d’effacer doucement leurs souvenirs ? Après tout, il avait bien dit que son peuple n’était pas censé exister aux yeux des humains… Il lui avait dit que personne ne la croirait. Elle n’avait pas essayé de raconter quoi que ce soit à qui que ce soit, mais elle se doutait bien de la réaction que n’importe qui aurait en l’entendant raconter qu’il existait un peuple de l’eau qui gardait les océans.

A la fin des vacances, Samantha fut heureuse d’apprendre que Fanny habitait dans la ville à côté, et donc qu’elle pourrait venir la voir souvent. Depuis qu’elle faisait très attention à ne pas s’éloigner trop de la plage, elle n’avait pas eu d’autres accidents. Samantha n’avait sauvé personne d’autre, d’ailleurs. Il n’y avait pas eu trop de problèmes. Les rares personnes qui avaient été en difficulté avaient été ramenées sur la plage par une vague. Elle se demandait parfois si le Roi du peuple de l’eau n’y était pas pour quelque chose…

….Et cette histoire se termine là. Qu’en avez-vous pensé ?

Chapitre premier

Ah, les vacances (chapitre 16) : Le retour

Dans le chapitre précédent…

La silhouette est en fait le Roi du peuple de l’eau, il s’excuse pour l’attitude de son fils et il explique à Samantha que lui et son peuple sont les gardiens des océans, et que son fils prend la chose très à coeur, en ayant assez que les humains polluent leurs eaux. Le Roi semble disposé à libérer Fanny, mais il demande à ce que Samantha fasse quelque chose en échange…

Samantha, qui avait pensé pouvoir sauver Fanny simplement en ayant une conversation avec le père de son ravisseur, fut surprise en l’entendant lui demander de faire quelque chose en échange de la libération de la jeune femme. Elle dût avoir l’air mal à l’aise, car le vieil homme reprit :

  • Oh, ce n’est pas quelque chose d’affreux, et puis vous le devez un peu à vos océans, et ce depuis longtemps. Voyez ça comme un geste pour l’environnement, et non pas comme une monnaie d’échange. Je voudrais que vous preniez soin de votre plage, que vous instauriez des bonnes pratiques aux vacanciers, en leur rappelant qu’il ne faut pas jeter leurs déchets sur la plage ou dans la mer, qu’il y a des poubelles pour ça? Avec des panneaux…
  • Vous voulez que je fasse une campagne pour nettoyer la plage ?
  • Ça peut être une bonne idée aussi. Je suis sûre que vous trouverez comment faire. Tiens, voilà votre amie…

Samantha se retourna, s’entendant appeler. Elle sourit en voyant Fanny. Elle semblait aller bien. Elle la serra dans ses bras. Elles ne se connaissaient pas depuis longtemps, mais toutes ces aventures et ces sauvetages les avaient rapprochées. Fanny se mit à parler :

  • J’ai visité leur ville sous la mer, et j’ai bu un cocktail aux algues ! Oh, et ils ont des salons de coiffure extraordinaires ! C’est génial ! Pourquoi vous riez, Samantha ? D’ailleurs, je peux vous tutoyer, maintenant ?
  • Je ris parce que ça a l’air extraordinaire, mais tu ne pourras jamais le raconter à personne sans qu’ils te prennent pour une folle.
  • C’est vrai. Il n’y a que toi qui peux comprendre tout ça. Car le Roi vient de tout t’expliquer, pas vrai ? J’ai un nouvel ami, maintenant : le fils du Roi. Je pourrai retourner me baigner dans la mer sans craindre de me faire emporter au fond de l’eau !
  • Il ne veut pas t’épouser et encore t’emmener dans sa ville, si ?
  • Non, voyons ! On n’est pas dans un de ces contes de fées ! De toute manière, je préfère rester sur la terre ferme. Et je te promets que je ne vais plus me noyer, à partir de maintenant.
  • Peux-tu vraiment promettre une chose pareille ? Moi, par contre, je peux te promettre de ne pas te laisser te noyer.
  • Si tu es sur place.
  • Si je suis sur place, oui. Tiens, mais où est passé le Roi ?

Il avait dû partir pendant leur conversation, car il n’était plus derrière Samantha. Elles quittèrent la plage bras dessus, bras dessous, discutant toujours de la « merveilleuse ville sous l’eau » qu’avait vu Fanny.

Chapitre premier

Chapitre 17

Ah, les vacances (chapitre 15) : La discussion

Dans le chapitre précédent…

Samantha ouvre la bouteille. Un message se trouve à l’intérieur, lui disant de venir sur la plage le soir-même, seule, pour discuter. Est-ce un piège ? Samantha décide de s’y rendre, elle veut sauver Fanny. Une silhouette sort de l’eau…

Elle s’immobilisa sur le sable, attendant que la silhouette la rejoigne. Elle avait un peu peur, mais elle ne s’enfuit pas, se rappelant qu’elle venait pour sauver Fanny. Si elle partait maintenant, elle ne saurait jamais ce qui lui était arrivé et elle s’en voudrait toute sa vie. Elle ne bougea donc pas, regardant la personne sortir de la mer et venir vers elle. Elle s’aperçut que c’était un vieil homme à la peau aussi transparente que celle de l’homme qui avait enlevé Fanny. Cette bouteille à la mer avait donc bien un rapport avec les évènements de l’après-midi. Elle se contenta de regarder le vieillard, attendant qu’il lui explique pourquoi il lui avait demandé de venir.

Il lui sourit, puis il demanda :

  • Êtes-vous Samantha ? Je suis venu tout vous expliquer. Ne vous en faites pas, votre amie va bien.
  • Comment savez-vous qui je suis ? Et où est-elle ? Libérez-la ! Pourquoi l’avez-vous enlevée ?
  • Que de questions… Je connais votre nom car la mer entend tout. Je me présente : je suis le Roi du peuple de l’eau. Je sais qu’entendre cette phrase peut paraître irréel, mais c’est bien vrai. Je ne peux pas vous dire que je suis plombier ou homme d’affaires, je ne suis aucune de ces choses. Votre amie va vous être rendue, mais d’abord, je vais vous expliquer un peu pourquoi mon fils l’a enlevée. Oui, l’homme bleu de la plage dont tout le monde parle actuellement sur tous les réseaux sociaux qui existent, celui qui fait partie de votre spectacle, apparemment, c’est mon fils. Je vous remercie d’avoir inventé une histoire pour cacher la vérité. Nous ne sommes pas censés apparaître devant les humains.
  • Si vous êtes censés vous cacher de nous, alors pourquoi est-ce que votre fils est apparu devant tout le monde en créant une vague gigantesque ?

Il eut un petit sourire amusé :

  • C’est une très bonne question. Il était là parce qu’il a échappé à ma surveillance. Voyez-vous, il a du mal à comprendre que les humains ne sont pas des ennemis. Nous, le peuple de l’eau, nous passons nos vies à protéger les océans. Nous en sommes les gardiens. Notre plus grande cause d’inquiétude, c’est la pollution de nos mers et océans par vous, les humains. Mon fils y est particulièrement sensible. Il a passé beaucoup trop de temps avec son grand père qui détestait les humains, et donc il n’aime pas non plus les humains. Votre amie l’a offensé quand il a compris pourquoi elle faisait semblant de se noyer. Il a beaucoup de respect pour les sauveteurs, et il a dû trouver qu’elle se moquait de vous. Nous sommes les sauveteurs des océans et vous des vies humaines, nous vous respectons donc énormément, en tant que gardiens et protecteurs. Elle a dû aussi polluer en laissant des détritus sur la plage, ce qui a mené à tout ça. Mais elle était surtout proche de l’eau, et c’est la première personne qu’il a vue en arrivant sur la plage.
  • Donc elle ne racontait pas n’importe quoi quand elle m’a raconté que quelqu’un avait essayé de la noyer en la tirant sous l’eau ? C’était votre fils ? Est-ce qu’il lui a fait du mal ? Est-ce qu’il est calmé maintenant ?
  • Oui, il est calmé. Il comprend qu’il n’aurait pas dû se montrer et effrayer tout le monde. Il n’a pas fait de mal à votre amie, il s’est même excusé auprès d’elle. Et oui, c’était lui, elle n’a pas halluciné comme vous avez essayé de lui faire croire. Mais je peux comprendre que l’entendre raconter ça a dû être assez affolant.
  • Je me suis surtout dit que la panique lui avait fait imaginer des choses. J’étais loin de me douter que c’était vrai…Mais d’ailleurs, pourquoi m’avez-vous raconté tout ça, si vous devez rester cachés ?

Il lui sourit à nouveau. C’était un sourire paternel, un sourire qui montrait ses années d’expérience :

  • Mais parce que personne ne vous croira jamais, ma petite. D’ailleurs, je voudrais que vous fassiez quelque chose pour moi, en échange de la libération de votre amie….

Chapitre premier

Chapitre 16