Le rossignol

*voix de présentateur* Le soleil s’était levé, les oiseaux chantaient, et l’immeuble était paisible. Mais le serait-il pour longtemps ? La réponse était non ! Car c’était là qu’habitait la famille Flavier, et plus particulièrement un de leurs fils qui éprouvait un peu trop souvent le besoin de s’exprimer par l’art. Mais quel art, me direz-vous ? Non, pas l’art du dessin. Encore moins celui de la peinture. Cela aurait été bien plus supportable…Non, ce n’était pas non plus l’art de la table. C’était l’art du chant. Il chantait. Et les voisins supportaient. C’était ça, la vie dans un immeuble. Il chantait et tout le monde l’entendait aussi clairement que s’il avait été juste à côté d’eux. Mais en vérité, j’étais une des seules à savoir que ces fausses notes venaient précisément de derrière cette porte. Je l’avais un jour surpris sur son balcon en train de chanter. Et je crois avoir été la seule à l’avoir vu à ce moment là. Du coup, le chanteur de l’immeible était toujours un véritable mystère pour la plupart des gens de l’immeuble qui pensaient l’entendre de tous les étages possibles et imaginables.

Un jour, alors qu’il chantait, je me dis que moi aussi, je pouvais bien chanter aussi, que sa voix couvrirait largement la mienne. J’avais moi aussi cette envie de chanter, mais à la différence du voisin détesté par tous, j’avais l’oreille musicale. Un minimum. Je m’entendais chanter. Donc je faisais des efforts pour chanter juste et pas trop fort. Je me mis donc à chanter, comme je l’avais prévu. Mais bizarrement, quelqu’un vint frapper à la porte cinq ou dix minutes après. C’était une des habitantes de l’étage au-dessus. Elle devait avoir à peu près mon âge. Elle me demanda si j’étais le chanteur mystérieux. Elle avait l’air fier de celle qui avait percé le mystère que personne n’avait encore résolu. Seulement voilà : ce n’était pas moi ! Je tentai de le lui dire et que ma voix était plus aigüe que celle que l’on entendait, elle ne voulut rien entendre. Elle voulut même m’entendre chanter pour vérifier. Au début, je refusai. J’étais assez timide, surtout quand il s’agissait de ma voix. Mais elle insista, et je fus contrainte de le faire. Je lui chantai donc quelque chose de court. Elle eut l’air étonné, tout d’abord, puis elle sourit, me disant qu’effectivement, je ne pouvais pas être le chanteur mystérieux. Je chantais bien trop juste et ma voix était vraiment moins grave.

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