Inoffensive

Elle l’avait pourtant rangée dans le placard ce matin. Alors pourquoi était-elle à nouveau sur le canapé ? C’était vraiment étrange. Comment était-elle arrivée là ? Comment ? 

Elle questionna la cuisinière qui dit ne pas l’avoir déplacée, et même ne jamais l’avoir vue. Elle était pourtant passée par cette pièce plusieurs fois dans la journée, et elle n’y était pas. 

Elle l’accompagna voir dans le salon, et surprise, elle n’y était plus. La cuisinière lui dit qu’elle travaillait bien trop, elle devenait un peu folle, à force de trop compléter les papiers à longueur de journée. Ce n’était assurément pas bon pour sa santé. 

Elle s’excusa auprès de la cuisinière, puisqu’elles étaient les seules à vivre ici, c’était impossible que quelqu’un d’autre l’ait déplacée entre temps. Elle repassa la tête par la porte du salon, et ce qu’elle vit l’horrifia. 

La poupée était là, installée sur le canapé comme elle l’avait été avant l’arrivée de la cuisinière, appuyée contre un coussin. Elle hurla. La cuisinière vint voir ce qu’il se passait, et elle trouva la dame pour qui elle travaillait glacée d’effroi, immobile dans le salon, se cachant les yeux de ses mains. 

Elle lui demanda ce qui lui arrivait, et elle montra le canapé d’une main tremblante. Mais la cuisinière ne vit rien de spécial. Elle le lui dit et la dame rouvrit les yeux, ébahie de voir que la poupée avait disparu. Elle respira un bon coup, remerciant la cuisinière d’être venue voir, puis elle monta dans sa chambre. 

Elle se demandait sérieusement si elle n’était pas devenue folle. Cette poupée avait appartenu à sa mère, elle la gardait habituellement dans un placard du grenier. Mais là, elle avait été sur le canapé alors que personne ne semblait l’avoir descendue. Comment était-ce possible ? 

Elle réfléchit en montant l’escalier. Elle allait manger, dormir, et demain cela irait mieux. C’était le soir d’halloween, son cerveau devait lui jouer des tours. 

Entrant dans sa chambre, elle eut tellement peur qu’elle en lâcha son sac. Là, sur le lit, était assise la poupée. Elle était tournée vers elle, souriant de sa bouche en tissus. 

Elle dût s’appuyer à la porte pour ne pas s’évanouir d’émotion. Puis elle décida de se reprendre. Ce n’était qu’une poupée, après tout. Elle l’empoigna, monta l’escalier qui menait au grenier et la fourra dans le premier placard venu, énervée. Elle n’allait certainement pas avoir peur d’un jouet. 

Le repas se passa dans le calme, et elle invita la cuisinière à manger là comme elle le faisait souvent car elles étaient les seules habitantes de la maison. 

Au moment du coucher, elle voulut que la cuisinière vienne dormir avec elle dans sa chambre, car cette histoire l’avait vraiment effrayée. Elle lui proposa un côté du lit, car son lit était immense. La cuisinière accepta car elle voyait bien qu’elle était terrifiée. 

Elles s’endormirent donc côte à côte, l’une étant plus rassurée grâce à la présence de l’autre. Soudain, la cuisinière se réveilla. Elle ne savait pas vraiment ce qui l’avait sortie de son sommeil, mais elle entendit un cri quand elle se tourna vers la propriétaire de la maison. Elle réalisa que c’était le sien, car elle venait de voir la dame des lieux morte avec la poupée sur le ventre, la regardant avec son sourire cousu. Personne ne revit jamais ni la dame ni la cuisinière et la maison tomba bientôt en ruines. Quand quelqu’un eut enfin le courage d’y entrer, il ne trouva aucune trace des deux femmes, juste une poupée assise sur le canapé avec un service à thé à côté d’elle…

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