Raccompagner (Série lettres 2 : 18/26)

Il faisait nuit. L’obscurité était telle qu’elle ne voyait pas bien où elle allait. Les réverbères avaient la manie de ne pas bien fonctionner, dans cette petite ville. Elle se serait bien promenée, mais elle n’était pas exactement là pour ça. En fait, elle était allée à une soirée chez une de ses amies, et à présent elle était là, dans le noir et le froid, n’ayant que sa veste en jean pour se tenir chaud. Mais comment était-ce arrivé?

En fait, ses amis avaient bu, et ils l’avaient oubliée. Elle n’arrivait pas à croire qu’ils étaient partis sans elle ! Comment avaient-ils osé ! Elle avait donc décidé de rentrer à pieds. Etant donné la taille de la ville dans laquelle elle habitait, ce n’était pas très loin. Mais elle n’aimait pas beaucoup l’idée de se promener seule dans le noir. Comme beaucoup d’autre femmes, sans doute. Ce n’était pas rassurant du tout. Mais l’alcool qu’elle avait dans le sang l’aidait à avancer.

Tout à coup, elle entendit une voiture arriver sur la route qu’elle était en train de longer. Ses feux l’éclairèrent brièvement, mais le conducteur eut le temps de la voir. La voiture alla se ranger non loin, et une silhouette en descendit. Elle vit la personne s’approcher, terrorisée. Et si c’était un tueur ? Elle était seule, il faisait nuit, elle était une proie extrêmement facile. Une lampe torche l’éclaira soudain, la faisant sursauter. Elle se couvrit les yeux avec ses mains, aveuglée par le faisceau.

Une voix féminine lui promit qu’elle n’était pas une tueuse, qu’elle était là pour l’aider. Elle rouvrit les yeux et écarta ses mains, découvrant une policière qu’elle avait déjà vu patrouiller dans la ville. Cette dernière lui dit qu’il était très responsable de sa part de ne pas vouloir prendre la voiture, mais que marcher seule dans le noir n’était pas non plus une bonne idée. Elle était si soulagée de voir un visage ami, quelqu’un qui voulait l’aider, qu’elle lui fit un câlin. Elle entendit la policière rire. Puis elle fut guidée jusqu’à la voiture, entendant la policière lui dire qu’elle allait la raccompagner chez elle. Une fois dans la voiture, la policière lui donna son numéro « pour si jamais elle avait encore l’idée de rentrer seule dans le noir ». Puis elle la déposa devant sa porte, s’assurant bien qu’elle rentrait dans la maison avant de repartir.

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