Noël d’un jouet (chapitre 2)

Quand ils entrèrent dans la boutique, il était tôt. Tôt pour un nounours qui sommeille constamment sur son étagère, je veux dire. Donc il devait être plus ou moins onze heures du matin. Je ne sais pas, je n’ai pas de montre. Un ours en peluche avec l’heure à son poignet, ce serait bizarre, non ? Mais revenons à nos moutons. La famille de mes rêves entra dans la Ressourcerie alors que je dormais encore sur mon étagère. Les voir me réveilla instantanément. Et s’ils venaient pour moi ? Maintenant, je savais ce que ressentaient les animaux qui veulent être adoptés. Le petit garçon courut directement vers l’étagère des jouets, les yeux brillants. Je compris qu’ils venaient lui acheter un cadeau pour son anniversaire. Je mourais d’envie d’être choisi.

Ils tournèrent un moment dans la boutique, discutant de choses et d’autres, pendant que le garçonnet observait tous les jouets autour de lui. Son regard se posa un instant sur moi, puis il sembla voir autre chose. Quand il pointa son doigt vers ce qu’il voulait, mon coeur se serra (je veux dire, mon coeur se serait serré si j’en avait eu un en moi, mais l’émotion que je ressentis à ce moment là est équivalente). L’enfant voulait le train en bois. Il voulait repartir avec mon ami le vieux train. J’étais triste car je ne pourrais plus discuter avec lui, mais aussi parce que je n’avais pas été choisi. Le jouet en bois me fit un clin d’oeil en me disant qu’on se reverrait sûrement un jour, et peut-être même dans ce magasin !

La famille partit de la boutique avec le train. Il avait du goût, ce gamin. Quant à moi, je désespérais d’être choisi un jour. Qui voudrait d’un ours en peluche ? Un train, c’était bien mieux ! Les quelques ventes qui se conclurent dans les jours qui suivirent me confortèrent dans mon idée, et je sombrai dans une déprime intérieure profonde. C’était bientôt Noël, et j’avais espéré connaître enfin le moment des cadeaux, ce moment magique où l’enfant vous découvre avec émerveillement dans la boîte emballée avec du beau papier. Je ne voulus alors plus regarder les autres étagères, je fixai résolument le mur. Mon petit manège dura jusqu’à ce qu’un jour, une jeune femme entre dans la boutique. Je ne l’avais pas vue, je ne voulais plus rien voir. Je ne savais pas que, moi aussi, j’allais avoir mon histoire agrémentée d’un joli Noël. Ce ne fut que quand le vieux Pépé Jim me parla soudainement que je retrouvai mes esprits. Il me dit une phrase que je n’oublierai jamais :

  • – Eh, gamin ! C’est toi qu’elle va ramener chez elle.
  • En effet, la jeune femme s’avança vers moi, arborant un tendre sourire. Je faillis lui sourire en retour avant de me rappeler que les ours en peluche ne peuvent pas sourire, c’est impossible. Mais elle, elle avait presque réussi l’impossible. Je sentis l’espoir renaître en moi. Allais-je connaître une bonne famille ? Elle m’attrapa doucement, et pour la première fois depuis des semaines, je quittai mon étagère. Elle m’examina, semblant chercher quelque chose. Elle dut ne rien trouver à redire, car elle m’emmena à la caisse et paya. Dans sa voiture, elle me posa sur le siège avant. Il n’y avait personne d’autre avec elle. Pas d’enfant. Je me demandai si j’allais finir sur une étagère en tant que décoration. Elle me ramena chez elle. C’était la veille de Noël.

Noël d’un jouet (chapitre 1)

J’étais assis sur la plus haute des étagères de la Ressourcerie. Je n’avais encore jamais rien vécu. Je n’avais vu que ce qui se déroulait dans le magasin. J’avais vu des familles venir acheter des objets de seconde main. Des objets comme moi. Vous allez sans doute vous demander comment je pouvais n’avoir encore rien vu du monde si j’étais un objet qui n’était déjà plus neuf. Mon histoire est un peu particulière, et je vais vous la raconter. Je suis né dans une usine, comme la plupart des jouets sur ces étagères. J’ai effectivement été acheté une première fois, mais je n’ai pas vraiment été offert à un enfant. Je n’ai fait que rester dans un placard poussiéreux sans que personne ne joue avec moi. Je n’étais qu’un objet dans une armoire, voilà tout.

Au bout de plusieurs années, alors qu’une épaisse couche de poussière avait commencé à envahir mon espace de vie sombre et fermé, on m’a sorti de ma prison et j’ai enfin pu respirer. Enfin pas vraiment, car je suis un ours en peluche. Je ne respire pas. Bref. Je n’ai jamais tout à fait compris ce qui m’était arrivé dans ma première maison. Visiblement, on voulait m’offrir à quelqu’un, et quelque chose a empêché mon « adoption » par un enfant. Je ne sais pas quoi. Je ne saurai jamais. En tout cas, c’est la raison pour laquelle je suis un tout nouvel ourson perché sur cette étagère, prêt pour le prochain chapitre de sa vie qui n’avait en fait pas réellement commencé avant.

Alors que je contemplais ce magasin qui était devenu ma deuxième maison, une voix venant de l’étagère en face de la mienne m’interpella :

  • – Eh, toi, le nouveau ! C’est quoi ton histoire ? Pourquoi t’as pas l’air tout défraîchi comme Pépé Jim là-bas ?

Pépé Jim, c’était le nom du doyen des ours en peluche. Il avait l’air très vieux, il était tout rasé sur un côté, il avait perdu une oreille, on sentait qu’il avait vécu une vie bien remplie. Et peut-être angoissante, aussi ? Je discutai avec le vieux train en bois qui m’avait adressé la parole, et j’appris que Pépé Jim avait vécu dans d’innombrables familles, et qu’il finissait immanquablement par revenir ici, à la Ressourcerie. Avec parfois quelque chose en moins. Le train lui aussi avait visité plusieurs familles qui fréquentaient toutes le magasin et qui le rapportaient là quand elles n’en avaient plus besoin. Il me dit qu’il n’y voyait pas d’inconvénients, il préférait voir du pays plutôt que de rester en gare.

Du vocabulaire de trains, apparemment. Le vieux en bois avait bien roulé sa bosse, et il me raconta un peu ses différents « arrêts », comme il les appelait. Apparemment, toutes les familles n’étaient pas gentilles et souriantes, et certains enfants l’avaient jeté contre les murs, cassant une roue ou enlevant sa peinture d’origine. Mais il avait vraiment bien résisté au temps dans l’ensemble, ce qui m’ébahissait, car il avait plus de soixante-dix ans d’âge, ce qui était beaucoup pour un jouet. Il m’expliqua que les jouets en bois avaient la tête dure, et qu’il en fallait beaucoup pour les casser. Il évoqua le feu, et il eut soudain le regard trouble en parlant d’un ami à lui qui avait mal fini. Il changea bien vite de sujet, et il me narra la façon dont un gentil monsieur l’avait repeint et réparé après des années de service. Aujourd’hui, il se sentait comme neuf.

Nouvelle fiction à chapitres pour Noël : « Noël d’un jouet »

Il s’agit d’une histoire qui compte 4 chapitres.

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Extrait :

« J’étais assis sur la plus haute des étagères de la Ressourcerie. Je n’avais encore jamais rien vécu. Je n’avais vu que ce qui se déroulait dans le magasin. J’avais vu des familles venir acheter des objets de seconde main. Des objets comme moi. Vous allez sans doute vous demander comment je pouvais n’avoir encore rien vu du monde si j’étais un objet qui n’était déjà plus neuf. Mon histoire est un peu particulière, et je vais vous la raconter. »

« La famille partit de la boutique avec le train. Il avait du goût, ce gamin. Quant à moi, je désespérais d’être choisi un jour. Qui voudrait d’un ours en peluche ? »

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Ce soir-là, c’était Halloween : Chapitre 4

Ghislaine tenait toujours le téléphone d’Arthus dans sa main. Il ne sonnait plus, et la petite rue était maintenant plongée dans le noir car son écran s’était éteint. Elle entendait vaguement Lilou parler à quelqu’un un peu plus loin. Son angoisse avait refait surface, mais cette fois-ci, ce n’était pas à cause d’une mauvaise note. C’était bien pire qu’une mauvaise note. Elle avait un très mauvais pressentiment. Elle sentait que ses amis n’étaient pas juste partis faire un tour. Il se passait quelque chose ici, et personne ne s’en était rendu compte ! Etait-ce une blague ? Etait-ce une attraction pour la fête ? Après tout, c’était Halloween, et donc tout le monde avait des histoires plein la tête. Ghislaine allait sortir de la rue à son tour pour aller rejoindre Lilou, quand elle entendit quelque chose qui la fit s’arrêter net. Le téléphone dans sa main…Il était en train de sonner ! Mais qui donc était en train de l’appeler ? Lilou était au téléphone, et Ghislaine n’était pas non plus en train de le faire. Elle regarda l’écran du portable, se rendant compte que c’était Sonia qui appelait. Une fois revenue de sa surprise, elle se dit que son amie allait sûrement pouvoir lui expliquer la blague dont elle avait été victime. Elle décrocha.

Tout d’abord, elle n’entendit rien. Puis elle perçut un bruit. Une respiration. Et ce fut tout. L’appel s’interrompit. Cinq secondes plus tard, ce fut son propre téléphone qui sonna. Elle frissonna. Elle avait l’impression que quelque chose ne tournait pas rond, mais elle ne savait pas quoi. C’était encore Sonia qui l’appelait. Elle décrocha.

….Lilou, qui était au téléphone avec sa mère, était en face de la boutique de la vieille dame qui vendait des objets bizarres et effrayants. Tiens, elle n’était pas dans son magasin, d’ailleurs. Lilou vit aussi de drôles de petites poupées faites en…Etait-ce des dents ? Non, bien sûr que non… Elle reprit sa conversation, et soudain, elle entendit un cri perçant. Il venait de la rue où elle avait laissé Ghislaine. Avait-elle croisé un de ces zombies de la maison hantée ? Lilou raccrocha au nez de sa mère, courant vers la rue. Essoufflée, elle appela son amie. Personne ne répondit. Elle s’avança dans la rue, son téléphone toujours à la main. Son sang se figea dans ses veines. Là, par terre, se trouvaient trois téléphones. Elle reconnut aisément celui de Ghislaine. S’approchant, elle vit que les deux autres étaient ceux de Sonia et Arthus. Ghislaine avait-elle eu raison en s’inquiétant pour leurs deux amis ? Et où était-elle maintenant ?

Lilou sentit soudain qu’on l’observait. Puis son téléphone sonna. Un numéro inconnu. Elle sentit soudain des dents pointues se planter dans son cou. Elle poussa un cri, lâchant le téléphone qui continuait de sonner. Se débattant, elle eut le temps de voir les mains de son agresseur. Elles étaient vieilles et noueuses. La dernière chose que Lilou pensa avant de perdre conscience fut que tous les vampires n’étaient pas jeunes et beaux, apparemment. Et aussi que la vieille femme du magasin d’objets effrayants ne collectait pas ses objets dans des pays étrangers, mais bien ici, et sur de vrais gens… Ces statuettes…peut-être était-ce bien des dents qui les constituaient, en fin de compte.

Chapitre premier

Ce soir-là, c’était Halloween : Chapitre 3

Ghislaine et Lilou sortirent de la maison hantée en criant. C’étaient en réalité de grandes peureuses. Elles adoraient se faire peur. Heureusement pour elles, elles n’avaient jamais de cauchemars après avoir fait ce genre d’attraction ou après avoir vu un film d’horreur. Ce n’était pas vraiment le cas d’Arthus et Sonia qui refusaient catégoriquement depuis des années d’entrer dans cette « horrible attraction » ou de regarder le moindre film un peu effrayant. Ghislaine était très contente de sa visite. Ils s’étaient surpassés, en faisant la maison, cette année ! Elle prit la main de Lilou pour l’entraîner un peu plus loin. Elle savait que son amie n’irait pas dans la même université qu’elle. C’était comme ça, elle devait s’y faire. Mais cette pensée la rendait triste. Elle avait l’impression qu’elle n’allait jamais la revoir. Elle lui acheta des bonbons, et elles s’assirent sur un banc. Lilou parlait avec animation de l’attraction qu’elles venaient de faire. Elle était en train de raconter pour la centième fois comment elle avait été surprise par un zombie qui se terrait dans l’ombre juste à côté de la porte de sortie.

Ghislaine lui sourit, tout en se demandant vaguement où étaient passés Arthus et Sonia. Arthus avait-il retrouvé Sonia sur le banc où il était ? Oui, sûrement, et ils avaient mangé leur paquet de bonbons comme ils le faisaient chaque année. Elle ne voyait vraiment pas pourquoi elle s’inquiétait comme ça. C’était ridicule. Elle se demanda aussi qui avait bien pu téléphoner à Sonia à cette heure-ci, surtout que ses parents savaient où elle était, ils faisaient toujours la même chose le soir d’Halloween. Elle n’avait a priori pas d’autres amis qui auraient pu lui téléphoner. Elle n’avait qu’eux, comme amis. Ils étaient les seuls adolescents, et elle n’était pas amie avec les petits qui étaient de toute manière trop jeunes pour avoir un téléphone. Ghislaine sortit de ses pensées quand Lilou lui toucha l’épaule en lui demandant à quoi elle pensait. Elle lui répondit qu’elle se demandait où étaient passés Arthus et Sonia.

Lilou voulut retourner à l’endroit où elles avaient vu Arthus en dernier. Ils y seraient sûrement, et cela rassurerait Ghislaine. Elles s’y rendirent donc, trouvant le banc vide. Ni Arthus ni Sonia ne s’y trouvaient. Bizarre. Ils devaient être partis les chercher. Mais le village n’était pourtant pas si grand ? Elles repassèrent devant le magasin de la vieille femme qui vendait des objets effrayants tout en réfléchissant. Lilou sortit son téléphone. Elle appela Arthus. Personne ne répondit, mais elles entendirent une sonnerie qui venait d’une rue non loin de là. S’il était si près d’eux, pourquoi ne répondait-il pas ?

Elles se rendirent dans la rue. Ne voyant tout d’abord rien, Ghislaine repéra le téléphone. Il était par terre en train de sonner. Ghislaine le ramassa, regardant autour d’elle. Personne. Arthus n’était pas là. Sonia non plus. Mais que se passait-il ?

Lilou, qui était derrière elle, entendit un autre téléphone sonner. Se rendant compte qu’il s’agissait du sien, elle s’excusa pour répondre, sortant de la rue.

Chapitre premier

Chapitre 4

Ce soir-là, c’était Halloween : Chapitre 2

Le festival battait son plein. Arthus, Lilou et Ghislaine marchaient avec entrain, conscients que ce serait la seule fête qu’ils auraient avant un bon moment, puisqu’ils vivaient dans une petite ville qui n’avait que peu de traditions comme celle-ci. Quand ils iraient à la fac, ils comptaient bien sortir tous les soirs et ne plus s’ennuyer aussi souvent. Sonia serait la première à disparaître du village pour se rendre à l’université. Elle avait décidé d’aller un peu en vacances sur les lieux avant la rentrée, et elle avait en plus déjà trouvé un appartement avec des colocataires. C’était difficile d’en trouver, et elle s’y était prise tôt. Cela avait marché. Elle était certaine d’avoir un logement. Elle était moins certaine que la fac l’accepte, par contre. Elle n’aurait les résultats qu’en fin d’année. Elle ferait de son mieux, c’était tout ce dont elle pouvait être sûre.

Quand Sonia s’éloigna pour aller répondre à son coup de fil, les trois autres se dirigèrent vers un stand de sucreries. Ils en auraient besoin pour tenir toute la nuit et s’amuser tout du long. C’était ce que Ghislaine préférait dans ce festival, en général. Mais là, elle ne faisait que penser à sa mauvaise note, et elle avait un peu de mal à se mettre dans l’ambiance d’Halloween. Lilou finit par le remarquer, et elle lui demanda ce qui n’allait pas. Ghislaine lui répondit qu’elle avait eu une note affreuse en maths, et que cela allait peut-être remettre en cause son entrée à la fac. C’était un gros coefficient, mais Lilou lui dit que c’était quand même rattrapable, a priori. Cela remonta le moral de son amie qui se sentit un peu mieux et chassa son angoisse de sa tête en achetant un bonbon énorme. Arthus sourit. C’était ça, l’esprit d’Halloween ! Cela faisait oublier les problèmes, au moins pour une nuit.

Il acheta un paquet de bonbons pour lui et Sonia. C’était leur petite tradition, ce soir-là, tous les ans. Ils partageaient un paquet de leurs sucreries préférées en discutant alors que Ghislaine et Lilou allaient tenter la maison de l’horreur installée spécialement pour cette-nuit-là. Mais pour le moment, Sonia avait disparu, téléphone à la main, et il ne pouvait pas encore partager le paquet avec elle. Ce n’était pas grave, il allait l’attendre. Il s’assit sur le banc sur lequel ils se mettaient d’habitude. Ghislaine et Lilou s’assirent avec lui en mangeant leurs bonbons et en discutant. Elles iraient ensuite à la maison hantée. Mais elles voulaient d’abord terminer leurs bonbons. Elles tentèrent d’inclure Arthus dans leur conversation, mais il ne semblait pas être d’humeur, alors elles le laissèrent observer les décorations qui avaient été installées pour le festival. Il était un peu déçu que Sonia se soit éclipsée. Quand allait-elle revenir ? Il avait déjà l’impression que leur tradition avait été bafouée.

Ghislaine et Lilou se levèrent bientôt du banc pour aller faire leur visite traditionnelle à la maison hantée, bras dessus, bras dessous. Alors qu’elles s’éloignaient, elles entendirent le téléphone d’Arthus sonner. Ce devait être Sonia qui voulait savoir où ils étaient partis. Elles entrèrent dans l’attraction.

Chapitre premier

Chapitre 3

Ce soir-là, c’était Halloween : Chapitre 1

C’était le soir. Une ambiance particulière régnait déjà dans les rues. Une excitation collective, une appréhension certaine, de la joie, les sentiments se rejoignaient en ce soir spécial. La nuit pointait à peine le bout de son nez, et les premières lumières apparaissaient. Les bougies allumées dans les lanternes commençaient leur spectacle glaçant. Elles ne tiendraient sans doute pas toute la nuit, mais leur lueur tremblotante ferait son petit effet. Les stands s’installaient sur la grand-place de ce petit village. Ce soir, c’était Halloween. Tout le monde allait se déguiser, tout le monde s’amuserait, et à minuit, ils attendraient de voir si, comme dans la légende, les monstres sortiraient de leur cachette pour semer le trouble dans le monde des humains. En principe, il ne se passait jamais rien, mais de vieilles histoires sur le village ramenaient chaque année cette peur, ce mystère, cette excitation de peut-être voir quelque chose d’extraordinaire ou d’effrayant. Les gens du coin adoraient Halloween, et c’était l’occasion pour eux de se retrouver, de deviner qui était déguisé en quoi, et de se faire une belle peur.

Ils étaient quatre. Ils traînaient toujours ensemble. Ils étaient inséparables. Et c’étaient les seuls adolescents dans ce village. L’an prochain, ils partiraient à la fac dans une autre ville, comme tous les autres avant eux. Ce village était trop éloigné de tout pour être attractif à leurs yeux. Et puis une fois qu’ils étaient allés à la fac, les enfants du village découvraient une vie excitante et si différente de ce qu’ils avaient toujours connu. Ils n’avaient plus du tout envie de rentrer au village. Il en serait sûrement de même pour ces quatre-là, oui, ces quatre jeunes qui marchaient dans la rue. Ils étaient en route pour le festival du village. Ils conversaient en avançant lentement. Le village était très petit, il ne comportait que quelques rues. Le petit groupe ne tenait pas à arriver trop tôt, ils voulaient se balader un peu avant.

Sonia marchait devant avec Arthus. Ils étaient meilleurs amis depuis la maternelle, et ils avaient les mêmes goûts pour beaucoup de choses. Ils aimaient tous deux Halloween, mais pas pour les mêmes raisons. Sonia aimait réaliser de petits films d’horreur, c’était sa passion. Arthus aimait choisir son costume longuement et ensuite parader devant les autres. Il avait très bon goût, et ses déguisements étaient souvent magnifiques.

Lilou souriait de toutes ses dents. Elle avait hâte que la fête commence. Ghislaine traînait un peu les pieds parce qu’elle pensait encore à la mauvaise note qu’elle avait eue en histoire quelques heures plus tôt. Elle avait peur de ne pas avoir son bac et de ne pas pouvoir aller à la fac. Elle rêvait de pouvoir partir du village, et ne pas avoir son bac signifierait rester encore un an dans ce trou perdu.

Ils marchaient tous vers le festival d’Halloween. Sonia, Arthus, Lilou et Ghislaine. Ils iraient dans des facs différentes, l’an prochain. Leur amitié survivrait-elle ? Ils étaient persuadés que ce serait le cas. Seul le futur le dirait. En attendant, ils étaient en train d’arriver à la fête. Ils portaient chacun un costume. Sonia était une magnifique sorcière, Arthus un splendide vampire, Lilou portait un très convaincant déguisement d’Annabelle qui avait fait sursauter ses parents quand ils l’avaient vu, et Ghislaine était venue en Harley Queen. Alors qu’ils entraient dans le festival, le téléphone de Sonia sonna. Elle s’excusa, puis elle s’éloigna du groupe en décrochant. Les autres décidèrent de partir explorer le festival, elle les rejoindrait bien plus tard. Ils passèrent devant la boutique de la vieille Denise, dite Dents pointues le soir d’Halloween. Elle portait des dents de vampire très réalistes chaque année, et elle tenait une boutique d’objets effrayants qui avait toujours beaucoup de succès.

Chapitre 2

Nouvelle fiction à chapitres pour Halloween : « Ce soir-là, c’était Halloween »

Il s’agit d’une histoire qui compte 4 chapitres.

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Extrait :

« C’était le soir. Une ambiance particulière régnait déjà dans les rues. Une excitation collective, une appréhension certaine, de la joie, les sentiments se rejoignaient en ce soir spécial. La nuit pointait à peine le bout de son nez, et les premières lumières apparaissaient. Les bougies allumées dans les lanternes commençaient leur spectacle glaçant. Elles ne tiendraient sans doute pas toute la nuit, mais leur lueur tremblotante ferait son petit effet. Les stands s’installaient sur la grand-place de ce petit village. Ce soir, c’était Halloween. Tout le monde allait se déguiser, tout le monde s’amuserait, et à minuit, ils attendraient de voir si, comme dans la légende, les monstres sortiraient de leur cachette pour semer le trouble dans le monde des humains. » Chapitre premier

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Ah, les vacances (chapitre 17) : Épilogue

Dans le chapitre précédent…

Fanny est libérée, et Samantha a dû promettre de faire en sorte que les humains polluent moins les océans, en organisant par exemple des journées de nettoyage de la plage ou en sensibilisant les vacanciers. Fanny vante les mérites de la ville sous-marine dans laquelle elle était.

C’était maintenant la fin des vacances. Plusieurs semaines s’étaient écoulées depuis l’enlèvement de Fanny. Elles reparlaient souvent de la ville sous l’eau, et elles discutaient aussi de l’opération « Plage propre » que Samantha avait proposée et qui semblait enthousiasmer les vacanciers qui prenaient ça comme un jeu. Ils étaient nombreux chaque jour à ramasser les déchets sur la plage, ou à sermonner d’autres vacanciers qui jetaient encore leurs déchets là où ils se trouvaient. Parfois, Samantha se demandait si le Roi du peuple de l’eau les regardait du fond de la mer, en souriant.

Elle s’était souvent demandé si elle n’avait pas rêvé de tout ça, car le lendemain, déjà, la soirée lui avait paru irréelle. Fanny, qui avait réellement visité une ville sous-marine et qui donc avait vu plus de choses extraordinaires qu’elle, disait que c’était parfaitement vrai, et qu’elle s’en rappelait très bien. Mais peu à peu, ses souvenirs s’estompaient un peu, et elle oubliait certains détails.

Est-ce qu’à terme, elles allaient oublier toute cette histoire ? Etait-ce la magie du Roi du peuple de l’eau qui était en train d’effacer doucement leurs souvenirs ? Après tout, il avait bien dit que son peuple n’était pas censé exister aux yeux des humains… Il lui avait dit que personne ne la croirait. Elle n’avait pas essayé de raconter quoi que ce soit à qui que ce soit, mais elle se doutait bien de la réaction que n’importe qui aurait en l’entendant raconter qu’il existait un peuple de l’eau qui gardait les océans.

A la fin des vacances, Samantha fut heureuse d’apprendre que Fanny habitait dans la ville à côté, et donc qu’elle pourrait venir la voir souvent. Depuis qu’elle faisait très attention à ne pas s’éloigner trop de la plage, elle n’avait pas eu d’autres accidents. Samantha n’avait sauvé personne d’autre, d’ailleurs. Il n’y avait pas eu trop de problèmes. Les rares personnes qui avaient été en difficulté avaient été ramenées sur la plage par une vague. Elle se demandait parfois si le Roi du peuple de l’eau n’y était pas pour quelque chose…

….Et cette histoire se termine là. Qu’en avez-vous pensé ?

Chapitre premier

Ah, les vacances (chapitre 16) : Le retour

Dans le chapitre précédent…

La silhouette est en fait le Roi du peuple de l’eau, il s’excuse pour l’attitude de son fils et il explique à Samantha que lui et son peuple sont les gardiens des océans, et que son fils prend la chose très à coeur, en ayant assez que les humains polluent leurs eaux. Le Roi semble disposé à libérer Fanny, mais il demande à ce que Samantha fasse quelque chose en échange…

Samantha, qui avait pensé pouvoir sauver Fanny simplement en ayant une conversation avec le père de son ravisseur, fut surprise en l’entendant lui demander de faire quelque chose en échange de la libération de la jeune femme. Elle dût avoir l’air mal à l’aise, car le vieil homme reprit :

  • Oh, ce n’est pas quelque chose d’affreux, et puis vous le devez un peu à vos océans, et ce depuis longtemps. Voyez ça comme un geste pour l’environnement, et non pas comme une monnaie d’échange. Je voudrais que vous preniez soin de votre plage, que vous instauriez des bonnes pratiques aux vacanciers, en leur rappelant qu’il ne faut pas jeter leurs déchets sur la plage ou dans la mer, qu’il y a des poubelles pour ça? Avec des panneaux…
  • Vous voulez que je fasse une campagne pour nettoyer la plage ?
  • Ça peut être une bonne idée aussi. Je suis sûre que vous trouverez comment faire. Tiens, voilà votre amie…

Samantha se retourna, s’entendant appeler. Elle sourit en voyant Fanny. Elle semblait aller bien. Elle la serra dans ses bras. Elles ne se connaissaient pas depuis longtemps, mais toutes ces aventures et ces sauvetages les avaient rapprochées. Fanny se mit à parler :

  • J’ai visité leur ville sous la mer, et j’ai bu un cocktail aux algues ! Oh, et ils ont des salons de coiffure extraordinaires ! C’est génial ! Pourquoi vous riez, Samantha ? D’ailleurs, je peux vous tutoyer, maintenant ?
  • Je ris parce que ça a l’air extraordinaire, mais tu ne pourras jamais le raconter à personne sans qu’ils te prennent pour une folle.
  • C’est vrai. Il n’y a que toi qui peux comprendre tout ça. Car le Roi vient de tout t’expliquer, pas vrai ? J’ai un nouvel ami, maintenant : le fils du Roi. Je pourrai retourner me baigner dans la mer sans craindre de me faire emporter au fond de l’eau !
  • Il ne veut pas t’épouser et encore t’emmener dans sa ville, si ?
  • Non, voyons ! On n’est pas dans un de ces contes de fées ! De toute manière, je préfère rester sur la terre ferme. Et je te promets que je ne vais plus me noyer, à partir de maintenant.
  • Peux-tu vraiment promettre une chose pareille ? Moi, par contre, je peux te promettre de ne pas te laisser te noyer.
  • Si tu es sur place.
  • Si je suis sur place, oui. Tiens, mais où est passé le Roi ?

Il avait dû partir pendant leur conversation, car il n’était plus derrière Samantha. Elles quittèrent la plage bras dessus, bras dessous, discutant toujours de la « merveilleuse ville sous l’eau » qu’avait vu Fanny.

Chapitre premier

Chapitre 17