Bagne (Série lettres 3 : 2/26)

Ils étaient en train de visiter un musée avec la classe. Plus précisément, ils avaient avec eux un guide qui était en train de leur expliquer le sujet de l’exposition en cours. Ladite exposition changeait tous les mois, et cette fois-ci, elle avait pour thème le bagne. Un ancien bagne existait encore dans la région, ou du moins le bâtiment était encore là, mais ce n’était plus une prison, c’était une école. Certains élèves marmonnèrent que l’utilisation était donc plus ou moins la même.

Le professeur les entendit et les fit taire. L’heure n’était pas aux blagues. Le bagne était un sujet très sérieux. Le guide leur expliqua que le bagne était une autre forme de prison où les prisonniers étaient obligés de faire des travaux de force. Ce n’était pas du tout la même chose que les prisons d’aujourd’hui. Les galères aussi étaient une sorte de prison pour vider un peu les prisons surpeuplées. Un élève fit remarquer qu’à cette époque, ils punissaient beaucoup les gens, et ils cherchaient de nouvelles idées de prison. C’était assez étrange.

Un autre élève demanda quels étaient les crimes commis par les bagnards. Le guide leur enseigna que la moitié des prisonniers du bagne étaient des voleurs et que beaucoup d’entre eux ne savaient même pas lire. Le professeur demanda aux élèves de réfléchir sur le sujet, et de former des groupes pour faire un travail sur l’exposition.

Aquilin (Série lettres 3 : 1/26)

Toute son enfance, elle en avait souffert. Toute sa vie, elle en avait souffert. Son existence aurait pu être très différente sans ce détail. Enfin « détail », c’était discutable. C’était tout de même un détail qui se voyait beaucoup, et qui incitait les autres à se moquer d’elle, apparemment. Si cela avait vraiment été un détail, personne ne l’aurait remarqué, et elle aurait eu la vie beaucoup plus facile que celle qu’elle avait vécu jusqu’ici.

Donc non, on ne pouvait pas vraiment dire qu’il s’agissait d’un détail. C’était bien trop visible. Situé au centre de son visage, il trônait. Personne ne pouvait le manquer. Son nez aquilin. Sur certains personnages de dessin animé, c’était amusant. Sur d’autres, c’était emblématique. Mais avoir un nez comme ça dans la vraie vie n’était pas une chance, c’était plutôt le contraire. Ce n’était pas un rêve, c’était un cauchemar. Un affreux cauchemar.

Cela avait commencé tôt, comme bien souvent. Les enfants remarquent vite les défauts. Ils lui avaient dit qu’elle était une « sorcière », ou encore un « corbeau ». A cet âge, on ne réalise pas combien les mots peuvent faire mal. Surtout quand un enfant a un nez un peu différent que celui des autres, même si, à cette époque, il n’était pas encore complètement aquilin. Mais elle se souvenait surtout des moqueries des enfants. Elle n’allait sûrement jamais les oublier.

Les adultes voyaient aussi les défauts, mais ils ne l’insultaient pas directement après l’avoir remarqué comme les enfants, dépourvus de filtre, le faisaient souvent. Il lui arrivait de sentir leurs regards sur elle, mais personne ne lui faisait vraiment de remarques. Ou peut-être le faisaient-ils dans son dos. De toute manière, ce n’était pas comme si elle pouvait vraiment faire quelque chose, à part avec de la chirurgie esthétique. Elle ne voulait pas changer son nez, de toute manière. Elle n’allait pas se changer à cause du regard des gens. Ils pensaient ce qu’ils voulaient, alors elle aussi.

The forbidden room

French version : La pièce interdite

It had always been closed, ever since she was a little girl. What was in it, she didn’t know. No one had entered it for years, judging by the dust that covered the carpet in front of the door and the door itself. This room was a real mystery to her. Nobody ever talked about it, it was as if it didn’t exist, as if it had never existed. Yet the door was very real, she was certain of it. She had tried to touch it one day. But her father had almost caught her doing it, and she had never tried again. This room was a huge taboo in the family. No one ever referred to it, but she knew how they all felt about it. There was something wrong with this room. Its aura was wrong.
After her parents died, many years later, she visited her childhood home again. She had been away from it for a long time and now had her family next door, but she remembered the forbidden room and now that she owned the house, she could go and see what was in it without her father catching her. She went upstairs, determined to unravel the secret of the mystery room. She tried all the keys she had, but none of them opened the door. She asked a locksmith to intervene. He had to break the door down because the lock was rusty.
Finally, she was able to get in. There, in the room, she discovered a crib, a mobile, various toys… A complete children’s room, that is. But full of dust. And a newspaper article about the tragic death of a three-year-old boy. She’d had a brother who had died too soon.
This room was frozen in time…

Other English texts

Liste de 5 mots : 22

Univers, Vaporiser, Wi-fi, Xanthophobie, Yeux, Zéro

Dans cet univers, il suffisait de vaporiser un gaz (innoffensif) dans l’air pour faire se matérialiser une chose ou une autre. Tout était possible. Tout pouvait devenir liquide ou gazeux et tout pouvait se déplacer très facilement grâce à cette particularité. Par contre, ce monde n’avait pas la Wi-fi. Il fallait quand même peser le pour et le contre : la Wi-fi, ou bien le phénomène extrêmement cool de qui pouvait transformer tout et n’importe quoi en élément gazeux ?

Dans ce monde, il n’avait pas à se méfier de tout ce qui était jaune, xanthophobie oblige, car le soleil pouvait prendre la couleur que celui qui le regardait voulait. Ses yeux pouvaient donc voir ce qu’il voulait voir. Il y avait donc aucune chance de voir quelque chose d’horrible à moins de le souhaiter. Ce nouveau jeu vidéo était génial ! Par contre, il ne coûtait pas zéro euros…Ce monde avait un prix.

Liste de 5 mots : 21

Prince, Quad, Rugueux, Stress, Trottoir

C’était un Prince, et il était habitué à des activités un peu plus…princières. Louer un quad pour lui n’était vraiment pas nécessaire. Mais par politesse, il avait essayé d’en faire. Et il avait atterri maintes et maintes fois sur le sol rugueux. Vraiment, le quad n’était pas son activité de prédilection.

Plein de stress en remontant sur l’engin, il provoqua sa chute suivante, entrant en collision avec le trottoir. Au bout de la quarantième chute, une nouvelle fois sur son derrière (comment arrivait-il à tomber autant avec un quad ? ), il décida qu’il avait été assez poli comme ça. Il rendait son tablier.

Liste de 5 mots : 20

Kiwi, Lourd, Militant, Nourrisson, Oubli

Il le voulait vraiment, son kiwi, celui-là. Il avait demandé au marchand le prix du fruit quelques minutes auparavant, l’ayant reposé après avoir entendu un prix supérieur à ce qu’il pouvait payer. A présent, elle le vit glisser le kiwi dans sa poche pendant que le commerçant était occupé avec un autre client. Elle se demanda si elle devait le dénoncer, mais elle renonça. Il faisait bien trop chaud pour ça. Elle voulait juste acheter ses fruits et rentrer chez elle pour se reposer. Elle sentait déjà un début de mal de tête poindre au sommet de son crâne. Il faisait si lourd, que le marchand avait installé un ventilateur portatif sur son stand.

Elle perdit le voleur de vue. Tant mieux. De cette façon, le débat était terminé. Elle vit aussi passer un militant qui portait une pancarte. Elle n’eut pas le temps de la lire, car c’était son tour. Le temps qu’elle achète ses fruits, il n’était plus là. Les gens allaient et venaient si vite, de nos jours ! Ils ne prenaient pas le temps de flâner. D’un autre côté, elle ne pouvait pas vraiment dire ça car elle allait elle aussi partir assez vite.

Elle entendit bientôt un nourrisson pleurer un peu plus loin. Tournant la tête, elle s’aperçut qu’il s’agissait d’un oubli de jouet préféré. Vraiment, en allant au marché, elle pouvait voir les vies de tant de personnes différentes !

Liste de 5 mots : 19

Force, Gencives, Habit, Insecte, Joker

Lorsqu’il avait eu la force de se relever, ils étaient partis. Ceux qui l’avaient attaqué dans la rue, un soir où il se promenait. Ceux qui lui avaient volé son argent. Ceux qui l’avaient frappé avant de partir en riant, comme s’ils faisaient ça tous les soirs pour s’amuser (ce qui était sans doute le cas, malheureusement.) Ceux qui lui avaient donné un coup de poing dans les gencives. Il saignait, à présent. Il était seul dans la rue, et il saignait.

Son habit de clown était souillé. Il travaillait dans un cirque, et il rentrait chez lui quand l’attaque avait eu lieu. Il ne les avait pas vus arriver. Il aurait dû. Ils ne lui auraient pas pris sa paye du soir-même. Pour eux, il n’avait été qu’un insecte, un moustique sur leur chemin. Ils ne pensaient sûrement déjà plus à lui, ayant obtenu ce qu’ils voulaient. A l’heure qu’il était, ils étaient sûrement assis dans un bar en train de boire tout l’argent qu’il avait perdu. C’était dans les moments comme ça qu’il aurait voulu avoir un joker pour recommencer sa vie et éviter d’avoir ce genre de problèmes.

Liste de 5 mots : 18

Argent, Balise, Chercheur, Dauphin, Enchaîné

Il avait l’argent pour le faire, il ne lui manquait que quelques autorisations, et il pourrait poser une balise sur ces animaux pour savoir quelle distance ils étaient capables de parcourir et en combien de temps. Devenir chercheur avait été un rêve, étant gamin. A présent qu’il l’était, il se rendait compte qu’être chercheur n’était pas aussi simple qu’il aurait pu le croire. Il fallait remplir beaucoup de papiers et demander des autorisations à beaucoup de personnes qui n’avaient vraiment aucun rapport avec les animaux qu’il étudiait. Vraiment aucun. (Selon lui, en tout cas)

Il avait toujours rêvé de pouvoir suivre un dauphin à la trace. Mais sans lui faire de mal. Bien au contraire. Il voulait en savoir plus sur eux, et comme il était assez difficile de les suivre en permanence, une balise était un bon moyen de pouvoir se renseigner sans déranger l’espèce. Il savait qu’il y avait des personnes qui faisaient du mal aux animaux pour les étudier, mais il n’était pas comme ça. Voir un animal enchaîné l’attristait profondément. Jamais il ne leur ferait cela. Il cherchait à les aider, pas à les faire souffrir.

The stairs

French version : L’escalier

It was a staircase. A simple staircase. Then why was it so special? Probably because hundreds of people came through here. Many lives had been lived there. A lot of people had just passed by, just for a second, before going to work. In all the time this building had been around, there must have been hundreds. Thousands, maybe. Who can tell? Whole families had probably lived there. The children would come down those stairs every time they went to school, or maybe when they went to meet their friends, to get bread or to shop for their mother. Their little feet probably echoed down the stairwell, filling this dreary, sad place with life, which was in great need of it. For what happened to the stairs when no one was getting upstairs because of them? Well, it’s simple, nobody went up, it was a deserted and totally abandoned place, a bit like it is today. An empty staircase. Empty of sound, empty of the laughter of the children going to meet their little friends in the courtyard at the bottom of the stairs. And these steps, so often cleaned to be dirtied again immediately afterwards when the children went back home, their shoes full of mud because they had played in the muddy puddles. But that was all in the past. 


The children hadn’t been running up the stairs for a long time. The place was empty, terribly empty. This staircase had seen children grow over time. First he had heard the cries of a newborn baby. Then the sound of his mother’s footsteps trying to calm him down before he began to disturb the neighbors.The father who was leaving for work and who at that time still had all his hair. Afterwards, he had seen a toddler venturing near him, intrigued by this strange construction going down composed of different levels. But the parents had prevented the child from coming too close, for fear that he would upset his balance and fall. For he hadn’t been able to walk for a very long time, and he was still twitching a little on his little legs. The stairs had been sad, it would have liked to see the child more closely, this little human being. Later he had felt the little steps of the child on him. He was stable enough on his legs that the parents let him go down the stairs. But he was always accompanied by one of his parents. Because they didn’t want him to hurt himself if he fell. So they would come with him, take him to the bottom of the stairs and leave him with his friends. Then they would go back up and pick him up again after an hour or two. 


Later, the stairs had seen the little boy come down the stairs by himself. He was growing up fast. Every morning he would leave. Probably to school. The stairs had heard his mother talking to her neighbour on the landing about her anxieties about her son’s first day at school. The staircase didn’t know what it was all about, but it must have helped the boy grow up, because he was reaching the banister now. He was going down and up with much more ease. Then time passed so quickly that the staircase hardly saw him grow up. Now he was a handsome young man. He hadn’t been back for years. The staircase had not understood what had happened. Overnight, the boy had stopped climbing the stairs to get to his house. And he had come back years later. He was a man now. And then he moved in in his parents’ apartment, who had died in the meantime. And children had started running up the stairs again. But that was a long time ago. Now the stairs were empty and probably always would be: the building was going to be demolished. The stairs would never again hear the footsteps of the children. Never again. He wouldn’t have a family to watch anymore. 
Never again. It was all over. It was over forever. He’d be demolished. 

Other English texts

(Le destin, ce puzzle) Chapitre 26 : Zénith

Daisy arriva avec sa tablette dans le salon, toute excitée. Elle arriva dans le salon où se trouvaient Mina et Paula, qui étaient avachies sur le canapé, n’ayant plus aucune énergie après avoir passé des heures en cours. L’arrivée de Daisy ne les fit donc pas réagir du tout. Ne se démontant pas, Daisy sautilla sur place, des étoiles plein les yeux. Elle s’écria qu’une chanteuse géniale, absolument fa-bu-leuse était en train de faire un live sur internet !

Toujours aucune réaction. Daisy sauta sur le canapé, se plaçant entre les deux filles. Elle alluma sa tablette, montant le son au maximum. Elle leur expliqua que la chanteuse était au sommet de sa carrière, et qu’elle rejouait toutes ses chansons les plus connues pour l’occasion. Elle était dans la musique depuis dix ans aujourd’hui ! Mina ne tourna même pas la tête pour regarder le live. Elle était trop fatiguée pour entendre Daisy parler aussi énergiquement. Paula laissa tomber sa tête sur l’épaule de Daisy, regardant l’écran avec elle. 

Au bout d’un moment, Daisy tourna la tête vers Mina qui n’avait rien dit depuis le début et ne s’était pas rapprochée non plus, ne montrant aucun intérêt pour la chanteuse préférée de Daisy. Cette dernière s’était endormie contre l’accoudoir du canapé. Daisy se tourna alors vers Paula. Son amie ne dormait pas, mais elle peinait à garder les yeux ouverts. Elle décida de la soulager, éteignant la tablette pour qu’elle ne se sente pas obligée de regarder, lui disant qu’elle pouvait dormir, si elle voulait. Elle leur montrerait la rediffusion du live le lendemain si elles voulaient le voir. 

Premier chapitre

Catégorie Le destin ce puzzle

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