Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°4 (2e édition) Thème : Hamburger

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

4) Thème : Hamburger

Il était sur une table. Tout seul. La personne qui allait le manger était partie aux toilettes peu après que le serveur lui ait porté son plat. Les autres clients discutaient, riaient, mangeaient. Ils ne se préoccupaient pas de ce qui se passait autour d’eux. Cela ne les intéressait pas particulièrement. Ils avaient leurs compagnons de table, ils n’avaient pas remarqué les autres tablées. Ils mangeaient gaiement, appréciant leur repas. C’était la journée spéciale où le restaurant proposait des hamburgers alors beaucoup de personnes étaient venues dans le but d’en manger un. C’était une petite ville où quasiment aucun restaurant ne proposait ce plat.

Donc quand un restaurant le mettait sur sa carte, tout le monde se ruait dedans. Ce jour-là, il y avait foule. Le bruit avait couru que l’on pouvait manger des hamburgers, et donc le restaurant était complet. Il y avait une file d’attente jusqu’au bout de la rue. En cuisine, les hamburgers commençaient déjà à manquer. Ils n’avaient jamais eu une affluence pareille. Ils n’étaient pas prêts pour autant de monde. Ils avaient sous estimé l’envie de manger des hamburgers dans cette ville.

Un des clients était donc parti aux toilettes, laissant innocemment son hamburger sur sa table, sans surveillance. Il s’attendait sans doute à le retrouver en revenant. Et cela aurait peut-être été le cas s’il n’avait pas été seul à sa table. Mais là, en plus dans un contexte où le restaurant était surbooké, où les autres mangeurs ne faisaient pas particulièrement attention à ce qui se passait autour d’eux, et où tout le monde voulait manger un hamburger, le hamburger n’eut aucune chance. Lorsque le client revint, il trouva son plat vide. Furieux, il regarda autour de lui. Avec autant de monde, il aurait été difficile de dire qui avait commis ce méfait. Le voleur était sûrement déjà loin. Le client commanda à nouveau un hamburger. Cette fois-ci, il ferait plus attention. Mais le serveur refusa de le lui servir. C’était un par personne, et comme son assiette était vide, il avait apparemment déjà mangé le sien. Il refusa d’écouter ses explications et il lui demanda de partir, car d’autres clients attendaient leur tour. Le monde des hamburgers était vraiment sans pitié…

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Les autres défis

Le destin, ce puzzle

DDLA #1 « Souvenir d’un jour de pluie »

(venant du blog de Pandora Black)

DDLA / Article

C’était un jour gris. Un jour triste et déprimé. J’étais à l’école primaire, et pour moi, les jours de pluie étaient des jours où rien ne pouvait se passer bien. Cela a l’air bien stupide, maintenant, avec le recul, mais je voyais les choses comme ça. Je ne peux pas revenir en arrière pour dire à mon moi du passé que c’est idiot de penser que le temps peut affecter la journée de quelqu’un. Si c’était vraiment le cas, alors ceux pour qui il pleut souvent seraient tout le temps malheureux. Cela se saurait.

Bon, en tout cas, c’était un de ces jours où mon humeur était grise, comme le ciel, pluvieuse, comme le temps. Comme par hasard, le contrôle était tombé ce jour-là. (mais alors, peut-être était-ce seulement ma malchance à moi, qui faisait que rien ne se passait bien un jour de pluie ? ) Un contrôle qui me stressait, évidemment. Un contrôle de maths.

Je détestais tout de ces journées. Déjà, il faisait froid, en plus, le sol de la classe avait toujours de petites flaques à certains endroits car certains avaient oublié de s’essuyer les pieds en rentrant, et puis certains avaient les cheveux tous mouillés, car ils n’avaient pas de capuche. En plus, dans la cours, il y avait les feuilles. Ces affreuses feuilles entre lesquelles il fallait passer à cloche pieds, pour ne pas glisser et tomber en jouant au loup. Il y avait toujours au moins un puni pour avoir couru sur les feuilles. En ayant fait exprès ou non. C’était la même chose pour les plaques de verglas en hiver. Chaque saison avait ses choses glissantes qui provoquaient des punitions, apparemment.

L’école ne voulait pas qu’on se casse une jambe et que les parents les blâment après pour ne pas avoir ramassé les feuilles ou brisé les plaques de verglas, sans doute. Mais un enfant ne comprend jamais avant d’avoir essayé. Ou d’avoir vu la conséquence d’une chute sur une autre personne, dans mon cas. La conséquence étant d’avoir mal et en plus de se faire gronder et punir. Donc pas une bonne conséquence. Aucun amusement là dedans.

Mais ces journées pluvieuses voulaient aussi dire que, s’il pleuvait quand on devait aller en récréation, alors nous étions obligés d’aller nous réfugier sous le préau. Le préau était un endroit que je détestait particulièrement. Car préau = pluie. Pluie = préau. Sous le préau, tout le monde, toutes classes confondues, étaient entassées, et il y avait beaucoup de bruit, et on ne pouvait rien faire d’autre que discuter. Alors maintenant, ça m’aurait convenu, mais à l’époque, je me sentais un peu claustrophobe, sous ce préau. Et puis il y avait toujours quelqu’un qui essayait de sortir sous la pluie et qui se faisait punir à cause de ça, ou qui en poussait un autre, et là même combat.

Voilà donc mon souvenir d’un jour de pluie en école primaire.

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Le destin, ce puzzle

Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°3 (2e édition) Conte des temps modernes

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

3) Ecrire un conte des temps modernes (revisite du Petit Chaperon rouge)

Faites silence, car voici un conte très actuel. Un conte qui ne ressemble en rien aux contes traditionnels, mais qui a (je crois) une morale exceptionnelle. (Ceci était un essai. Je voulais essayer de faire des rimes comme on en voit parfois au début des contes…)

Il était une fois une vieille dame solitaire.

Elle était chez elle, un peu comme tout le monde. Elle n’arrivait pas à croire que sa vie ressemblait à ça, maintenant. Son existence avait beaucoup changé en peu de temps. Le monde entier était touché. Elle s’y était un peu habituée, à présent. En plus, les mesures prises s’étaient un peu relâchées, et les gens pouvaient à nouveau aller et venir, pas comme avant, mais la situation s’était un peu améliorée. Au début, elle avait eu sa petite fille masquée en visite toutes les semaines à peu près, pour lui porter les courses. En tant que personne vulnérable, elle ne pouvait pas sortir comme elle le voulait. C’était pour sa propre sécurité. Elle le savait. Et cet arrangement lui avait permis de voir sa petite fille plus souvent, beaucoup plus souvent que d’habitude.

Mais depuis, le système du Drive avait été mis en place. Sa petite fille avait d’abord semblé être de plus en plus pressée quand elle passait, ne pouvant parfois rester que quelques minutes pour discuter ou bien restant sur son portable tout du long. Mais peu à peu, le Drive avait complètement remplacé les visites de sa petite fille. Ah, le Drive était fabuleux, c’était sûr, mais ce n’était pas sa petite fille qu’elle voyait encore moins qu’avant. La technologie lui avait pris sa petite fille. Et à cause du Drive, elle ne venait plus du tout la voir, n’ayant plus aucune raison de le faire.

Un jour, le Drive ne passa pas (elle ne leur avait pas demandé de passer, en réalité). Elle envoya donc un message à sa petite fille, lui demandant de l’aider pour les courses car le Drive n’était pas venu. Sa petite fille était donc venue avec sa voiture (elle venait d’avoir son permis, et sa grand-mère en était très fière). Sa petite fille, Susie, était venue masquée et avait respecté la distanciation car elle ne voulait pas mettre sa mamie en danger. Mais tout était comme avant. Elles passèrent une très bonne après-midi. Sa petite fille l’initia à un nouveau jeu vidéo qui lui plut aussitôt.

A partir de là, elles se revirent à nouveau toutes les semaines pour les courses, mais aussi pour jouer ensemble à ce jeu. Elles s’étaient retrouvées. Elles allaient aussi parfois se promener dans le jardin quand le temps le leur permettait. Susie ne sortait jamais son téléphone, parlant avec sa grand-mère de tout et de rien, et lui racontant ce qu’il se passait dans son quartier et les nouvelles frasques de son chat.

Je laisse donc ce conte ici pour qui voudra bien le lire. J’écris des histoires pour faire rire et réfléchir. (Vous noterez ici un autre essai de rimes)

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Le destin, ce puzzle

Miracle

Miracle. Usually, hearing this word, something positive was expected, something wonderful, something unexpected. It was a bit like good weather after rain, a real rainbow in a lifetime. It was a good thing, and above all, it was rare. Rare enough that you can’t get tired of it. It only happened once in a lifetime, and sometimes it didn’t happen at all. So we hoped for a miracle. It was hard to get, a miracle. It was random. It was precious. It was the ultimate. A great happiness. Few people had seen it, and even fewer had personally experienced a miracle. So in people’s minds, a miracle was wonderfully positive. 
But not everyone thought like that. Sitting on a bench, she had just experienced a « miracle ». She usually experienced it several times a day, and she was not happy about it. Why was she not happy about it? Why had she experienced so many when it was supposed to be very rare? Was she luckier than others? 

Simply because for her, the word « miracle » didn’t mean what most people thought it meant. It wasn’t something positive, unexpected and rare. It happened to her every day, she suspected it was going to happen, and it was the opposite of something positive. It was even really negative. In fact, her version of the word was the exact opposite of the meaning adopted by ordinary people. A miracle was (ironically) a moment of profound misfortune, like the fact that she had accidentally broken her coffee pot on a day when she was particularly in need of caffeine, or a moment when, in an extremely wide street, she had managed to bump into another pedestrian because she was looking at the pretty houses in the neighborhood. This time, she had missed a step on the stairs during her workday and found herself in the arms of her boss who was just climbing the stairs. The story could have ended there, but it wouldn’t be funny otherwise. She had a cup of hot coffee in her hand when she fell and she spilled it on her boss’ shirt as she fell. What a piece of bad luck! That day, she had hoped that no more miracles would happen to her. And that was when she had dropped her keys out of the sixth floor window….

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Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°2 (2e édition) Défi sablier 10 min

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

2) Défi sablier : écriture pendant dix minutes chrono

Elle regardait par la fenêtre quand elle le vit. Elle n’en crut tout d’abord pas ses yeux, et puis, après plusieurs minutes d’observation silencieuse, elle dût se rendre à l’évidence : il existait bel et bien. Elle avait vu plusieurs films qui racontaient l’histoire de personnes comme ça, mais là, elle était dans la réalité, et ce n’était absolument pas possible. Peut-être était-elle en train de rêver ? Ce serait après tout une très bonne explication quant à ce qu’elle pouvait voir par cette fenêtre. Lui avait-on fait une blague ? Ce n’était pas très drôle.

Elle regarda à nouveau. Non, il n’avait pas disparu. Il était toujours là. Incroyable. Si on lui avait dit qu’elle verrait cela, elle aurait ri, c’était sûr. Il était juste en face d’elle, en train d’essayer de goûter la neige en tendant la langue pour y recueillir un flocon. Elle n’aurait pas cru en rencontrer un un jour. Et pourtant il était bien là, les deux pieds résolument plantés dans la neige, en train d’essayer d’attraper son sac qui était tombé dans son jardin. Mais il n’allait jamais y arriver, la clôture était beaucoup trop haute !

Il sembla soudain la voir, et elle recula, presque intimidée qu’il ait tourné la tête vers elle. Ce n’était pourtant pas une célébrité, mais ce n’était pas tous les jours qu’on pouvait en voir. Elle n’aurait jamais cru en voir un jour dans son jardin. Dans sa tête, c’était tout à fait impossible, et pourtant, elle l’avait en visuel. Il lui faisait à présent de grands signes, lui montrant la clôture du bras. Elle ne bougea pas, tétanisée. C’était idiot.

Elle aurait bien voulu pouvoir le montrer à quelqu’un, mais personne n’était à la maison. Cette situation ressemblait à un début de film pour enfants sur Noël. Et maintenant, elle allait lui récupérer son sac, et il allait lui offrir de lui exaucer un voeu pour la remercier ? Dans un film, cela se serait passé comme ça. Mais là, elle sortit, les jambes flageolantes, ne incrédule. Allait-elle vraiment aider ce minuscule homme gesticulant à récupérer son sac qu’il avait fait tomber dans son jardin en descendant de l’arbre du voisin ? Elle lui tendit son sac, et il lui sourit, partant ensuite en courant. Non, pas de voeu. Dommage. Ce n’était pas un film, malheureusement.

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Défi 30 jours d’écriture Kea Ring n°1 (2e édition) La vie d’un verre

(provenant du blog de Madame Kea Ring)

Je n’ai jamais essayé de prendre part à un challenge d’écriture, donc ceci est un essai. Je ne vais sans doute pas faire tous les jours, on verra.

1 ) Raconter la vie d’un verre

J’étais sur la table. J’étais tranquille, on m’avait oublié. Je profitais de la vie, pour une fois. Je n’étais pas enfermé dans un placard ou encore sur l’égouttoir, en train de sécher. Je ne pouvais jamais simplement rester quelque part et regarder par la fenêtre, par exemple. L’enfant de la maison avait fini son goûter, il m’avait rempli de lait, m’avait vidé en racontant sa journée, et puis il m’avait oublié sur la table. Pour une fois, personne n’était passé derrière lui. J’avais remarqué que la grande humaine était passée très vite, parlant toute seule. Ils faisaient souvent ça, les humains, de parler tous seuls avec leur main plaquée contre leur oreille. C’était bizarre, comme habitude. Mais je n’avais pas pu demander à d’autres verres du passé si eux aussi avaient vu ce comportement étrange chez les humains, car ils étaient tous cassés ou bien au fond d’un placard. Moi, j’étais encore entier (pour le moment), et j’étais presque neuf, donc je n’avais pas été relégué au placard de l’oubli, l’effroyable placard à propos duquel les autres verres se chuchotaient souvent des histoires affreuses, quand je les rejoignait dans le placard où nous habitions.

Soudain, alors que je réfléchissais, je vis apparaître deux grands yeux jaunes. Mais qu’est-ce que…? Le monstre ! Pardon, je voulais dire : le chat ! Celui qui avait tué beaucoup de mes frères en voulant boire l’eau restée à l’intérieur, mes frères qui avaient chaque fois été oubliés, négligemment posés sur la table, et donc seuls face au chat. Si on devait désigner un ennemi naturel des verres, ce serait probablement le chat. Ou tout autre animal qui traînait ses guêtres dans une maison, d’ailleurs. Il suffisait qu’ils aient une patte pour faire tomber le pauvre verre, et c’était fini ! Terminé ! Un désastre !

Je me reconcentrai sur le moment présent. Un chat IMMENSE était en train de me lorgner. Il restait quelques gouttes de lait, et il voulait les boire. Ce n’était pourtant pas bon pour les chats, bien que les histoires pour enfants montrent le contraire. L’animal s’approcha de moi, et je crus que ma dernière heure était arrivée. L’ombre du chat se posa sur moi, s’approchant, s’approchant…Non ! Je ne voulais pas finir en mille morceaux ! Je ne voulais pas atterrir dans ce lieu sinistre appelé la poubelle, au milieu des emballages plastiques! Le chat se rapprochait toujours plus. Non ! Je voulais rester entier ! Oh, comme à ce moment-là je voulus retirer tout ce que j’avais pensé sur le fait qu’être seul sur la table était une bonne chose ! Non ! c’était extrêmement dangereux ! J’avais oublié le chat !

Au moment où le chat allait donner son coup de patte assassin qui allait me briser, littéralement, quelqu’un m’attrapa.On me posa dans l’évier. C’était le gamin, que sa mère venait de réprimander. Il repartit en bougonnant. J’étais sauvé !

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Le destin, ce puzzle

En ligne, on perd le fil ch2

Elle avait déjà fait des appels vidéos. Mais elle n’apprenait jamais. Toutes les erreurs qu’elle avait faites auparavant quant à ces réunions en ligne, elle les oubliait systématiquement dès qu’elle se préparait pour un nouvel appel. Elle ne savait pas comment elle faisait pour oublier. C’était un mystère. Pourtant, ces erreurs n’étaient pas très faciles à oublier. La fois où elle avait eu la flemme de mettre un pantalon correct, ayant mis un jogging rouge vif, car « de toute manière, elle n’avait jamais besoin de se lever pendant un appel vidéo « , elle ne l’oublierait pas de sitôt.

Cette fois-ci, donc, elle s’était mise sur son ordinateur, essayant de trouver un bon angle pour la caméra de l’appel. Car c’était quelque chose qu’elle oubliait souvent. Elle la positionna là où elle pensait que c’était le meilleur angle. En rejoignant l’appel, elle eut droit à des « Ah, c’est donc là que tu vis », de la part de plusieurs de ses collègues qui n’avaient encore jamais vu son appartement. C’était la remarque que chacun se faisait à chaque appel et à chaque nouvelle personne sur l’écran. Sauf que certains collègues le disaient tout haut. La curiosité était humaine, après tout. Mais mieux valait placer la caméra correctement de manière à ne pas montrer tout l’appartement non plus. Cette fois-ci, elle avait choisi ce qu’elle pensait être un bon angle, mais qui se révéla être le pire angle possible.

Elle s’en rendit compte quand un collègue lui demanda avec un demi sourire où elle avait eu le joli tableau derrière elle. Elle se retourna et vit avec stupeur qu’elle s’était placée sans faire exprès de manière à ce que le tableau douteux que lui avait offert un ami le mois dernier soit en plein dans le champ de vision de la caméra. Elle déclara avec aplomb qu’elle s’était juste trompée en mettant le filtre. Elle mit un filtre qui representait un bureau pour cacher le tableau problématique, évitant le sujet pour tenter de le faire oublier.

Elle dût ensuite partager son écran pour montrer quelque chose à ses collègues. Elle eut tout d’abord quelques problèmes avec l’affichage de l’écran, ne parvenant pas à leur faire voir ce qu’elle voulait vraiment leur montrer. Puis, mystérieusement, la page où elle avait cherché sa future paire de baskets roses apparut à la vue de tous. Elle se racla la gorge, eut un rire nerveux, puis elle changea vite de page, leur montrant enfin ce qu’elle voulait. Et voilà, elle recommençait à avoir des problèmes en plein milieu des appels vidéos ! C’était mortifiant. Elle se réconforta ensuite en se disant que des baskets, ce n’était pas très grave. Cela aurait pu être autre chose de plus gênant encore….

Chapitre 3

Premier chapitre

En ligne, on perd le fil ch1

Il n’avait encore jamais fait ça. D’habitude, les réunions, il les faisait dans une salle, avec des gens en face de lui, et un café à la main. Là, il allait le faire sur son canapé, avec des gens en face certes, mais des gens qu’il verrait sur son écran, et sans café car il venait de remplacer son canapé, et il ne voulait pas risquer de renverser son café dessus. Alors le café, ce serait pour plus tard.

Il partit se préparer. Oui, car même pour une réunion en ligne, il se préparait pendant de longues minutes. Il valait mieux être présentable, même de derrière son écran, s’était-il dit. Il avait donc mis ses vêtements de réunion habituels, à savoir un blazer chic et un pantalon bien repassé. Sa chemise blanche sans plis sous le blazer, le look « réunion » était complet.

Il partit s’assoir devant son ordinateur, s’assurant que le son était bon, que la vidéo fonctionnait, et que l’angle allait. Il ne voulait pas que ses collègues voient plus que le mur de son salon. Il tira un peu le rideau, de manière à ce que la lumière soit excellente. Il n’aurait ainsi pas l’air d’un fantôme ( trop de lumière) ou d’un loup garou ( trop sombre). Il se posta devant son écran, dossiers et carnet à proximité, attendant l’heure de l’appel. Il avait cinq minutes d’avance. Il se prépara donc un café, finalement. Il voulait arriver pile à l’heure. Il s’installa donc, son café sur la table basse, l’ordinateur sur les genoux, tous ses outils de travail autour de lui. Tous ? Peut-être pas. Il avait oublié de prendre un stylo ! Il en vit un, posé sur la table de la cuisine. C’était celui qu’il avait prévu pour la réunion. Zut ! Il allait devoir enjamber toute son installation. Il posa l’ordinateur sur le côté, et il partit chercher son stylo. A mi chemin, il se rendit compte que l’heure pile était imminente ! Il attrapa vite son stylo et il courut vers le canapé, s’y effondrant.

Lorsqu’il se connecta, il avait une minute de retard, les cheveux un peu en bataille, la chemise légèrement plissée à un endroit qui se voyait sûrement, et son pantalon n’était vraiment plus repassé comme cinq minutes avant. Tout ça pour un stylo ! Il salua ses collègues, puis il s’arma de son stylo ( le fameux stylo) et de son carnet.

Mais soudain, alors que le chef arrivait dans l’appel vidéo, il y eut un bruit strident qui le fit sursauter, et son café se renversa. Au même moment, la fenêtre de l’appel se ferma. Il se figea. Sa chemise blanche était à présent couleur café. Heureusement, ses collègues n’avaient rien dû voir, puisque l’appel s’était figé à ce moment précis.

Cinq minutes plus tard, alors qu’il essayait de se reconnecter sans succès tout en essuyant vainement le café de sa chemise, il reçut un sms d’un de ses collègues, une photo suivie de plusieurs émoticônes qui riaient. Apparemment, quand il avait été « éjecté » de l’appel, l’écran s’était figé sur la dernière image qu’il y avait de lui , c’est à dire arborant un air ahuri, et la chemise dégoulinante de café…..

Chapitre 2

Peak

His career was at its peak. Everything was going well. Really, everything was going great. Life was smiling at him. Everything was on track. At last. He had long hoped to become famous. And then one of his songs had suddenly become more famous than the others, making him a star, one of the greatest. His fans loved him, his songs were successful. He was invited to all the fancy parties. He knew all the celebrities who were on the rise at the time. He was constantly receiving gifts, letters, emails from fans. But then, what was wrong? At first glance, nothing. But he felt bad, in a way. He didn’t really know what was bothering him, but he cared enough to have his loved ones start noticing it. 

The pinnacle of a career was normally what every artist wanted. But he didn’t feel that way now that he had reached that point. Had everything become too easy? Too golden? Was he bored, after having wished for it for a long time? Did he finally not want this life anymore? Had he reached the peak of his career, a place envied by many artists, only to tell himself that finally it wasn’t for him? In the end, it was perhaps a weariness that had fallen on him. By the time he got there, he had gotten a little older, and the crazy schedules of an artist’s life were becoming a little difficult to manage. Constantly on the move, lost between time differences, always sleeping in a corner of the bus, he had perhaps lost his way. 
And so, at the height of his career, he decided to take a break to reflect, to refocus on himself, to decide what he really wanted. Because no one else could have known that. 

Other English texts

Nouvelle fiction à chapitres : En ligne, on perd le fil !

Photo de Negative Space sur Pexels.com

« En ligne, on perd le fil » est une fiction comptant plusieurs chapitres ne se suivant pas sur le thème des appels vidéos.

Photo de Anna Shvets sur Pexels.com

Extrait :

« Il n’avait encore jamais fait ça. D’habitude, les réunions, il les faisait dans une salle, avec des gens en face de lui, et un café à la main. Là, il allait le faire sur son canapé, avec des gens en face certes, mais des gens qu’il verrait sur son écran, et sans café car il venait de remplacer son canapé, et il ne voulait pas risquer de renverser son café dessus. Alors le café, ce serait pour plus tard.

Il partit se préparer. Oui, car même pour une réunion en ligne, il se préparait pendant de longues minutes. Il valait mieux être présentable, même de dernière son écran, s’était-il dit. Il avait donc mis ses vêtements de réunion habituels, à savoir un blazer chic et un pantalon bien repassé. Sa chemise blanche sans plis sous le blazer, le look « réunion » était complet. »