Le destin ce puzzle confinées – Daisy #3 Les repas

Salut, ici Daisy !

Les repas, nous essayons de les prendre ensemble. Mais ce n’est (étonnamment) pas toujours facile à cause des horaires de cours en ligne que nous avons. Pour être tout à fait claire, aucune de nous n’a vraiment les mêmes horaires.

Probablement parce que nous ne suivons pas les mêmes cursus. A cela s’ajoute la volonté de terminer un devoir en continuant sur l’heure de repas, ce qui n’est pas une envie commune aux trois. Je fais ici référence à Paula qui est très consciencieuse et qui aime terminer ce qu’elle a commencé sans se laisser arrêter par quelque chose d’aussi futile qu’un repas. Il m’arrive parfois d’avoir à la prendre par la peau du cou (pas littéralement, ne vous inquiétez pas) pour la faire venir à table quand elle exagère trop sur ce point.Mina, à l’inverse, est toujours la première à table. Elle n’est visiblement pas pressée de terminer ses devoirs. Paula est obligée de l’enfermer dans sa chambre de temps à autre (pour lui rendre service) pour qu’elle fasse enfin son travail. Je crois que si Mina réussit son année, ce sera grâce à elle.
Mais revenons-en aux repas. Il nous arrive d’aller les chercher au RU (restaurant universitaire), mais le plus souvent nous commandons sur internet. Nous tirons au sort qui s’y rendra, et la coloc désignée, secrètement contente sûrement de quitter l’appartement, se rend au RU pour aller nous chercher des plats à emporter. Nous ne communiquons pas beaucoup avec les autres étudiants, c’est assez compliqué et en plus on ne les connaît pas tous.

Daisy

Le destin ce puzzle confinées #2 Mina : Les cours hybrides

Salut, c’est Mina.

Il y a quelques temps, c’est-à-dire il y a une semaine ou deux, avant le confinement, donc, je perds le fil avec tous ces confinements, j’avais des cours en hybride. Vous allez me dire, mais c’est quoi les cours en hybride ? Moi-même, il y a…je ne sais pas combien de temps, (j’abandonne complètement les notions de temps, car je ne sais vraiment plus évaluer le temps qui passe) je ne savais pas de quoi il s’agissait.

Quand j’ai vu le sujet du mail annonçant que de tels cours allaient commancer, j’ai même ri en pensant que « hybride » était équivalent à bionique, faisant des blagues en disant qu’ils allaient peut-être nous greffer un deuxième cerveau pour que nous rattrapions tous les cours qui nous manquaient…Oui, j’étais stupide. Et surtout, je ne savais pas du tout à quelle sauce j’allais être mangée avec ces cours hybrides horribles.
Les cours en hybride, ce sont les cours à la fois en présentiel et en distanciel. Il fallait l’inventer, cette chose-là. Au début, j’étais assez contente de pouvoir sortir un peu de l’appartement. Le distanciel m’avait posé assez de problèmes. Je n’arrive généralement pas à me concentrer quand je dois travailler seule face à mon écran avec des cours pdf toujours plus longs…Daisy m’a empêché plus d’une fois de sécher les cours (virtuels).

Mais j’avais oublié que la fac ne fait jamais rien comme tout le monde. Je pensais que les cours allaient être répartis en fonction de leur lieu, c’est-à-dire à la fac ou chez nous. Eh bien non ! Pas du tout. J’ai donc dû courir plus d’une fois pour aller à un cours en présentiel juste après avoir assisté à un cours en distanciel…Au bout d’un moment, je suivais même mes cours dans le bus pour ne pas être en retard au cours suivant…Ah, l’absurdité…Alors oui, je sortais de chez moi, mais j’en ai conclu que le distanciel était quand même mille fois mieux, comparé aux cours en hybride.

Mina

Le destin ce puzzle confinées #2 Paula : Pendant le premier confinement

Salut, ici Paula !

Pendant ce confinement, je n’ai pas pu m’empêcher de le comparer au premier confinement. La situation est très différente. Tout d’abord, je ne suis pas chez mes parents. Je suis à l’appartement avec mes colocataires. C’est très différent. Ensuite, je ne suis pas désœuvrée. Je veux dire par là que pendant le premier confinement, j’avais nettement moins de devoirs à faire et aussi beaucoup moins de cours vidéo…J’avais simplement l’impression d’être un peu comme en vacances, surtout à cause des beaux jours.

Là, les beaux jours arrivent, certes, mais le travail à faire arrive dans ma boîte mail sans discontinuer, je suis coincée dans un appartement alors que chez mes parents il y avait un jardin dans lequel on pouvait aller respirer un peu, et en plus je suis épuisée. Je ne sais vraiment pas pourquoi, étant donné que je n’ai fait aucune activité sportive depuis longtemps. Peut-être un peu trop longtemps, d’ailleurs.

Quand je suis retournée chez mes parents, le changement a été radical. J’avais pris des habitudes, à l’appartement, et ils avaient les leurs. Conséquence, nous ne mangions pas aux mêmes heures, nous ne faisions pas les mêmes choses, et nous nous disputons parce que je devais travailler pour la fac et je trouvais qu’ils faisaient trop de bruit. La connexion était certes meilleure, mais la réadaptation a été difficile. La réadaptation à l’appartement a aussi été difficile ensuite…Je crois que je ne suis pas faite pour changer d’endroit trop souvent.

Chez mes parents, il y a un chat, un chat noir, et depuis que je suis revenue à l’appart’, je n’arrête pas de le voir, ou du moins je crois le voir, car la valise que Daisy garde dans sa chambre est noire, elle aussi, et je crois à chaque fois qu’il s’agit de mon chat. Daisy se moque de moi à chaque fois car je sursaute, et elle sait pourquoi car j’ai fini par lui expliquer.

Paula

Le destin ce puzzle confinées #2 Daisy : Courses

Salut, c’est Daisy.

Les courses, avant, on se les partageait. Je veux dire que chacune achetait des choses un peu quand elle pouvait, et que nous constations ce qui manquait ensuite. Pour résumer, ce n’était pas très organisé. Voire même pas du tout. On avait souvent des problèmes de choses qui manquaient, et il y avait souvent des disputes à ce propos, disputes qui se terminaient par un « Je descends à la supérette » de la part de l’une d’entre nous, généralement moi. Car nous avions un petit supermarché dans le quartier. Nous aurions pu faire une liste, tout simplement, et tirer au sort la personne qui irait faire les courses, mais apparemment, nous aimions nous compliquer la vie.

Maintenant, c’est beaucoup plus simple. Nous avons décidé d’un commun accord que nous allions commander les courses au Drive. Mais il faut quand même aller les chercher car le magasin ne propose pas la livraison à domicile. Et donc nous tirons au sort la personne chanceuse qui va aller chercher les courses. Nous essayons bien sûr de ne pas trop commander, car la personne en question doit ramener les denrées en bus, et chacune sait que si le sac pèse trop lourd, l’expédition deviendra vite un enfer. Et puis nos porte-monnaie ne sont pas extensibles non plus, donc nous évitons les trop grosses commandes.

Aujourd’hui, c’est Mina qui est partie chercher les courses. Paula et moi, nous l’attendons déjà près de la porte avec le gel hydroalcoolique et de quoi jeter son masque. Nous n’avons pas de douche désinfectante comme j’ai pu voir dans une vidéo sur internet, mais nous faisons au mieux. De toute manière, lorsque nous allons chercher les courses, nous nous débrouillons pour ne rien toucher de plus que le sac de courses.

Justement, voilà Mina qui revient. Paula lui indique où poser les courses qui seront en quarantaine pendant au moins un jour, et elle lui verse du gel sur les mains après qu’elle ait jeté son masque dans le sac poubelle réservé à cet effet. Mina soupire. Aller faire les courses, c’est devenu toute une histoire !

Daisy

Le destin ce puzzle confinées #1 Daisy La décoration et l’esprit créateur

Bonjour, je suis Daisy, dixit celle qui a toujours de bonnes idées dans l’appartement que je partage avec mes deux colocataires, Mina et Paula. Voici un résumé des opérations. Nous sommes confinées, mais nous nous portons bien. Nous arrivons à nous nourrir correctement grâce à nos parents qui nous aident financièrement, car bien sûr, nous ne pouvons pas aller travailler comme nous le faisions avant, nos employeurs ayant dû fermer boutique pendant ce confinement. Mais nous devons souvent nous nourrir exclusivement de pâtes, et certaines commencent à en avoir assez. Quand je dis certaines, je veux bien sûr dire Mina, car Paula ne s’est pas plainte.

La nourriture est un des gros sujets de dispute avec Mina. Elle est gourmande, même si elle préfère dire qu’elle aime juste la bonne cuisine, et donc mes efforts pour cuisiner des pâtes d’une manière différente quand je le peux se soldent souvent par des échecs car madame n’aime pas, ou alors c’est trop ennuyeux à manger. Je crois qu’on est trop différentes, et que c’est la raison pour laquelle on se crie dessus. Je suis peut-être bien trop positive et elle trop négative. Un espace clos comme cet appartement ne nous aide pas.

Mais parlons de sujets plus joyeux, car il y en a. Depuis le début de ce confinement, ma créativité s’est réveillée. (Encore un sujet de dispute avec Mina) J’ai de nouvelles idées de décoration chaque jour. Je ne les réalise pas toujours, mais c’est bon pour le moral, d’avoir des idées ! Quand j’ai des idées, Mina ne parvient pas à m’énerver. Je me plonge dans ma création, et j’oublie tout. J’essaie de le faire souvent, car je sais que Paula n’en peut plus de nous entendre crier. (les voisins aussi sûrement, mais ils n’ont encore rien dit, alors soit ils ne sont pas là, soit ils s’ennuient tellement que nos disputes illuminent leurs journées) Je sais que Paula n’en dira jamais rien, elle est bien trop gentille. Mais je me doute que ça doit être insupportable. Etant enfant unique, elle n’a sans doute pas l’habitude d’autant d’agitation, même si elle a sûrement eu le temps de s’habituer, avec nous dans les parages.

Pendant ce confinement, donc, je crée. Je ne fais que ça. Quand je n’ai pas ces maudits cours en ligne, j’imagine. Paula aime bien me regarder faire, elle dit que ça la distrait de ses cours à elle qui peuvent parfois être fatigants. Souvent, quand ma fièvre créatrice m’a quittée, je la découvre endormie sur le canapé derrière moi. Je travaille sur la table basse et elle s’installe sur le canapé pour réviser ou bien m’observer en pleine création.
J’ai donc ajouté quelques éléments de décoration, depuis le début du confinement. Et je compte bien continuer, quoi qu’en dise Mina…
Daisy

Le destin ce puzzle confinées : #1 Mina : Zizanie

Salut, moi c’est Mina. Et je vais vous expliquer la situation explosive dans laquelle nous nous trouvons, Daisy et moi. Paula n’est pas dans la même situation que nous, elle sait garder son calme. Mais Daisy et moi sommes les deux personnes qui nous sommes le plus disputées depuis que nous avons emménagé ici.

J’adore Daisy, mais franchement, nos points de vue divergent bien trop sur beaucoup de sujets différents. Bien souvent, Paula est obligée de jouer les arbitres entre nous. D’ordinaire, donc, nous passons notre temps à nous disputer. Et depuis que nous avons dû nous confiner ensemble dans cet appartement, nous nous sommes disputées un nombre incalculable de fois. Ce doit être à cause du fait que nous ne pouvons pas vraiment nous éloigner l’une de l’autre à cause des restrictions. Nous avons essayé de ne pas déclencher de disputes, mais c’est difficile car une sorte d’énergie nerveuse s’est installée dans cet appartement clos.

Heureusement, Paula nous a trouvé des cours de yoga sur internet, et si nous les suivons ensemble, nous parvenons à ne pas nous crier dessus (pas trop). Paula dit que nous sommes de fortes têtes, et que c’est pour cette raison que nous ne parvenons pas à nous entendre. Mais je trouve que nous avons fait des progrès. (C’est amusant, j’ai un peu l’impression de parler à un psy en thérapie de couple…) En tout cas, la zizanie dans l’appartement, c’est terminé. Ou du moins, c’est moins souvent. Daisy est quelqu’un d’adorable, si seulement j’arrivais à ne pas réagir si vite quand quelque chose me contrarie… Parler à Paula est souvent plus facile, je ne sais pas pourquoi.

Pendant ce confinement, je me suis trouvé une activité qui me convient assez bien, et qui correspond sans doute à ce que beaucoup de personnes font. Je regarde des séries. Il arrive que Paula me rejoigne, parfois. Daisy aussi, mais seulement quand elle n’est pas occupée par ses cours ou ses « créations artistiques », comme elle les appelle. J’ai aussi mes cours en distanciel, mais ça, c’est une toute autre histoire…


Mina

Le destin ce puzzle confinées #1 Paula : A trois dans un appart

Bonjour,
je m’appelle Paula, et je suis l’une des trois colocataires d’un appartement étudiant. J’aime beaucoup ce logement ainsi que mes colocs, mais…Je trouve que ces temps-ci, on se voit peut-être un peu trop. Je veux dire que depuis un an, tous ces confinements, et donc tous ces moments en cours distanciels, tous ces moments passés dans un appartement qui n’est finalement pas si grand, ça fait réfléchir. Toute la situation nous a un peu épuisées. Il arrive parfois que des disputes éclatent sans raison. C’est le premier confinement que nous passons vraiment ensemble, ne se voyant que toutes les trois et étant plongées dans nos cours pratiquement du soir au matin. Du matin au soir ? Les heures passent un peu différemment, depuis quelques temps.

Au début, on en avait rêvé, de cet appartement. A nous la liberté! Ou du moins, j’en avais rêvé, car je ne sais pas vraiment ce qu’en pensaient les autres à ce moment-là, puisque nous ne nous connaissions pas encore. Enfin bref. Nous étions contentes d’emménager, d’aller à la fac, de rencontrer de nouvelles personnes. C’était une nouvelle aventure. A ce moment-là, c’était vraiment positif pour nous. Mais dans cette situation, je ne vois plus l’appartement pareil. Ce qui avait paru être une libération était peut-être maintenant un emprisonnement ? Je ne sais pas trop. Je ne sais plus.

Mon refuge à moi, c’est la lecture. Pas forcément ce que je dois lire pour mes cours, plutôt des livres que j’aime bien, des livres qui me réconfortent en ces temps troublés. Daisy et Mina ont elles aussi des activités en dehors de leurs cours en ligne. C’est bien, car ne faire que réviser peut être vraiment nocif, surtout dans notre situation. Comme on ne peut pas sortir, il a bien fallu se trouver des choses qui nous changent les idées.

Je me suis aussi mise au tricot. Surprenant, non ? J’ai trouvé quelques tutos sur internet et j’ai aussi demandé conseil à ma grand-mère, qui a été très contente de m’aider en faisant des appels vidéos. Elle s’ennuyait, moi aussi, et maintenant nous nous amusons bien. Nous tricotons de concert, et nous discutons en même temps. Nous faisons ça chaque semaine, et je lui raconte les derniers sujets de dispute de Mina et Daisy. Elle me raconte les derniers embellissements du jardin de son voisin qui aime créer toujours plus de massifs de fleurs colorées.

Paula

Nouvelle fiction à chapitres « Le destin ce puzzle : confinées »

Il s’agit d’un récit du troisième confinement par les trois étudiantes issues des chapitres de Le destin, ce puzzle. Elles racontent dans des chapitres qui leur sont propres ce qu’elles ont vécu pendant les confinements en parlant de beaucoup de sujets différents.

Photo de APG Graphics sur Pexels.com

Extraits :

« Je m’appelle Paula, et je suis l’une des trois colocataires d’un appartement étudiant. J’aime beaucoup ce logement ainsi que mes colocs, mais…Je trouve que ces temps-ci, on se voit peut-être un peu trop. Je veux dire que depuis un an, tous ces confinements, et donc tous ces moments en cours distanciels, tous ces moments passés dans un appartement qui n’est finalement pas si grand, ça fait réfléchir.  » Paula

« Je suis une grande fan de jeux vidéo. C’est un fait. Mes colocataires n’y jouent jamais. C’est un autre fait. Vous voyez le problème ? Elles ne comprennent pas que les jeux vidéo sont un moyen formidable de s’occuper pendant le confinement ! Pardon : pendant les confinements. Je ne sais plus du tout au combientième on en est, et ça importe assez peu dans ce débat. Daisy et Paula ne comprennent pas ma passion, et c’est très triste. » Mina

« Depuis le début de ce confinement, ma créativité s’est réveillée. (Encore un sujet de dispute avec Mina) J’ai de nouvelles idées de décoration chaque jour. Je ne les réalise pas toujours, mais c’est bon pour le moral, d’avoir des idées ! Quand j’ai des idées, Mina ne parvient pas à m’énerver. Je me plonge dans ma création, et j’oublie tout. » Daisy

Photo de Daria Shevtsova sur Pexels.com

Noël d’un jouet (chapitre 4)

Lorsque l’homme dit que j’étais parfait, je me sentis si heureux que je faillis flotter hors de la boîte. Mais les ours en peluche ne peuvent pas voler. En fait, nous ne pouvons pas faire grand chose, apparemment. Mais bon. L’homme m’attrapa, souriant toujours :

  • – Moi aussi, j’en avais un. Je suis si content de pouvoir continuer la tradition…Le mien avait perdu une oreille et je l’avais rasé sur un côté. Camille va l’adorer, c’est certain.
  • Une oreille en moins, rasé sur un côté…Mais c’était Pépé Jim, non ? La jeune femme dût avoir la même idée que moi, car elle lui parla du vieil ours en peluche qu’elle avait vu non loin de moi. L’homme fit une drôle de tête, puis il referma vivement la boîte après m’avoir remis dedans. Cette fois-ci, la jeune femme emballa la boîte.
  • …Je dus m’endormir, car un bruit de voix me tira de mon sommeil. J’entendis un bruit de déchirure, puis la boîte s’ouvrit. Je me retrouvai face à face avec une petite fille tout sourire. Il lui manquait quelques dents, mais j’avais l’habitude, à la Ressourcerie, certains avaient des parties en moins. Elle m’attrapa :
  • – Oh merci Papa et Maman ! Il est tellement beau ! Je le garderai toute ma vie ! Il est comme dans les livres de contes !

Une fois sorti de la boîte, je pus voir le salon. Tout était décoré avec goût, c’était vraiment magnifique. Et là, dans une autre boîte, se trouvait…Pépé Jim ! Mais que faisait-il là ? L’homme avait les yeux étrangement mouillés, et je crois que Pépé Jim aussi. Il devait être allé le chercher quand la jeune femme lui avait raconté l’avoir vu dans la boutique. Pépé Jim m’avait un jour raconté qu’il était resté longtemps dans une famille avec un petit garçon qui avait beaucoup joué avec lui. Quel Noël ! Ce fut le plus beau de ma vie.

Je revis le vieux train de bois quelques jours après car l’amie de ma nouvelle petite propriétaire l’avait eu pour Noël. Apparemment, la famille qui l’avait acheté quelques jours avant que moi je sois acheté l’avait donné à la petite fille de la famille car le garçonnet n’en voulait plus. Je revis donc souvent le vieux train et je vécus avec Pépé Jim. La petite Camille et son père jouaient souvent à nous faire prendre le thé ensemble. (et oui, la petite me garda vraiment toute sa vie)

Noël d’un jouet (chapitre 3)

Arrivés dans sa maison, elle sortit du papier cadeau d’un placard. Elle me plaça dans une jolie boîte et elle sembla emballer joliment le tout. (je ne sais pas, j’étais dans la boîte et je ne voyais rien.) Mon rêve était-il en train de se réaliser ? Allais-je connaître un véritable Noël ? Un magnifique Noël comme ceux que je m’imaginais du haut de mon étagère, à la Ressourcerie ? Y allait-il y avoir d’autres jouets ? Et si j’en reconnaissais certains qui avaient été mes compagnons d’étagère ? Oh, ce serait parfait ! Mais pour le moment, je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre. Il me faudrait attendre jusqu’à Noël pour me rendre compte de ma situation. Etait-ce un enfant ou un bébé ? Allais-je le voir grandir ? Allais-je passer un bout de ma vie avec lui et ensuite retourner à la Ressourcerie, comme le vieux train et Pépé Jim ? Peut-être, après tout. Tout était possible. Mais je pouvais aussi finir ma vie dans une poubelle, une patte en moins et malheureux comme les pierres. Ah, voilà que mon côté pessimiste ressortait encore. Vite, il fallait l’arrêter ! Non, je n’allais pas forcément avoir une vie horrible, et il me fallait avoir confiance en l’avenir. Mon avenir d’ours en peluche.

Mon esprit (oui, j’en ai un) n’avait de cesse d’imaginer ma future vie. Allais-je jouer tous les jours avec l’enfant ? Avait-il/elle déjà beaucoup de jouets avec lesquels il me faudrait partager son attention ? Oui, je me posais beaucoup trop de questions, mais tout ceux qui disent qu’un ours en peluche devrait rester dans son coffre à jouets peut sérieusement aller se faire voir. Voilà, c’est dit.

J’avais un peu peur de l’inconnu, bien sûr, et j’avais peur de rater mon apparition quand l’enfant ouvrirait la boîte. Mais qu’est-ce que je racontais, moi ? Un ours en peluche est toujours mignon, il n’a rien à faire de particulier pour donner envie à un enfant de jouer avec lui. Sauf quand il grandit, bien sûr. C’est sans doute la pire étape dans la vie d’un ourson comme moi. Mais passons et revenons à mon histoire. J’étais donc dans ma boîte en train de m’imaginer le futur, quand quelqu’un prit ladite boîte et la déplaça. Etais-je sous le sapin ? Que se passait-il ? J’entendis parler. Apparemment, la jeune femme n’avait pas encore emballé toute la boîte, car elle s’ouvrit à nouveau. Un homme me regarda en souriant :

  • Il est parfait.