Jaserie (Série lettres 2 : 10/26)

Depuis toujours, du moins depuis qu’il était entré à l’école, il avait été l’objet de moqueries. Il en avait l’habitude, malheureusement. Il ne l’avait jamais dit à ses parents pour ne pas les inquiéter. Ce n’était pas nécessaire qu’ils l’apprennent. Ils croyaient que tout se passait bien à l’école, et c’était presque vrai. Il avait aussi des amis, seulement un petit groupe se moquait de lui et c’était seulement par moments. Ce n’était rien. Il savait que les campagnes contre les moqueries des autres disaient d’en parler à un adulte, mais il ne se sentait pas concerné par ces campagnes. Il y avait des enfants qui se faisaient vraiment harceler, il n’allait pas aller parler de son petit problème à un adulte et ainsi monopoliser son temps alors qu’un autre enfant avait peut-être besoin de ce temps pour parler de son harcèlement.

Et puis chaque fois qu’il se demandait si en parler serait une bonne idée, il se persuadait du contraire car tout compte fait, cela paraissait stupide, ce n’étaient que des moqueries d’enfants, cela ne comptait pas comme étant du harcèlement. Cela ne l’atteignait pas, de toute manière. Et puis, s’il en parlait à quelqu’un, le groupe qui l’embêtait serait au courant, et ils feraient alors pire que se moquer de lui pour se venger. Il avait peur de leur réaction. Même si les campagnes anti harcèlement assuraient qu’en parler c’était s’en débarrasser, il n’était pas si sûr. Après tout, ils n’auraient pas disparu de la surface de la terre. Ils n’auraient pas été renvoyés de l’école. Ils seraient toujours là et après avoir eu une punition, ils recommenceraient. Non, en parler était décidément une très mauvaise idée.

Une fois, il était venu à l’école avec son t-shirt à l’envers. Et tout était parti de là. Une fois avait suffi pour lancer les hyènes sur lui. Une seule fois. Il avait retenu la leçon. A partir de là, tout avait été prétexte à moqueries.

Ibuprofène (Série lettres 2 : 9/26)

Ce matin-là, il s’était réveillé en ayant mal à la tête. Les tempes douloureuses, il avait réfléchi à ce que sa mère lui aurait dit si elle avait été là. Que lui aurait-elle conseillé de prendre comme médicament ? Il alla voir dans son armoire à médicaments. Il n’en avait pas beaucoup, contrairement à sa mère. Il avait quelque chose pour le rhume, des pansements, du désinfectant, du sirop pour la toux, des compresses…

Il vit aussi une petite boîte de comprimés à moitié cachée par le reste. Il vérifia toutes les dates. Elles étaient encore bonnes, heureusement. A présent, il devait réfléchir, ce qui n’était pas facile avec un mal de tête aussi tenace. Il devait choisir un médicament, mais il n’était pas sûr d’avoir ce qu’il fallait dans son armoire à pharmacie. Les gouttes pour le rhume n’étaient visiblement pas celui qui lui fallait, mais c’était proche. Tout le reste n’avait visiblement rien à voir.

Il ne restait que la petite boîte qu’il avait entrevue derrière les autres médicaments. « Ibuprofène », tel était le nom de ce médicament. Il tenta de se rappeler du nom de ce qu’il prenait comme médicament dans un cas comme ça, étant petit. Pas moyen de se rappeler ! Les battements douloureux s’intensifièrent dans sa tête. Il ouvrit la petite boîte, en sortant la notice. Il fut rassuré en voyant que ce médicament traitait sans problème les maux de tête. Ouf !

Il prit un des comprimés, et la douleur lancinante disparut peu à peu.

Hanche (Série lettres 2 : 8/26)

Pourquoi, pourquoi avait-il voulu faire ça ? Pour impressionner son ami ? Oui, d’accord, c’était totalement pour ça. Mais avait-il été obligé d’aller aussi loin ? D’aller jusqu’à se faire mal ? Jusqu’à devoir aller à l’hôpital ? Non. Il n’avait pas été obligé. Mais bon. L’idiotie avait tendance à provoquer des catastrophes. Eh oui, cela avait été idiot de finir à l’hôpital parce qu’il avait voulu soulever un meuble bien trop lourd pour lui. Il s’était fait très mal la hanche et il avait aussitôt lâché le meuble, mais le mal avait déjà été fait. C’était beaucoup trop tard. Il n’aurait pas dû soulever ce meuble, voilà tout.

À présent qu’il était allongé sur son lit d’hôpital, il aurait tellement aimé revenir en arrière et ne pas faire cette idiotie ! Mais il ne pouvait rien faire d’autre que d’attendre sa guérison et aller s’excuser auprès de son ami pour lui avoir lâché le meuble sur le pied. Car il n’était pas le seul à avoir fini la journée à l’hôpital. Son ami l’y avait accompagné. Mais il était lui aussi dans une des chambres car il s’était cassé des orteils à cause du meuble. Donc cette idée idiote avait eu beaucoup de répercussions. Beaucoup trop. Il s’en voulait beaucoup. Plus jamais il ne jouerait les déménageurs pour frimer. C’était trop dangereux.

Et puis devenir une des histoires qui circulaient d’un bureau d’infirmière à l’autre avait quelque chose de particulièrement embarassant, surtout quand d’autred infirmières venaient lui demander comment il s’était fait mal sous prétexte de mettre à jour le dossier mais qu’il les entendait rire ensuite dans le couloir. Non, décidément, plus jamais il ne ferait ça.

Galérer (Série lettres 2 : 7/26)

Il y avait deux petits bonshommes pour représenter la main d’oeuvre souhaitée lors du montage du meuble. Et la durée estimée était d’une heure. Elle était toute seule, allait-elle mettre deux heures entières à monter ce stupide meuble ? Oh comme elle regrettait déjà d’avoir commandé ce truc ! Pourquoi l’avait-elle fait ? Pourquoi ? A présent, elle allait devoir commencer un montage abominable qui n’allait jamais avoir de fin car elle sentait qu’elle allait se tromper quelque part. C’était obligé. N’ayant jamais monté un meuble de sa vie avant, elle n’allait pas savoir comment faire comme par magie. C’était plutôt évident. Mais comment allait-elle faire ? Elle avait pris soin d’écarter le chat du « chantier » car elle savait qu’il n’allait pas être d’une grande aide. Elle n’avait pas besoin de distraction. Le chat ne pourrait l’aider qu’à se tromper. Et ce n’était pas ce qu’elle voulait.

Lorsqu’elle avait reçu le carton, elle avait pris peur. En effet, en ouvrant la chose, elle avait vu une multitude de pièces éparpillées dans le colis. Elle l’avait vite refermé, remettant la corvée à un autre jour. Mais aujourd’hui, elle n’avait plus le choix. Elle ne pouvait plus reculer. Elle avait sorti toutes les pièces, les alignant sur le sol avec soin et les comptant minutieusement pour voir s’il en manquait. Pour le moment, tout était bon. La base était là. Alors à moins qu’une des petites pièces ne disparaisse mystérieusement pendant le montage ( bizarrement la pièce la plus petite mais aussi celle qui jouait le plus grand rôle), tout allait bien se passer. Enfin, dans la théorie. Car si on prenait en compte sa malchance ET le fait que ce soit le premier meuble qu’elle essaye de monter, cela semblait assez mal parti.

Et en effet, cela partit assez mal. Elle dut intervertir certaines pièces, car son meuble, une fois construit, devint étrangement bancal. Ce n’était pas prévu sur l’étiquette où figurait le meuble monté à la perfection avec à côté les monteurs réjouis ( peut-être avaient-ils passé eux aussi des heures dessus, mais au moins ils avaient réussi.) Bon, en réalité, elle avait essayé de faire ce que la notice prévoyait pour deux personne en une heure. Voilà quatre heures qu’elle y était et elle avait obtenu un meuble bancal. Et pas qu’un peu. Très bancal. On ne pouvait rien poser dessus. Rien du tout. Pas même une plume. Cela allait le faire pencher.

Elle finit par téléphoner à sa meilleure amie qui s’y connaissait en meubles, elle travaillait dans un magasin de bricolage. Alors si elle n’arrivait pas à le monter, qui saurait…? Son amie lui remonta le meuble comme sur la photo en cinq minutes, riant de son air ébahi. Vive les meilleures amies…

Feuilleton (Série lettres 2 : 6/26)

Il écrivait depuis des années, donc cela aurait dû être facile. Mais ce n’était pas le cas. Parfois, l’inspiration s’échappait. On ne la trouvait plus. Au moment où on en avait le plus besoin, en plus. C’était bien dommage, quand cela se produisait. Cela déprimait, quand cela se produisait. Surtout si l’écriture était en principe une façon d’évacuer les sentiments trop puissants que l’on ressentait. Est-ce que, tout d’un coup, on ne ressentait plus rien ? Probablement pas. Mais c’était angoissant.

Il écrivait des feuilletons depuis très longtemps, et il n’avait jamais eu une crise de la page blanche aussi longue. Pas longtemps auparavant, il avait vu un film qui expliquait que l’inspiration, on ne l’avait que pour dix ans, et après c’était fini. Etait-ce donc vrai ? Avait-il atteint sa date de péremption ? C’était bien triste, si c’était le cas. Qu’allait-il bien pouvoir faire ? La semaine dernière, pourtant, il avait pu écrire normalement, sans problèmes. A une semaine près, cela n’allait plus du tout.

Il avait déjà tout essayé : l’hypnose, le yoga, parler avec des inconnus, se promener dans la rue…Un jour, un ami lui conseilla d’essayer de faire un atelier d’écriture et d’écrire un peu chaque jour. Cela allait l’aider à retrouver son inspiration. Beaucoup lire aidait bien aussi, apparemment. Il retrouva peu à peu le sens de sa vie et son inspiration.

Episode (Série lettres 2 : 5/26)

Il ne savait pas comment il avait fait pour le savoir, mais il le savait. Il était conscient qu’il n’était pas réel. C’était une drôle de phrase, ça oui. Et cela lui faisait bizarre de se le dire. Mais c’était vrai, il ne pouvait pas l’ignorer plus longtemps. Les autres personnes qui étaient dans le même cas ne s’en étaient pas rendu compte. En fait, ils n’étaient visiblement pas censés s’en rendre compte. Il était le seul à le savoir, donc c’était lui le bug.

Il avait déjà essayé de le dire aux autres, mais personne ne l’avait cru, et ils avaient toujours oublié ses tentatives de leur dire la vérité quelques heures après. Donc tous ses efforts ne servaient à rien du tout. Ils faisaient tous partie d’une série télévisée, et personne ne s’en rendait compte. C’était quand même incroyable ! Les mêmes épisodes leur arrivaient à chaque fois, et personne ne le remarquait car ils avaient oublié ce qu’il se passait dans l’épisode en en sortant.

Lui, par contre, il se rappelait de ce qu’il se passait dans chaque épisode. Il n’était pas libre de dire ce qu’il voulait, mais il était conscient de ce qu’il était et du fait qu’ils n’étaient que des personnages fictifs. Et il aurait largement préféré ne pas le savoir, car c’était effrayant, de savoir qu’il n’était pas réel. Il ne pouvait rien faire pour changer la situation. Il ne pouvait pas changer la façon dont les épisodes se déroulaient. Le savoir ne servait à rien, dans ce cas. Il le savait sans pouvoir rien faire. C’était un poids. Les autres vivaient leur fausse vie tranquillement, sans se douter de ce qui leur arrivait vraiment. En fait, c’étaient les mieux lotis dans cette histoire. L’innocence était vraiment une vertu.

Dièse (Série lettres 2 : 4/26)

Elle en faisait depuis petite. Elle avait été obligée par ses parents. C’était un des inconvénients d’être née dans une famille de musiciens. Placée très tôt dans une école avec des classes à horaires aménagées (ses parents auraient voulu qu’elle apprenne la musique à temps complet, mais ils n’avaient pas trouvé une école qui fasse ça), elle n’avait pas pu y échapper. Les dièses, les notes, les clés…Elle détestait le solfège. Elle avait toujours détesté le solfège et elle le détesterait toujours. La musique, ce n’était pas génétique, apparemment. Et il fallait faire avec. Elle était donc allée à l’école dans une école où la musique était reine. En plus des cours normaux, elle avait eu des cours de musique au conservatoire. Elle était la plus maivaise élève du cours de solfège. Quand on lui avait demandé de choisir un instrument, elle avait pris le piano, pour ne pas avoir à apprendre une autre clé que la clé de sol et la clé de fa ( une pour chaque main).

Elle avait eu solfège avec des élèves qui aimaient vraiment ça. Le solfège, hein, pas la musique en général. Elle, elle détestait le solfège, mais elle adorait la musique. Elle aimait chanter et jouer du piano. Avec la musique, elle avait découvert un tout autre monde. Un monde vers lequel partir quand elle voulait s’évader. Un monde qui lui plaisait beaucoup et où elle airait bien voulu rester pour toujours. Mais elle n’avait pas pu y être tout le temps. Car en même temps que ses cours de musique, au collège et au lycée, elle avait eu les cours classiques. Et il fallait suivre à la fois en musique et en cours. Donc si les notes de l’élève n’étaient pas bonnes, fini la musique. A ce moment là, la musique avait perdu son côté amusant à ses yeux. La musique était devenue une corvée. Et le solfège encore plus.

Actuellement, elle était musicienne et professeure de piano à domicile et elle s’était réconciliée avec la musique.

Cinémathèque (Série lettres 2 : 3/26)

Allongé dans son lit, il se remémorait sa sortie à la cinémathèque. C’était un peu comme une bibliothèque, mais pour les films. Des projections de films anciens se produisaient à des dates déterminées, et on pouvait emprunter des films, tout comme dans une bibliothèque. L’idée d’une cinémathèque était de promouvoir ces films, de manière à ce que leurs histoires, leurs réussites, leurs réalisateurs, leurs acteurs ne tombent pas dans l’oubli. C’était dans le but de les garder en mémoire pour les générations futures.

Il avait entendu parler des cinémathèques, et, en cherchant un peu, il s’était rendu compte qu’il en existait une dans son quartier, à une ou deux rues de chez lui. Pour lui qui avait toujours aimé les vieux films, c’était une véritable aubaine. Il avait eu tôt fait de mettre ses chaussures, de prendre son manteau et de s’y rendre. Cela avait été la première fois qu’il entrait dans une cinémathèque, il s’était senti fébrile. C’était sans doute idiot, mais il avait eu l’impression de pénétrer dans un temple sacré du genre cinématographique.

Un film était justement projeté ce soir-là. Il avait donc pris un ticket, et il s’était installé. Un sourire avait pris place sur son visage. La lumière s’était éteinte, et le film avait commencé. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas été aussi content.

Biche (Série lettres 2 : 2/26)

Il n’en avait jamais vu de sa vie, et aujourd’hui, il allait en voir. Il était sûr et certain. Il allait tout faire pour, en tout cas. Depuis qu’il était sur Terre ou presque, il voulait en voir une. Mais jusqu’ici, il n’avait jamais eu la chance d’en voir une vraie. Pas même dans un zoo. Car ce n’était pas le type d’animaux qui y vivaient, apparemment. Ou alors dans assez peu de zoos. En tout cas, chaque fois qu’il avait visité un zoo, il les avait cherché sans arriver à les trouver. Il n’était peut-être pas allé dans le bon zoo, ou alors il ne cherchait pas au bon endroit.

En tout cas, aujourd’hui, il en était sûr, il allait trouver une biche. Il avait décidé de partir dans les bois pour essayer d’en voir une. Il savait qu’il n’avait que peu de chance de vraiment voir cet animal, mais il voulait quand même essayer. Il allait falloir qu’il ne fasse aucun bruit, qu’il prépare un appareil photo pour essayer d’immortaliser le moment tant attendu (s’il arrivait un jour, bien sûr, ce qui n’était même pas certain. Il avait plus de chance qu’il voie une licorne que de rencontrer une biche. ) Ces animaux étaient très timides et facilement effarouchés. Il fallait donc faire très attention de ne pas les effrayer en arrivant en courant et en criant.

Il alla donc dans la forêt. Il se promena pendant plus de trois heures, veillant bien à ne pas faire de bruit. Il ne vit pas une seule biche. Mais au sortir de la forêt, il croisa un gardien et il lui demanda si on pouvait voir des biches, ici. Ce dernier lui répondit que personne n’en avait jamais vu parce qu’il n’était pas dans une forêt, il était dans un parc. Il s’était trompé de lieu ! Il était entré dans le parc juste à côté et il avait passé des heures à chercher un animal qui ne vivait pas du tout dans ce parc !

Applique (Série lettres 2 : 1/26)

Il avait déménagé une semaine avant, mais il avait vraiment l’impression d’avoir été là plus longtemps, et ce n’était vraiment pas à cause de quelque chose de positif. Pas du tout. Tout le contraire. Quand il avait ouvert la porte le jour de son emménagement, il avait posé son sac sur le lit et il s’était laissé tomber dessus, épuisé par toutes les allées et venues et tous les coups de téléphones et lettres qu’il avait dû passer et écrire. Il avait pensé pouvoir se reposer, profiter de la vie dans ce nouvel appartement dans lequel il venait de s’installer. Il était en vacances pour une semaine, et il avait bêtement cru que ce serait un rêve devenu réalité. Qu’il serait seul et qu’on ne le dérangerait pas, qu’il pourrait faire ce qu’il voulait à toute heure de la nuit et du jour, que personne ne lui dirait rien. Oh, il avait pu, mais le problème était tout autre. Le problème venait de ses voisins.

Ils n’étaient pas bruyants, ils n’avaient pas d’enfants farceurs qui sonnaient aux portes pour agacer les voisins, ils ne claquaient pas les portes, ils n’avaient pas eu (pas encore) de fuite d’eau qui aurait pu traverser le plafond, faisant une grosse tâche, ils n’avaient pas bloqué l’ascenseur pendant des heures pour monter des affaires ou des courses. Non. De ce côté là, ils étaient impeccables. Il n’avait pas à se plaindre. Non, ce n’était pas le problème. Ils ne se plaignaient pas de lui non plus, c’était tout autre chose.

Toute la première journée s’était très bien passée, il n’avait rien remarqué. Tout allait donc bien, il avait eu l’impression de vivre son rêve dans la réalité. La vie ne lui avait pas souvent offert une version réelle de ses rêve, alors il en avait profité. Et il avait eu raison, car cela n’avait pas duré. Il s’en était rendu compte à la nuit tombée. Ayant rangé toute la journée, il était fatigué. Il s’était donc couché après avoir tiré soigneusement le rideau de la fenêtre. Et il avait constaté le problème. Le problème qui l’avait tenu éveillé toute la nuit. Le problème qu’il n’arrivait pas à résoudre depuis. Le problème causé par ses voisins, car il n’y avait pas que le bruit qui pouvait énerver, apparemment. Dès qu’il s’était allongé, il avait vu la lumière. Les voisins avaient une applique, une lumière d’extérieur fixée au mur. Et cette lampe éclairait pendant la nuit, comme une sorte de réverbère, pour éviter que l’arrière de leur appartement (ils étaient au premier étage) soit totalement obscur. Mais sa fenêtre à lui donnait directement sur cette lampe qui avait une ampoule qui n’était définitivement pas à basse consommation, étant donné la luminosité immédiate et aveuglante. En plus, pour tout arranger, cette ampoule semblait avoir quelques problèmes de réglages, car il lui arrivait de clignoter sans prévenir, ce qui avait le don de le réveiller au milieu de la nuit, si par miracle il avait réussi à s’endormir. Cette lumière arrivait à passer à travers son rideau, et c’était usant.